J’envoie ces photos dénudées,
Car je sais qu’eux seuls peuvent m’aimer.
Mon visage, mon âme, ma vérité,
Jamais ne leur suffiront pour rêver.
Quand je me montre telle que je suis,
Le monde détourne ses yeux, fuit.
Ils ne voient qu’un reflet sans éclat,
Un être que l’ombre garde en ses bras.
Alors je leur donne ce qu’ils veulent,
Une image, un corps, sans passé qui brûle.
Juste une chair à combler, un instant,
Un désir muet, furtif, déchirant.
Et dans leurs regards, froids mais avides,
Je trouve un semblant de vie qui guide.
Je ne suis qu’un moyen, qu’un soupir,
Mais leur convoitise me fait sourire.
Je ne cherche pas l’amour éternel,
Juste une gratitude superficielle.
Être désirée, même sans nom,
Pour apaiser cette étrange prison.
À des inconnus, je m’efface,
Oubliant mon visage, mes traces.
Leur désir m’achève, mais me construit,
Dans ce vide où mon âme s’enfuit.
