Elle observait son reflet, là, dans le miroir,
Ses yeux cherchaient les défauts, tous ces "mais" qui s'ignorent,
Ses cuisses, un peu trop pleines, ses bras un peu trop larges,
Elle se perdait dans les ombres, dans ce qu'elle croyait être une charge.
Elle n'était pas grosse, non, elle était fine,
Mais la beauté qu'elle ne voyait jamais s'enfuyait, divine,
Elle ne s'aimait pas, ne se reconnaissait pas,
Son corps n'était qu'un terrain de doutes, d'incompréhensions, de combats.
Elle rêvait de changer, de faire disparaître
Les formes qui, dans son esprit, lui faisaient paraître
Quelque chose de trop, de trop lourd à porter,
Et, pour y arriver, elle choisit de s'affamer, de s'isoler.
Chaque jour, sans relâche, une gomme à mâcher,
Sans sucre, sans calorie, juste pour se sentir remplie,
Elle croyait se nourrir, mais c'était de l'illusion,
Un vide qu'elle comblait par la privation,
Pensant que l'on trouvait le contrôle dans l'évasion.
Mais le corps n'est pas fait pour être nié,
Ni pour être brisé dans une quête effrénée,
Il porte la beauté de chaque instant qu'il vit,
De chaque souffle, de chaque sourire, de chaque défi.
Et peut-être qu'un jour, elle verrait, enfin,
Ce reflet qui lui échappe, ce qu'elle est vraiment,
