Je répète, encore, ces mots de détresse,
Que dans tous les cas, c’est moi qui gagne,
C’est lui qui perd quelque chose, je le dis,
Mais pourtant il ne perd rien, et moi, je suis en sursis.
Il marche léger, l’élue de son cœur à ses côtés,
Moi, je ploie sous le poids de l’amour jeté.
Sa perte, et pourtant c’est moi qui pleure,
Quand je le croise, souriant, sous d’autres lueurs.
Sa perte, mais le besoin me brûle encore,
De croiser son regard, d’espérer un accord.
Une étincelle infime, un écho d’hier,
Une preuve qu’au fond, je n’étais pas qu’un revers.
Mais c’est moi qui porte le fardeau du regret,
Moi qui reste, figée, à sonder le passé.
Lui avance, sans ombre, sans la moindre chaîne,
Sa perte, pourtant c’est ma peine.
Alors je répète, encore, pour m’en convaincre,
Que dans ce jeu cruel, je ne suis pas à vaincre.
Mais à chaque détour, c’est mon cœur qui se serre,
Car sa perte, c’est moi qui la vis, solitaire.
