Chapitre XLVIII: Trahison ou évasion

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Acte 4 : Fragilité et révélation




"L'amour vacille, non pas faute de sentiments, mais sous le poids cruel d'une trahison ; et le cœur, déchiré, cherche encore des raisons de pardonner." — Pierre Corneille.







Adeola.

En sortant de l'aile de massage , la tête légèrement dans les nuages, je percute une femme portant un bandana par inadvertance. Nos téléphones tombent simultanément dans un bruit sec. Je m'abaisse rapidement pour récupérer le mien, balbutiant un « désolé » presque inaudible. Elle fait de même, et nos mains se croisent brièvement sur le sol froid.

— Je suis désolée aussi, murmure-t-elle avec un sourire gêné.

Ses doigts tremblent légèrement en ramassant son appareil, et je remarque qu'elle le fait tourner entre ses mains, sûrement pour vérifier s'il est endommagé. Heureusement, il est intact. Un soupir de soulagement nous échappe à l'unisson, ce qui nous fait échanger un rire nerveux.

— Au moins, j'ai échappé aux foudres de Chili ! Et toi, ton téléphone va bien ? demande-t-elle en haussant un sourcil.

Avant que je ne vérifie, une autre silhouette s'approche. Je lève les yeux et croise le regard d'Alice. Mon cœur se serre légèrement pour une raison qui m'échappe , mais je garde une expression neutre. Je montre l'écran intact à la première femme avant de remercier Alice d'un ton poli :

— Merci encore pour ton aide d'hier.

Elle hoche la tête comme toute réponse , je n'attends pas plus avant de me détourner, prête à rejoindre Solaya et Ama, qui m'attendent avec impatience au balcon.

Cependant, un détail capte mon attention avant que je ne quitte les lieux. Ce téléphone... Il me semble familier. Ou plutôt, son boîtier personnalisé : un clavier gravé à l'arrière avec les mots « Follow Yourself ». Peu de gens utilisent ce genre de design ou plutôt je n'en ai jamais vue de comme ça . Je détourne les yeux au moment où la femme au bandana tend l'appareil à Alice. Une vague de pensées confuses me traverse l'esprit, mais je les chasse rapidement et m'efforce de sourire à mes amies, qui m'accueillent avec des mines renfrognées. Spécialement Solaya.

— Tu la connais ? me demande-t-elle en fronçant les sourcils, alors que nous prenons la direction de la salle de manucure.

— Oui, on s'est croisées deux ou trois fois, réponds-je simplement.

— Comment tu la connais ? insiste-t-elle, visiblement curieuse.

Je marque une pause, réfléchissant à ma réponse.

— La première fois, elle est venue à la maison pour voir Ryan, pour le travail. La deuxième fois, c'était au restaurant, tu étais avec moi. Et hier, elle m'a aidée à vous retrouver, vu que Ryan était occupé à discuter avec dix personnes en même temps au téléphone.

— Et tu la vois comment, toi ? demande-t-elle, ses yeux plissés d'une insistance troublante.

Je reste perplexe face à sa question. Où veut-elle en venir ?

— C'est une amie de Ryan, c'est tout.

Solaya pousse un profond soupir et me fixe intensément.

— Tu as demandé à Ryan de te parler d'Emy ? lâche-t-elle soudain.

— Oui. Il m'en a parlé, sa fiancée décédée...

— Eh bien, cette fille, Alice, c'est la meilleure amie de la femme qui aurait dû être à ta place. Alors garde tes distances, chérie.

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