Désolé pour le retard
(démarrez la vidéo, détendez vous et bonne lecture 📖)
Acte 5 : Passions et confrontations
Certains aiment comme on s'accroche à la falaise : avec panique et ferveur. Et ce vertige-là finit par irriter l'autre, même s'il naît de la peur de tomber. — Albert Camus
Adeola.
L'eau s'écoule lentement dans la baignoire, formant un tourbillon paresseux qui vient tomber sur mes orteils. Je ferme les yeux, et un soupir long et profond m'échappe, presque en même temps que la vapeur commence à danser autour de moi. Un doux parfum d'eucalyptus flotte dans l'air, mélangé à celui plus minéral de la pierre chaude. Chaque fibre de mon corps semble soupirer avec moi, comme si elle attendait ce moment de calme depuis des siècles.
Je me détends. Entièrement.
La salle de bain est vaste, presque trop pour une seule personne. Des murs crème aux reflets nacrés, un sol en marbre blond qui renvoie doucement la lumière du matin, et une immense baie vitrée donne sur un petit jardin intérieur où les feuilles de palmier frémissent dans la brise. Tout ici respire le luxe discret, le silence bien orchestré. Et pourtant, je m'y sens comme une prisonnière bien traitée.
Trois jours. Ça fait trois jours que Ryan et moi sommes arrivés dans cette villa, et que ses « vacances » ont commencé. Trois jours qu'il m'a plus ou moins enfermée à ses côtés avec un sourire tendre et une autorité indiscutable. Je choisis mes mots avec soin, non pas parce que je suis fâchée, mais parce qu'il n'y en a pas de plus juste. Ce ne sont pas des vacances.
C'est un enlèvement affectif soigneusement planifié, avec un soupçon de syndrome de Stockholm doucement infusé dans une tasse de thé au miel.
Le programme quotidien de Monsieur Ryan ? Il se résume à une routine précise : il se réveille vers dix heures, parfois onze heures , sans se préoccuper une seule seconde du petit-déjeuner . Que les domestiques ne servent plus que pour moi, désormais.
À son réveil, il prend une douche, puis s'installe sur la terrasse pour déjeuner, pendant que le personnel s'affaire à nettoyer la maison. Il boit du vin en milieu de matinée. Il lit parfois , ou feint de lire, un de mes romans qu'il pioche au hasard dans mes valises, comme pour se donner bonne conscience pendant que le reste de son esprit erre ailleurs.
Et une fois les domestiques partis... il me parle. Ou plutôt, il s'adresse à moi. Dire que nous « discutons » serait une insulte à ce mot précieux. Non, Ryan parle. Puis il m'embrasse. Et bientôt, sa main se glisse sous mes vêtements, comme un rituel répété.
Il ne porte que des shorts depuis notre arrivée, et encore... ils ne restent jamais longtemps. Deux heures tout au plus, avant qu'il ne les abandonne pour venir me rejoindre dans notre lit ou contre une fenêtre, ou dans un endroit quelconque.
Il passe ses journées nu ou enveloppé dans un peignoir qu'il laisse toujours à moitié ouvert.
Et moi... je cède. Encore. Et encore.
Il me fait l'amour avec une intensité qui me désarme, me répète à l'oreille qu'il m'aime, qu'il ne veut que moi, qu'il ne voit que moi.
Et moi ? Je commence à me demander s'il m'aime vraiment ou si tout cela n'est pas qu'une obsession, douce et collante, quelque chose entre le besoin et la dépendance, comme le miel qui reste sur les doigts.
Peut-on aimer quelqu'un à ce point... sans s'en lasser ? Ou est-ce que j'ai juste baissé les bras devant quelque chose de trop intense pour que je puisse encore le fuir ?
VOUS LISEZ
JUSTE 5ans, pour t'aimer
RomanceRyan, un homme façonné par les attentes implacables de sa famille, porte le fardeau d'une perte qui l'a laissé froid et distant. Préparé depuis toujours à succéder à son père à la tête de l'empire Longuti, il s'est résigné à vivre selon les règles i...
