Chapitre 12

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Epuisée par les aventures de la journée, j'étais aller me coucher la première. Tous les autres étaient encore assis autour du feu.

J'aurais dû me sentir en danger, je le savais. J'avais été attaquée par un fantôme, et tous les gens a seulement quelques mètres de moi savaient « gérer ce genre de chose ». Comment ça une bande d'adolescent savaient « gérer » un fantôme ? Mais, malgré toutes ses questions qui tournaient en boucle dans mon esprit, je me sentais en sécurité ici. Après tout, ils savaient « gérer » les attaques de fantômes, et ils étaient mes amis. Je ne les connaissais pas encore tous a la perfection, mais Harvey était comme mon frère, Lycia m'avais protégé et rassuré, et Jeremy n'étais qu'un grand enfant admirateur du surnaturel. Après la longue réflexion que je m'étais faite toutes ces dernières heures, j'avais conclu qu'il ne m'arriverait rien de mal avec eux.

C'est ainsi que je me retrouvais dans mon lit ce soir, déjà sur le point de m'endormir. Mes yeux se fermaient d'eux-mêmes, et mes muscles refusaient de m'obéir.

Ma curiosité maladive me poussait à vouloir écouter la conversation de mes amis, après que j'eu entendu mon nom une fois quelques minutes plus tôt. Mais la fatigue et l'épuisement causé par la peur que j'avais ressentis plus tôt me bourdonnait dans la tête, et je n'arrivais plus à écouter quoi que ce soit. Et puis après tout, ce ne serait pas vraiment étonnant qu'ils parlent de moi après ce qui s'était passer un peu plus tôt. Ou du moins ce dont j'avais été témoin, puisque cela ne semblait pas sortir de l'ordinaire pour eux.

Plus je luttais pour essayer de les entendre, plus le sommeil prenait de place dans mon esprit. Il faut croire que cette fois ce ne serait pas ma curiosité qui l'emporterais.

Lorsque je me réveillais le lendemain, la luminosité m'ébloui. Le soleil était haut dans le ciel. Beaucoup plus haut qu'il ne le devrait pour que l'on ne soit pas encore repartis.

Et s'ils m'avaient laissé ici ? Et si le coup du fantôme avait été une sorte de test, que j'avais raté, submergée par la terreur ? Et si maintenant que j'avais rater ce « test », que je ne les intéressais plus et qu'ils étaient partis sans moi ?

Je tendis l'oreille, angoissée a l'idée de ne rien entendre, ce qui signifierais surement que mon raisonnement était bon. Seulement, j'avais eu tort. J'entendais les voix d'Harvey et de son frère a l'extérieur.

-...Quand ? demandais Adam.

-Respire, on n'est pas pressé, c'est le dernier jour de voyage, on attrapera juste un bus a l'entrée de la ville, on sera là-bas avant ce soir, répondit Harvey.

-ça répond pas à ma question.

-Laisse lui le temp de se reposer, elle a eu extrêmement peur hier, elle a besoin de dormir. Et Lycia aussi, elle n'est pas encore levée non plus, elle récupère de sa nuit de la pleine lune.

Je soupirais de soulagement. Ils ne m'avaient pas laisser tomber, et Harvey avait l'air de comprendre ma fatigue. Je n'étais pas seule, et je n'aurais pas d'explications à donner. Non, je n'aurais rien à expliquer, en revanche, eux me devait de plus en plus d'explications.

Je me levais, et quelques minutes plus tard, j'étais dehors.

-Harvey ! interpelais-je mon ami.

-Neiyla ! répondit-il. Bien dormis ?

-On s'en fiche, je peux avoir des explications maintenant ?
Il recula légèrement, tandis que ses yeux s'ouvraient un petit peu plus grand. Au passage, je cru un instant pouvoir y lire un mélange de doute, d'hésitation, et peut-être bien une petite touche de remord. Mais l'instant d'après, son regard se posais derrière moi, légèrement a ma gauche, et il eu l'air d'avoir trouver la meilleure échappatoire possible.

-Non, pas tout de suite, désoler, dit-il. Tu auras des explications, c'est promis, mais Lycia vient de se lever donc on peut plier bagage, on a assez tardé, il faut qu'on rejoigne la ville avant le milieu de l'après-midi, pour pouvoir avoir un bus rapidement, histoire de ne pas arriver de nuit. Ce serait dommage, je suis sûr que tu adorerais la vue qu'on aura en arrivant de jour.

Et il me contourna, comme si de rien était, pour aller ranger ses affaires, et plier sa tente.

Excuse de merde.

Je soufflais, et allait me préparer à repartir à mon tour.

Pourquoi ne pouvait-il pas juste me donner des explications maintenant ? Ou en marchant. Pourquoi ne pouvait-il pas m'expliquer pendant qu'on avançait vers la ville ? Oui, c'était une bonne idée ça ! J'allais me placer juste à coter de lui pendant qu'on avancerait, et là, il n'aurait plus aucune excuse !

J'aurais dû me douter que ce ne serait pas si simple.

Retour vers la ville voulait également dire retour des petits chemins de terre. Chemin en l'occurrence tellement peu large, que nous étions tous obliger de rester en file indienne. Quelle situation ridicule. Et moi qui croyait avoir trouver le meilleur des plans...

le voile obscureOù les histoires vivent. Découvrez maintenant