Chapitre XCVII: Ce qu'on dit à minuit

1K 58 36
                                        

( démarrez la vidéo, détendez vous et bonne lecture 📖)

Acte🌺 : Ce que je ne peux pas dire


Je suis de celles qui portent leur douleur avec des rires, pour que personne ne voie combien elles saignent.— Rupi Kaur







Adeola.

Le calme a enveloppé la maison comme une couverture tiède glissée sur des épaules fatiguées.
Je monte les escaliers à pas feutrés, un peu comme si j'essayais de ne pas réveiller les souvenirs endormis ici, puis je pousse la porte de ce qui fut autrefois ma chambre.

Elle est là, assise en tailleur au milieu du lit. Son foulard, défait, repose négligemment sur la table de chevet. Sa nuque dégagée, ses cheveux courts légèrement ébouriffés....

— C'est bon, t'as une chambre, un lit,... Tu veux pas rester vivre ici maintenant ? dis-je, moqueuse.

Elle me lance un regard ironique, traversé de malice. Je sens les sous-entendus flotter dans l'air avant même qu'elle n'ouvre la bouche.

— Humm...

— Ne dis rien ! la coupé-je aussitôt, extrêmement gênée.

Elle éclate de rire et se laisse tomber en travers du lit, se payant ma tête avec un naturel qui fait du bien.

— Rassure-moi... t'as rien fait de coquin dans cette chambre, hein ?

Je lève les yeux au ciel avant de me laisser tomber à ses côtés.

— Si s'embrasser, c'est coquin... alors oui, c'est fait.

Elle pousse un long soupir faussement désespéré. On reste là, allongées côte à côte. Un silence familier, celui des soirs d'adolescence où je traînais chez elle jusqu'à tard, simplement pour éviter de rentrer à la maison.

Je revois nos sorties d'école ou d'entreprise , les soirées improvisées, les confidences chuchotées sous les draps... Le temps s'est écoulé trop vite. J'ai encore l'impression d'avoir dix-sept ans.

L'âge où Ife a eu son premier studio universitaire. J'y vivais presque plus que chez mon parent.

La lampe de chevet diffuse une lumière dorée, tamisée, qui adoucit les contours, qui rend les choses moins dures. Je me rapproche d'elle, doucement, et on s'étreint.

— Merci d'être venue, Ife.

— Arrête, tu vas me faire pleurer. Et puis... c'est le beau-frère que tu devrais remercier, pas moi.

Je souris, amusée, puis je me redresse un peu, intriguée.

— Comment il a fait pour te contacter ? je demande.

Elle se redresse à moitié, saisit son téléphone et me le tend avec un sourire énigmatique.

— Il m'a envoyé un mail. Tiens, regarde.

Je saisis le téléphone, m'assois sur le lit, et lis le message. Une structure carrée, presque trop professionnelle pour être amicale. Il lui propose de venir le 10, reste à l'écoute de toute réponse.

Typiquement Ryan...

Un petit rire m'échappe. Je lui rends son téléphone alors qu'elle se lève pour sortir quelques vêtements de sa valise. Je m'approche, mi-curieuse, mi-taquine, prête à gratter quelques réponses aux questions qui me trottent dans la tête.

Mais au moment où je pose à peine un doigt sur sa valise, elle me donne une tape.

— Tu ne devrais pas plutôt aller remercier le beau-frère toi ? Genre... lui faire une petite levrette de remerciements ?

JUSTE 5ans, pour t'aimer Des histoires addictives. Découvrez maintenant