Chapitre LVIII : Cartier Santos ( parti 1)

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(Démarrez la vidéo, détendez vous et bonne lecture 📖)

Acte 4 : Fragilité et Révélations



    Renoncer n'est pas toujours une faiblesse, parfois, c'est la seule façon de se retrouver soi-même. – Yasmina Khadra



Ryan.





       En pleine circulation, mon téléphone vibre dans ma poche. Un appel entrant. Je décroche machinalement

« Allô ?»

« Salut, mec. T'es où ?»

La voix d'Adonis résonne à l'autre bout du fil. Je jette un œil distrait à la route devant moi., le bitume défilant sous la lumière orangée des lampadaires.

«Quelque part en circulation » , dis-je sans trop savoir comment me situer.

«  Ça te dit de venir boire un verre ?»

Je baisse les yeux vers ma montre. 18h15. Rentrer maintenant reviendrait à me jeter dans un gouffre d'ennuis et, de toute façon, personne ne m'attend vraiment.

«Sois sympa, juste un verre. J'ai besoin de conseils... Ton frère ne m'est d'aucune utilité.»

J'entends un bruit en arrière-plan, puis la voix traînante et moqueuse de Lyan.

« Hé, aux dernières nouvelles, c'est moi qui ai une vie conjugale modèle. »

Un petit rire m'échappe malgré moi.

«  D'accord ,vous le prenez où, votre verre ? »

«  Un nouveau bar vient d'ouvrir, je t'envoie l'adresse. »

     Il raccroche au même moment qu'un message WhatsApp s'affiche sur mon écran. Je vérifie la localisation, la rentre dans Maps et prends la direction indiquée.

  Quand j'arrive, l'odeur de tabac froid et d'alcool flotte dans l'air alors que je pousse la porte du bar :  Un bar à hôtesses. Évidemment. Adonis ne perd jamais le nord. Il a toujours eu un talent particulier pour dénicher les endroits les plus... discutables. Je me rappelle encore du soir où, après son divorce, on l'avait retrouvé dans un bar gay. L'une des expériences les plus gênantes de ma vie : être scruté comme une marchandise par chaque paire d'yeux. Je plains sincèrement les femmes.

Je pénètre dans la salle, balayée par une lumière tamisée et des effluves de whisky et de parfum capiteux. Mon regard balaie les lieux jusqu'à tomber sur une masse de cheveux bruns bouclés et une coupe semi-afro familière. Lyan. Il est attablé avec Adonis, un verre déjà à la main.

Je m'approche et tire un tabouret.

— Et voilà l'homme de la situation ! s'exclame Lyan avec sarcasme.

Adonis lui assène une tape sur la nuque, ce qui me fait sourire. Lyan, lui, éclate de rire, comme si quelque chose venait soudainement de l'amuser.

Je commande un verre, qui arrive rapidement. Le service me rappelle la barmaid du soir de notre anniversaire. Serviable. Efficace.

Adonis, fidèle à lui-même, entame un monologue sur son périple des dernières semaines : sa mère envahissante, sa copine insatisfaite, ses tours de garde à l'hôpital. À la fin, il pousse un long soupir et vide son verre d'un trait, ce qui arrache un ricanement à Lyan.

— Si je comprends bien, ton problème, c'est ta mère, résume-t-il. Dis-lui ses quatre vérités et renvoie-la à Londres.

Je hausse les sourcils, suçant distraitement l'olive de mon verre du bout des lèvres.
— Mais c'est ma mère... soupire Adonis. Je peux pas la foutre dehors.

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