Chapitre LVI : Jozy en tailleur

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(Démarrez la vidéo, détendez vous et bonne lecture)

Acte 4 : Fragilité et Révélations



Elle était une énigme, un feu sous la glace, insaisissable et pourtant inoubliable.– René Char





Adeola.







            Je monte les escaliers et pousse la porte de sa chambre . La pénombre enveloppe la pièce, seule la lueur diffuse d'une lampe de chevet éclaire les contours du mobilier. Il est là, allongé sur son lit, son bras replié derrière sa tête . Nos regards se croisent une fraction de seconde, mais je fais mine de ne pas y prêter attention. Son indifférence apparente me rend la pareille.

Sans m'attarder, je me dirige vers le dressing et ouvre la porte qui y mène directement ,évitant soigneusement son regard pesant derrière moi. L'odeur subtile de son parfum flotte dans l'air, mêlée à celle du bois verni et du cuir . Je retire à la volée plusieurs robes, sans prendre la peine de choisir. Mes gestes sont rapides, presque brusques. J'ajoute quatre paires de chaussures, trois sacs... Peu importe ce que je prends, tant que j'ai l'essentiel.

Alors que je range quelques affaires, mon regard est attiré par deux boîtes que je n'ai jamais vues auparavant, posées sur son côté du dressing. Mon premier réflexe est de les ignorer, mais une pensée fugace s'impose : sa tenue pour ce soir s'y trouve peut-être. L'idée me fait sourire, un sourire qui meurt aussitôt sur mes lèvres lorsque j'ouvre légèrement la plus grande boîte .

Je repose les vêtements que j'avais en main et ouvre la plus grandement . Une robe bleue. Rien d'autre. Mes doigts glissent sur le tissu avant que je ne referme le couvercle d'un geste sec. J'ouvre la seconde. Une paire de chaussures de femme.

Mon estomac se serre légèrement. Ces affaires ne sont pas les miennes. Et elles sont là, de son côté du dressing.

Je referme tout en silence, replace les boîtes à leur place . Je récupère mes affaires et sors sans un mot.Mon visage reste impassible , mais à l'intérieur, une brûlure froide se répand dans ma poitrine.

Tout cela ne me concerne pas.

Qu'il achète des vêtements à une autre femme, qu'il mène sa vie comme il l'entend... Ce n'est pas mon problème.

Dans la voiture, le silence est pesant. Monsieur Douglas conduit. Le silence est pesant, seulement troublé par le bruit lointain des klaxons et du moteur. Nous regardons chacun par la fenêtre, murés dans nos pensées. Je lui jette un coup d'oeil , l'éclairage urbain projette des ombres éphémères sur son profil, soulignant la fermeté de sa mâchoire.

Je prends une longue inspiration, me préparant mentalement à jouer mon rôle. Ce n'est pas la première fois que je dois me comporter comme une épouse aimante en public. Mais ce soir, cela me semble plus difficile. Contrairement aux fois précédentes, je ne ressens  rien qui ressemble à de l'affection. Seulement une prise de conscience amère.

J'ai été idiote.

Il m'a servi ses plus beaux discours, son sourire calculé, ses tentatives de me faire céder avec un  baiser.... Et lorsque cela ne fonctionne pas, il se tourne vers une autre. Il l'habille. Il la gâte.

Peut-être est-ce avec elle qu'il est ces derniers temps.

Peut-être est-ce pour elle qu'il rentre si tard.

Je soupire discrètement et détourne le regard. Mon esprit tourne à toute vitesse. Que pourrais-je bien demander en échange de mon silence cette fois-ci si elle aussi viens me jettez l'infidélité de mon chére mari à la figure ? Parce qu'il est hors de question de simplement subir.

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