Chapitre XCII : Du monde et de la famille

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( démarrez la vidéo et détendez vous. Bonne lecture 📖)

Acte 5 : Passions et confrontations




Il n'est pas de cœur que l'amour ne brise, il n'est pas d'amour que le monde ne juge. — Edmond Rostand,












Adeola.


Quatre jours plus tard.

Quand j'émerge de ma sieste, le ciel commence tout juste à rosir au-dessus de la baie vitrée. Ryan dort toujours, paisible, une main posée sur ma taille nue. La chaleur de sa paume m'apaise autant qu'elle m'emprisonne ,une tendre cage dans laquelle je me suis réfugiée malgré moi.

Mon cœur se serre au souvenir de ce matin.

Mes règles sont arrivées au pire moment possible ,comme par cruauté divine, alors que nos corps s'étaient laissé à un moment d'égarement loin de la raison.

Je ne crois pas avoir jamais eu aussi honte de ma vie. Quand il s'est retiré, son sexe souillé de sang, j'ai voulu disparaître dans le sol. Fondre dans le matelas. M'effacer de la scène. L'humiliation m'a foudroyée de plein fouet. Je n'est même pas sensé un seul signe prémenstruel , tout était comme d'habitude.

Mais lui... lui n'a rien dit. Il a juste murmuré un "ça va" en m'attirant contre lui comme si rien n'avait changé, lorsque j'étais ressorti de la douche. Moi, j'aurais voulu qu'on m'enterre vivante. Finalement, on s'est retrouvés tous les deux sur le canapé devant la vue, et quelque part dans le tumulte de mon esprit, j'ai trouvé l'apaisement dans ses bras.

Ryan sais y faire avec moi.

Je me redresse avec précaution et tourne la tête. Dans l'autre canapé, son jumeau est enroulé dans une couverture comme un sushi, le visage caché, ronflant doucement. Des toux étouffée s'échappant  de son cocon , je crois qu'il est malade.

Je me lève à pas feutrés. La pierre froide du sol caresse mes pieds nus alors que je rejoins la terrasse. Solaya est installée au bord de la piscine, les jambes dans l'eau, une margarita fondante entre les doigts, les lunettes de soleil remontées dans ses cheveux. Je m'approche d'elle, le carrelage tiède sous mes pieds nus.

Cette maison n'a peut-être pas de vraie cuisine... mais elle a un bar digne d'un film de gangsters. Imposant, massif, trônant comme un trône de tentation en plein cœur du salon. Conçu pour les excès, il déborde de bouteilles élégantes, de liqueurs capiteuses, de promesses liquides alignées comme des armes de séduction.

Je détourne les yeux, le feu aux joues, en repensant à cette nuit. Ryan m'avait allongée sur le comptoir, m'avait aspergée de vin rouge avant de le lécher sur ma peau, lentement, sans aucune pudeur.
On était ivres. De désir, d'amour... ou juste fous.
Ma pudeur ? Elle a déserté cette maison la première fois que ses lèvres ont touché ma peau.

Je m'assois à ses côtés, et Solaya lâche une blague sur ma prétendue "technique" pour transformer Ryan en coussin d'après-midi. Apparemment, à leur arrivée, il était encore réveillé, mais Lyan avait rechuté avec son éternel rhume. Un rhume qui, selon la légende familiale, ne disparaît que lorsque l'un des jumeaux le transmet à l'autre.

René en est la gardienne intransigeante, Solaya y croit comme à un vieux rituel mystique. Je souris. Je n'ai encore jamais vu Ryan malade. L'idée même de le voir cloué au lit me semble irréelle... presque attendrissante.

Notre conversation dérive naturellement, comme toujours ,,vers les commérages habituels : concours de Miss, drames TikTok, et surtout... l'état sentimental d'Amah, toujours piégée entre l'amour et la tyrannie douce de sa belle-mère. Elle la rabaisse devant son fils maintenant. Et quand ils évoquent  son retour à Londres, Madame menace de mourir évoquant sa santé cardiaque.

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