Chapitre XCI : Damn

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(Démarrez la vidéo, détendez vous. Et bonne lecture 📖)

Acte 5 : Passions et confrontations




L'absence ne fait pas souffrir, c'est le désir qui creuse. — Yasmina Khadra






Ryan.





Allongé sur le lit, les bras croisés derrière la tête, je fixe le plafond blanc immaculé, sans miroir, sans mouvement. Juste ce vide plat, silencieux, oppressant. J'ai l'étrange impression d'être piégé dans une cage moelleuse.

Notre retour s'est fait tard dans la nuit, mais madame avait encore assez d'énergie pour me balancer une liste d'interdictions formellement : "Tu ne me touches pas. Tu ne me frôles pas. Pas de câlins nocturnes, pas de caresses volées dans ton sommeil. Je veux dormir tranquille."

Et moi ?

J'ai souri. J'ai acquiescé. Comme un mec civilisé. Comme un homme qui tente de rester digne. Comme un attardé sexuel diplomate.

Je sens un léger mouvement sur ma gauche. Elle bouge dans son sommeil. Je me décale légèrement, par réflexe. Je la connais assez pour savoir qu'elle finira collée contre moi dans cinq minutes, sans même s'en rendre compte , comme une chatonne à la recherche de chaleur. Et je me retrouve à serrer les dents pour ne pas réagir... parce que je sais que si elle me colle un peu trop, je ne vais pas seulement la réveiller.

Pour l'instant, elle se blottit sous la couette. Les nuits à Cape Town sont plus fraîches que prévues...

Avant de sombrer dans le sommeil, elle m'a récité une liste de choses à faire demain, avec la précision militaire d'un planning présidentiel : randonnée au lever du jour, yoga sur les collines, plage au coucher du soleil, et je ne sais quoi encore. J'ai même pas fait l'effort de tout retenir. Je ne suis que le porteur de sac de toute façon.

Et pourtant... la voilà maintenant, profondément endormie, roulée en boule sous la couette,  sa main effleurant presque mon flanc.

Et moi ? Je suis censé dormir... avec ça contre moi ?

Je soupire et me pousse un peu plus vers l'extrémité du lit. Un mouvement de trop et je me retrouve par terre.

— Darling... t'es vraiment pas cool, je murmure en soufflant un rire sans joie.

Parfois, je me demande comment j'ai pu dormir à ses côtés toutes nuit après nuit, sans jamais broncher, sans glisser la main, sans chercher plus.

Aujourd'hui, il suffit qu'elle enlève ses boucles d'oreilles ou qu'elle baisse la fermeture de sa robe... pour  que mon cerveau parte en vrille.

.... Tu avais déjà les idées tordues, murmure ma conscience, t'avais juste pas encore la matière pour les nourrir.

Je ris, à peine. Un rire bas et honteusement lucide.

C'est officiel : je suis foutu. Un attardé sentimental et sexuel à la fois.

Elle bouge encore, se rapproche . Je rends les armes. Je me lève, en silence, et je lui laisse le lit. Ce soir, c'est elle qui gagne. Je dormirai quand elle se lèvera.

Je m'assois sur le sofa, face à la baie vitrée. Le rideau dansent paresseusement, sous le souffle discret du vent marin. . Devant moi, l'océan s'étire à perte de vue, dans une symphonie de gris et de blanc. Des vagues s'écrasent en rythmes réguliers, la marée monte doucement , majestueuse, mais n'atteindra jamais cette villa perchée. Un calme presque irréel. Il ne manque qu'un joint pour me sentir roi du monde.

JUSTE 5ans, pour t'aimer Où les histoires vivent. Découvrez maintenant