Chapitre 10

2 0 0
                                        

-Debout tout le monde ! Cria une voix à l'extérieur.

Je me redressais et m'étirais. La lumière commençait à peine à apparaitre. Plus les jours passaient plus j'avais l'impression de devoir me lever tôt.

Je sortis la première. La deuxième en fait, si on comptait Harvey, toujours debout en premier.

-Comment tu fais pour dormir si peu ? demandais-je en me frottant les yeux, avant d'attraper une pomme.

-J'ai jamais eu besoin de dormir beaucoup, répondit-il en haussant les épaules.

-Et j'ai jamais compris pourquoi, ajouta son frère, Adam, qui sortais de sa tente, les cheveux en bataille.

Alors je finissais de manger, tout le monde semblait être lever, mais je ne vis Lycia nulle part. Lorsque je posais la question, Harvey me répondit qu'elle était rentrée a l'instant où la luminosité avait commencer a monter, au moment où lui se levait. Elle était partie se coucher, pour espérer dormir une petite heure avant de repartir. Et en effet, cette dernière apparue quand nous étions entrain de finir de plier nos tentes. Elle sortit, décoiffée, l'air épuisée, plia sa tente en quelques minutes, attrapa un fruit juste avant qu'on ne les ranges, et resta a la fin de la file toute la journée.

En fin d'après-midi, je ralentis pour me mettre a son niveau.

-C'est vrai qu'il y avait des loups hier soir ? demandais-je

-En quelques sortes, oui, répondit-elle.

-Ils se sont approcher de nous ?

-Non, t'en fait pas, ils sont rester loin. J'étais dehors toute la nuit, je les aurais vu s'ils s'étaient vraiment approchés, dit Lycia.

-C'est pas trop fatiguant de rester éveiller toute la nuit pour ça ? On aurait pu surveiller chacun notre tour, tu crois pas ?

-J'ai l'habitude de rester debout toute la nuit régulièrement, et je vois particulièrement bien dans le noir, mieux que la plupart des gens en fait. Pleine lune ou pas, aucun d'entre vous n'aurez pu les voir arriver de suffisamment loin, expliqua-t-elle.

-T'a dû passer beaucoup de temps dans la forêt quand tu étais plus petite, observais-je.

-Qu'est ce qui te fais penser ça ?

-Dès qu'il s'agit de trouver un chemin plus praticable ou de trouver le meilleur endroit pour planter les tentes, Harvey se tourne vers toi, et tout le monde prend ça comme une évidence. Et c'est vrai que t'as beaucoup de facilité à trouver les bons terrains. Et t'as aussi les yeux qui vont avec du coup, t'as l'air de mieux voir que la normal, même avec des arbres partout. Donc je me suis dit que tu devais être bien plus habituée que nous à être dans les bois.

-Ouais, c'est plus ou moins ça, t'a raison. Tu raisonne bien, dit-elle en souriant.

Je restais à coter d'elle alors que nous continuions de marcher, en silence. A l'avant, Adam semblait déterminer à pousser Aésia a bout.

Quelques minutes plus tard, Jeremy s'arrêta, et se tourna vers le reste du groupe.

-Regardez, c'est là ! c'est le parc ! s'exclama-t-il.

-Où ça ? demandais-je.

-Là bas, regarde, on voit le mur. Le portail est un peu plus loin par-là, expliqua-t-il en pointa vers la droite. On a le temps d'aller y faire un tour ?

-Je pense que oui, on a déjà bien avancé. On peut aller faire un tour si vous voulez, et on pourra s'installer a un peu moins d'un kilomètre ce soir, répondit Harvey.

Tout heureux, Jeremy se précipita dans la direction qu'il avait pointer plus tôt. Lorsque nous le rejoignirent, il venait de réussir à ouvrir le portail, qui était tout d'abord rester bloquer, a cause de la rouille qui s'y était accumuler. Un par un, nous pénétrâmes dans l'immense parc d'attraction, complètement laisser à l'abandon.

Nous passâmes les portiques de sécurité, couverts de mousse, comme tout ce qui se trouvait autour de nous. Toutes les attractions, y compris une grande roue gigantesque, était à l'arrêt, complètement vert. De loin, les manèges devaient se confondre dans la verdure de la foret. Les boutiques souvenir étaient encore remplies de jouets, la plupart dans un état désastreux, sales, couverts de poussières, endommagés, voir déchirer pour les peluches.

