Chapitre XCIII: Opération "Une dernière chance"

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( démarrez la vidéo, détendez vous. Bonne lecture 📖)

Acte 5 : Passions et confrontations





Il y a des gestes si simples qu'ils bouleversent le monde. S'agenouiller, par exemple, devant celle qu'on aime.— Joël Dicker







Ryan.





On s'écarte tous les trois comme des mômes pris la main dans la jarre de biscuits, la culpabilité en bandoulière, le silence en guise d'aveu.

Les lumières rouges et bleues du club dansent encore sur les murs, mais l'ambiance a changé. Les danseuses, jusque-là reines d'un théâtre sulfureux, quittent la scène une à une, glissant entre les rideaux comme des apparitions trop bien payées.

Mike, en bon stratège, a disparu dans la seconde où il a senti le vent tourner.

Darling s'avance lentement vers moi, comme si chaque pas était une décision. Elle ne crie pas. Ne fronce pas les sourcils. Ne marche pas vite. Le genre de démarche qui ne cherche pas la confrontation, mais l'effondrement de l'autre.

Son calme qui te glace plus qu'un hurlement.
Normal. J'étais censé être à la villa. Or je suis là... dans une boîte de strip-tease. Son regard s'accroche au mien. Inébranlable. Et je me rends compte d'une chose simple et terrifiante : je n'ai rien à dire pour me défendre.

Aucune phrase ne tiendrait debout

Je ne peux pas lui balancer qu'on est venus ici pour Abdoul, qui n'est même pas avec nous. Ni prétendre qu'on ne faisait rien de suspect, qu'on préparait juste une demande en mariage...alors qu'on est enfoncés dans un canapé, sous une lumière violette, dans une boîte où l'odeur de vanille synthétique se mêle à celle d'alcool bon marché et de parfum trop sucré.
Même à moi, ça sonne creux.

J'aurais aimé pouvoir dire l'un ou l'autre. J'aurais aimé pouvoir lui offrir une vérité assez belle pour qu'elle ne garde pas le silence..

Elle s'assoit près de moi, sans un mot. Et c'est pire que tout. La banquette en simili cuir gémit sous son poids. Le silence s'installe entre nous comme une fumée opaque.

Et ce silence-là... je le connais.

Il est plus blessant qu'une gifle. Plus froid qu'un adieu.

Darling ne dit rien quand elle est vraiment déçue. Et je suis assez intelligent pour savoir que je suis en train de marcher sur une corde raide. Un frisson me parcourt l'échine.

Un des nôtres se lève. Adonis. Je le vois s'éclipser vers la sortie, l'allure tendue. Il va sûrement rejoindre Amah. Et à en juger par son dos voûté, sa demande en mariage est déjà morte et enterrée.

Ne restent plus que Lyan, moi... et les deux juges silencieuses qui peuvent signer notre arrêt de mort social.

Je jette un œil à Darling. Elle pianote sur son téléphone, la lumière bleue de l'écran éclairant ses pommettes. Elle sourit parfois. Pas pour moi.

Je suis trop loin pour voir avec qui elle parle. Et trop proche pour ne pas le ressentir dans mes tripes.
Je prends une inspiration. Je me redresse. Je me penche légèrement vers elle. Ma voix tremble à peine. Mais moi, je sais que je panique.

— Darling... le ton est plus tendre que je l'aurais voulu. Le restaurant... c'était bien ?

Elle lève la tête, m'accorde un hochement presque mécanique, puis retourne à son écran.

Un geste. Rien qu'un geste.

Et je réalise qu'on est déjà au stade où elle me répond avec des gestes. Seigneur... Je donnerais n'importe quoi pour qu'est lieu un tremblement de terre à cet instant, juste pour qu'elle se jette dans mes bras.
Mais non. C'est la voix de Lyan qui tranche l'air :

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