Chapitre 39

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-Vas-y tu vas l'avoir ! Ouais on va gagner ! On est y presque ! criais-je inlassablement dans mon micro.

Trop concentrée, je manquais de peu de ne pas entendre mon téléphone. Laissant Jeremy finir la partie seul, je retirais mon casque de mes oreilles, et saisissait mon téléphone sans même vérifier qui appelait.

-Oui ? dis-je.

-Salut Neiyla !

-Ho Alice, salut, t'es déjà rentrée de colo ?

-Ouais je suis arrivée la semaine dernière, et ma mère a croisé la tienne au supermarché, tu comptais dire quand que tu étais de retour ?

-Je suis rentrée que hier, et je pensais pas que tu étais déjà là aussi, je t'aurais déjà appelé sinon.

-Mouais. Bref, vu qu'on est tous rentrer de vacances Léo et moi on se disait qu'on pourrait peut-être faire notre rendez-vous de la semaine bientôt, histoire de tous se revoir avant la rentrée.

-Ouais ça serait super, vous êtes dispo quand ?

-Demain Léo est chez sa tante, et après demain ma mère m'emmène faire les boutiques, vendredi ça te va ?

-Ouais super, j'ai rien à faire de toute la semaine de toute façon. C'est mon tour je crois non ?

-Ouais, ce sera chez toi.

-Génial, dans trois jours chez moi. Plutôt aprèm ou soirée ?

-Plutôt l'après-midi je pense, je suis trop stressée pour la rentrée au lycée pour passer trop de temps où que ce soit.

-Pas de problème je comprends. A vendredi.

-A vendredi, bye.

-Et là, il a dû la recaler bien clairement, la pauvre est repartie en pleurant. Mais après il m'a regardé moi, en souriant, avant de détourner le regard a nouveau. Mon dieu il avait un de ses sourire, vous pouvez même pas imaginer.

-Bah oui, évidemment, grogna Léo.

Je lui assénais un coup de coude dans les côtes. Si Alice l'avait entendu, elle n'en fit pas mine.

-Et tu lui à parler au moins ? demandais-je, déjà désespérée par le discours de mon amie, mais tentant tout de même d'avoir l'air enjouée, excitée par la nouvelle.

-Non ! Bien-sûr que non ! cria-t-elle comme si je lui avais poser la question la plus déroutante qui fut.

-D'accord, et lui, il t'a parler ?

-Non... répondit Alice en s'affalant davantage encore sur les coussins de mon lit où elle était déjà étalée en étoile de mer depuis plus d'une demi-heure.

Alice ne rencontrait pas de personne qui puisse lui plaire tous les jours, mais quand ça arrivait, on devait s'attendre à en entendre parler en boucle pendant des mois. Enfin, cette colonie de vacances devait avoir été moins barbantes que celles de années précédentes.

-Enfin bref, je le reverrais jamais nul par d'autre que dans mes rêves de toute façon. Alors Neiyla, c'était comment ta colo à toi ?

-C'était pas mal, répondis-je.

J'avais eu besoin de toute la concentration du monde pour ne pas donner trop d'informations à mes parents, mais Alice était une autre histoire. Elle insisterait jusqu'à avoir le moindre tout petit détail. J'allais devoir me montrer prudente.

-Mais encore ? insista-t-elle.

-Bah tu sais, c'était un camp pour les gens un peu prometteur dans les sports de combats, donc on a un peu passé nos journées à s'entrainer, il s'est pas passer grand-chose d'intéressant.

-Il y a quelque chose qui me gêne, commença Léo. Ton Harvey là, il est pas majeur ?

-Si, pourquoi ? répondis-je prudemment.

-Bah il me semblait que les colonies de vacances c'était plutôt pour les enfants et les ados.

-Je pensais ça aussi, dis-je. Je sais pas comment sont les autres colonies puisque c'est la première fois que j'en fais une, mais celle là était ouverte a un peu tout le monde, faut juste te débrouiller suffisamment dans au moins un sport de combat.

-Je sais que je connais pas vraiment les amis d'Harvey, mais la petite là, blonde avec des grands yeux bleus, elle me parait pas du genre à faire des sports de combat, elle a plutôt l'air du genre à dormir toute la journée.

-Aésia ? m'étonnais-je.

Aujourd'hui, Aésia me paraissait surtout être quelqu'un à ne pas embêter sauf à vouloir se faire arracher la tête par un animal terrifiant, mais après réflexion, il est vrai que j'avais plus ou moins penser la même chose les premières fois que je l'avais vu.

-Elle a pas l'air comme ça, mais elle se débrouille bien, dis-je avec ce qui devait être une étrange grimace.

Aésia se débrouiller bien. Quelle litote !

-Et donc pour entrer dans le camp, il suffit d'être un peu douée en sport ? Tes parents ont pas payer pour que tu y passe l'été, si ?

Voila ce que je redoutais, ses questions commençaient à aller trop loin.

-Je sais pas vraiment, Harvey m'a un peu incrusté au dernier moment, mais j'ai cru comprendre que c'était gratuit oui, il faut simplement avoir un petit quelque chose de prometteur.

-C'est tout, insista-t-elle ?

-Peut-être avoir été repéré par un des chefs de groupe aussi, mais c'est tout de ce que je sache.

-Un chef de groupe ?

J'en avais trop dit. Comment diable allais-je lui expliquer une chose pareille ?!

Avant que je ne puisse réagir, un téléphone se mit à hurler. D'abord, je cru qu'il s'agissait de celui d'un de mes amis, mais ils ne réagirent pas plus que moi. Intriguée je me saisissais du mien, et alors je compris. J'étais sauvée par le gong. Lycia avait envoyée une alerte depuis la place centrale de la ville.

-Désoler les gars, j'ai une urgence ! lançais-je en me levant précipitamment.

-Une urgence ? s'étonnèrent les deux en cœur.

-Ouais, soufflais-je en tirant de sous mon lit le sac on ne peut plus banal dans lequel j'avais eu l'esprit de cacher mes armes. Bougez pas d'ici, je reviens, je devrais pas en avoir pour longtemps.

-Tu veux qu'on vienne ? On peut donner un coup de main ? interrogea Léo.

-Nan, nan, vous en faites pas ça va aller. C'est urgent mais pas gravissime. Je reviens.

Je jetais le sac sur mon épaule et sortie de ma chambre.

-Soyez sage les enfants, lançais-je en survolant lesescaliers plus que je ne les descendis

le voile obscureOù les histoires vivent. Découvrez maintenant