Hello ne dormez pas ,
( démarrez la vidéo, baissez le volume et et détendez vous. Bonne lecture )
Acte 2 : Les lutte intérieure et les non-dits.
Ils avaient tous deux peur de se blesser, de se donner, de s'ouvrir à l'autre, car aimer, c'est exposer son âme aux mains de l'incertitude.
Romain Gary
Ryan.
Debout dans le jardin, je laisse mes doigts effleurer les pétales fragiles des nouvelles fleurs que je viens de planter. Leur couleur vive, éclatante sous le soleil de l'après-midi, contraste avec le gris du ciel qui commence à s'assombrir à l'horizon. Chaque fleur semble délicatement poser ses racines dans la terre meuble, et je me surprends à espérer, presque nerveusement, que j'ai bien fait les choses.
Si ces plantes flétrissent, je sais que monsieur Petro, avec son sourire suffisant, ne manquera pas de me faire la remarque.
Le parfum subtil des roses, mélangé à celui de la terre fraîchement retournée, flotte autour de moi, apaisant presque. Pourtant, une étrange pression pèse sur ma poitrine, comme un écho du passé.
Lorsque j'ai acheté cette maison, je n'aurais jamais cru qu'un jour, le jardinnage deviendrait ma passion . À l'époque, c'était juste un terrain vague, où une ancienne annexe, maintenant en rénovation, se dressait comme un souvenir oublié.
Mais c'est elle, Emy, qui a voulu que tout cela change. Elle m'avait convaincu, contre toute logique, de ne pas rénover l'annexe, mais de créer un espace vert, un jardin. Elle disait que ce serait son refuge, un lieu qu'après nos journées nous puissions respirer . Je n'avais pas mon mot à dire, et j'étais content de me contenter de la regarder, ses mains toujours pleines de terre, modelant le jardin à sa manière. Chaque geste de sa part semblait une danse, un acte de création que je n'arrivais pas à comprendre mais qui m'envoûtait.
Après sa mort, le jardin s'est retrouvé dans un état lamementable , tout comme moi. Peu à peu, j'ai commencé à en prendre soin, comme si c'était un héritage vivant qu'elle m'avait laissé, une manière de garder une part d'elle-même à mes côtés.
Se trouvant quelques pas de moi , sur l'allée pavée, le chat essaie de rattraper un papillon qui danse dans l'air, sans grand succès. Je retiens mon souffle, priant qu'il ne piétine pas mes nouvelles plantations dans son enthousiasme. Je prends le tuyau d'arrosage, soignant les plantes robustes, tout en gardant un œil sur le chat qui se bat toujours avec son papillon.
C'est déjà assez rare qu'il reste près de moi , il est toujours accroché à sa maîtresse. Peu être que lui aussi s'est aperçu qu'elle ne se sentait pas bien.
Adéola n'est toujours pas descendue depuis le petit déjeuner ; j'imagine qu'elle a dû se rendormir. Ce matin, j'ai dû faire un saut à la pharmacie pour lui reprendre des comprimés , une attention simple mais qui provoque toujours une certaine gêne entre nous. Un malaise palpable, comme si mes gestes pour aider étaient des intrusions dans un territoire qu'elle préfère garder secret.
Et cela à chaque fois qu'on prend soin d'elle. Pauvre de moi...
Le bruit de la porte de service qui claque me sort de mes pensées, me rendant confus . Je n'attends personne, et je doute qu'Adéola ait invité quelqu'un. Je laisse le tuyau au sol, la mousse encore humide glissant sur mes doigts alors que je l'abandonne dans l'herbe fraîchement coupée. je sors du jardin, et aperçois les cheveux courts et argentés de ma mère qui avance d'un pas vif vers le salon.
— René ! l'interpellé-je, au moment où elle sursaute.
Elle se retourne, la main sur le cœur, visiblement surprise.
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JUSTE 5ans, pour t'aimer
RomanceRyan, un homme façonné par les attentes implacables de sa famille, porte le fardeau d'une perte qui l'a laissé froid et distant. Préparé depuis toujours à succéder à son père à la tête de l'empire Longuti, il s'est résigné à vivre selon les règles i...
