Chapitre XCIX : Tous ce qu'il en ai.

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NDA : A lire
( démarrez la vidéo, détendez vous et bonne lecture 📖)

Acte🌺 : Ce que je ne peux pas dire ( fin)




Les rois ne choisissent pas toujours leur couronne, mais ils peuvent choisir ce qu'ils en font. — Erik Orsenna









Ryan.

La nuit avait avalé le manoir.

Peu à peu, les visages bien connus de la scène politique et économique de Johannesburg affluaient dans les couloirs lambrissés, laissant chacun un cadeau au pied du gigantesque sapin dressé pour Stella, avant de filer vers ma mère pour un salut cérémonieux.

Dans cette maison, les alliances se faisaient à la chaleur d'un whisky vieilli et se défaisaient parfois au rythme du champagne.

Je suis pris dans une conversation sur la hausse actuelle du prix du fer, quand le secrétaire de mon père s'approche discrètement et me glisse à l'oreille :

— Votre père vous attend dans son bureau.
Je fronce légèrement les sourcils.

— Merci, dis-je poliment.

Je m'excuse de la conversation où j'étais engagé, et me détache lentement de la foule, puis emprunte le long couloir .

Je traverse les pièces comme on glisse hors d'un théâtre. Derrière moi, les rires continuent, les verres tintent, les poignées de main se renforcent.

Dans l'aile droite, la musique devient un écho , comme si l'ambiance elle-même retenait son souffle à l'approche du bureau du patriarche.

En montant l'escalier du deuxième étage, je remarque une silhouette seule près de la fenêtre. Je ralentis, croyant croiser un ivrogne... mais c'est Abdoul. Il fixe le jardin sans bouger, le visage aussi figé que son costume trop raide.

Il est de ceux qui participe à ce genre d'événements plus par devoir que par envie.

Et dans cette famille, le devoir prime toujours sur l'envie

Je passe près de lui sans rien dire. Lui non plus ne parle pas.

Puis je monte l'unique escalier qui mène au troisième étage. Je frappe à la porte massive du bureau, puis l'ouvre lentement.

L'odeur du cuir ancien et du tabac froid m'accueille. Mon père est là, assis derrière son bureau. Non... sur son trône.

Les lumières dorées caressent les arêtes marquées de son visage. Il lève les yeux, retire ses lunettes, et m'indique le siège en face de lui sans un mot.
Mon estomac se serre brièvement. Ai-je fait quelque chose de travers ?

En m'asseyant, mon regard capte le rapport financier annuel que je lui ai moi-même envoyé il y a quelques semaines. Rien d'anormal là-dedans.

— Comment évolue Longuti Construction ?
demande-t-il, d'entrée de jeu.

— En dehors du chantier de l'hôtel, le réaménagement de la ville avance bien. Les projections de bénéfices pour l'année prochaine tournent autour de 0,3...

Je déroule les données, les pourcentages, les prévisions. Mon esprit se cale en mode automatique. Il passe ensuite au crible, filiale après filiale, posant des questions pointues , vérifie ma maîtrise, son regard pesant sur moi à chaque chiffre donné.

Puis il se redresse.

— Bien, lâche-t-il en refermant le dossier. Je vois que tu maîtrises enfin ton sujet.

JUSTE 5ans, pour t'aimer Où les histoires vivent. Découvrez maintenant