(Démarrez la vidéo, détendez vous et bonne lecture 📖)
Acte 4 : Fragilité et Révélations
Et quand enfin éclate ce qui fut longtemps contenu, ce n'est plus une voix qui parle, mais un orage qui gronde. — Victor Hugo
Adeola.
Ce matin, je me suis réveillée tard, trop tard. La nuit a été agitée, entrecoupée de pensées parasites et de réveils en sursaut. Mon corps est lourd, engourdi, comme si le sommeil avait été une lutte perdue d'avance.
Il ne me reste que trois jours ici. Soixante-douze heures. Soixante-douze petites heures à supporter , dont six longues heures à passer dans cette maison qui n'a plus rien d'un foyer.
J'ai profité de mon absence du groupe pour visiter le complexe agroalimentaire des Jones. Loïc semble plus impliqué que je ne le pensais. Nous avons discuté longuement, sa motivation transparaissait dans chaque mot. Un bref répit avant de retourner à la réalité.
Après un déjeuner avec Ife, il a bien fallu que je les rejoigne. L'idée de m'asseoir à leur table me met mal à l'aise, surtout ici, dans cette maison qui appartient à ma belle-mère et où chaque mur semble m'épier.
La voiture franchit l'entrée du domaine. Rien n'a changé. Pas même l'agent de sécurité, figé comme un gardien du passé.
Mon regard glisse sur la façade de la maison qui m'a vue naître et grandir, mais elle ne m'évoque plus rien. Ni chaleur, ni nostalgie. C'est comme observer la photographie d'un lieu familier qui ne réveille plus aucun souvenir tangible. L'attachement s'est évaporé, ne laissant qu'un vide impersonnel.
— Vous pouvez descendre, madame, annonce le chauffeur.
Je sursaute presque, réalisant qu'il m'a déjà ouvert la portière. D'un geste mécanique, je saisis ma sacoche et la passe autour de mon cou avant de poser un pied sur le pavé . Un détail attire mon regard : mon ancienne voiture, toujours là. Un vieux compagnon abandonné. Un sourire furtif m'échappe, ce sourire que l'on réserve aux vieux compagnons oubliés, avant que je ne reprenne mon chemin.
Je me dirige vers le bureau de mon père, longeant le couloir près des escaliers. Mon regard effleure la porte de ma petite chambre. Fermée. Une seconde d'hésitation. Puis je détourne vite les yeux et pousse la porte du bureau.
Quand j'entre dans le bureau, mon père est assis à son bureau, concentré sur ses papiers. Ryan et Jamila sont installés sur le canapé, absorbés par l'écran devant eux. Jamila désigne quelque chose du doigt et, sans même lever les yeux vers moi, Ryan reprend leur conversation.
Je me tourne vers mon père.
— Bon après-midi, Baba.
— Bon après-midi. J'ai entendu dire que tu étais partie régler une affaire ?
— Oui, répondis-je en ouvrant ma sacoche.
Je sors une enveloppe et me dirige vers Ryan. Il lève un sourcil, intrigué, avant que je ne lui tende .
— Des invitations des Jones, lui précise-je d'un ton neutre.
Il tend la main, mais au lieu de saisir l'enveloppe, ses doigts attrapent mon poignet. Instinctivement, je me crispe. Il retourne ma main, effleurant la peau du bout des doigts. Je me dégage brusquement avant qu'il ne puisse voir les fines cicatrices laissées par la fourchette. Heureusement, le henné les dissimule en partie.
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JUSTE 5ans, pour t'aimer
RomanceRyan, un homme façonné par les attentes implacables de sa famille, porte le fardeau d'une perte qui l'a laissé froid et distant. Préparé depuis toujours à succéder à son père à la tête de l'empire Longuti, il s'est résigné à vivre selon les règles i...
