Chapitre LXXI: Ce soir , ton mari veille

1.2K 80 24
                                        

(démarrez la vidéo,détendez vous et bonne lecture 📖)




Acte 4: Fragilité et révélation (FIN )







"Aimer, ce n'est pas regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction."— Victor Hugo









Ryan.


               J'ouvre doucement la porte de son bureau. Le grincement léger de la poignée brise le silence feutré de la pièce. Elle lève la tête vers moi, ses yeux légèrement plissés par la concentration derrière son écran. Une lumière filtre par les stores mi-clos, dessinant des bandes pâles sur son chemisier.

— On a un déjeuner, dis-je d'une voix neutre, avant qu'elle ne trouve un prétexte pour me renvoyer.

Elle soupire, effleure d'un geste absent les mèches parfaitement lissées de sa perruque noire, et laisse tomber :

— Il est midi... On commande ?

— Désolé pour toi, tu vas devoir te lever. René nous invite à déjeuner.

Elle pousse un soupir, faisant la moue. Je referme la porte derrière moi d'un mouvement calme, presque silencieux, puis m'avance vers elle. Le claquement doux de mes semelles résonne sur le parquet ciré. Je pose un petit sac en papier sur la table, sans un mot. Elle m'observe, intriguée, avant de tendre la main et de l'ouvrir.

Ses épaules s'affaissent aussitôt. Elle comprend. Un nouveau téléphone. Elle le reconnaît d'un simple regard. Avant qu'elle ne prononce un mot, je pose mon index contre mes lèvres.

— Aucun commentaire.

Elle lève les yeux au ciel avant de ranger le téléphone sur le côté sans insister.

— Elle nous invite chez elle ? demande-t-elle en commençant à ranger ses affaires, presque machinalement.

— Non. Dans un restaurant en centre-ville.

— Elle a quelque chose ? questionne-t-elle, soudain plus inquiète.

— J'en sais rien. On y va.

Elle hausse les épaules, puis se lève. Je l'observe. Sa jupe longue couleur crème épouse ses hanches avec une délicatesse naturelle. Son chemisier fleuri, léger, danse doucement autour d'elle à chacun de ses mouvements. Quand elle passe près de moi,son parfum doux m'effleure à peine.Je glisse ma main dans la sienne, un contact bref, à peine affirmé, mais familier. Elle salue sa secrétaire d'un ton rapide, et nous quittons l'étage sans plus de cérémonie.

Dans la voiture, la radio diffuse les infos en bruit de fond. Sa voix me parvient par vagues douces tandis qu'elle m'expose les modifications à prévoir : matériaux à repenser, des ajustements qu'elle prévoit pour le personnel. Je l'écoute d'une oreille distraite mais retiens chaque mot. Tandis que l'autre, je la garde pour mes pensées.

À l'arrêt, sur le parking du restaurant, je me penche vers elle et scelle tout ça avec un baiser volé contre ses lèvres . La surprise la fait rougir, et cette rougeur, discrète mais sincère, suffit à réchauffer le peu de choses en moi qui restent capables d'éclore.

On marche côte à côte à travers le hall du restaurant, les sons feutrés des couverts, des discussions étouffées flottent autour de nous , puis monte à l'étage que René a, comme à son habitude, fait privatiser. Une longue table est dressée, soignée, théâtrale nous attend.

René est installée au bout, dos droit, dans sa robe colorée, toutes souriante. Mon père, affalé sur une chaise, le visage caché derrière son journal en papier, affiche une lassitude trahissant qu'il a été traîné ici contre sa volonté.

JUSTE 5ans, pour t'aimer Des histoires addictives. Découvrez maintenant