Rapidement, Jeremy disparu en courant, enthousiaste comme un enfant que l'on aurait emmené à cet endroit précis quelques années plus tôt, avant que le parc ne ferme.

Lycia et Aésia s'approchèrent de la grande roue, enlevant les saletés du panneau de contrôle. Lycia essaya quelques boutons, qui ne fonctionnèrent évidemment pas, tandis que Aésia brandissait son téléphone pour prendre des photos.

Adam et Luis avaient disparus. Je supposais qu'ils étaient partis explorer le reste du parc.

Harvey s'occupais de fouiller la caisse enregistreuse, vide, malheureusement pour lui. Je m'engouffrais dans la boutique souvenir, et allait regarder les jouets.

Entre les peluches éventrées, les bonbons qui devaient avoir fondus et attiré tout un tas de fourmis et qui avait laissé des traces peu appétissantes, les ballons complètement dégonflés qui trainaient sur le sol, et les vêtements rongés par les mites, le magasin faisait peine à voir. Il aurait presque pu faire partis d'un film d'horreur.

Je laissais mon doigt glisser sur une petite boite à musique, enlevant une épaisse couche de poussière au passage. En dessous, je découvris que le jouet était en fait rouge, et non pas grisâtre. Je la pris entre mes mains, et faisait délicatement tourner le mécanisme. Il résista au départ, mais céda rapidement, et une douce musique se répandit dans la pièce.

Soudain, je sentis un courant d'air frais le long de ma nuque. Un de mes nouveaux amis devaient être entré dans la boutique, curieux de voir l'état des lieux et de tous ces jouets, comme moi. La clochette de la porte n'avait cependant pas retenti... Mais après tout, tout était un petit peu casser ici, ce ne serait pas étonnant que ce soit également le cas de la petite cloche.

Finalement, je sentis quelqu'un juste derrière moi. La musique avait dû l'attirer. Je me retournais pour voir qui exactement m'avais rejoint, et me stoppais de stupeur. Ce n'étais pas un de mes amis, certainement pas. Aucun d'entre eux ne ressemblait à une femme tourmentée, d'un mètre soixante-dix, avec de grands yeux sanglotant, écarquillés, et des cheveux poisseux qui se répendaient partout sur ce visage effrayant. Et surtout, aucun d'entre eux n'était à moitié translucide. Je n'avais jamais sérieusement cru aux fantômes, mais tout compte fait, il allait falloir que je remette cette croyance en question. Immédiatement. Parce que a l'instant présent, l'histoire de fantôme de Jeremy me semblait bien réelle.

Un hurlement affreusement aigu s'échappa de ma gorge. Je lâchais la boite à musique, et me précipitais vers la porte de sortie.

J'avais froid. J'avais peur. Non, pas de la peur. De la terreur. J'étais terroriser. Je n'avais plus la moindre conscience de ce que je faisais. Mes jambes s'enfuyaient d'elles-mêmes, sans que je n'ai le temps de réfléchir a quoi que ce soit.

Lycia arriva la première. Elle poussa violement la porte, et la clochette retendis sourdement. Elle m'attrapa par le bras et me plaça derrière elle, sans me lâcher. Elle marmonna des paroles étranges, que je fus incapable de saisir. J'osais jeter un œil par-dessus son épaule et ses courts cheveux roux en bataille, et mon souffle se bloqua. Je n'avais pas rêvé. Maintenant que je la voyais avec plus de recule, j'étais sûre de moi. Il y avait un fantôme a moins de deux mètres de moi. Un fantôme. Un vrai. Un machin transparent, terrifiant, a l'air tourmenter, peut être même qu'elle avait l'air d'avoir envie de manger un peu d'humain pour son gouter.

Après ce qui me parut une éternité, les autres arrivèrent à leur tour. Harvey lâcha une myriade d'ordres, et j'eu tout juste le temps de voir les deux frères et Aésia encercler la femme translucide tandis que Luis se plaçait juste devant, main tendu, et Jeremy observer la scène en jubilant, avant que Lycia me tire en dehors du magasin, puis du parc en lui-même. 

le voile obscureOù les histoires vivent. Découvrez maintenant