Chapitre 35

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Ce jour-là, nous fûmes dans les premiers à obtenir notre ultime chance. Le soleil était lever depuis peu, et était encore bas dans le ciel. Les ombres des arbres était immense et menaçantes. Rapidement, nous furent armés, nos caméras furent posées, et Annie nous envoya dans la forêt pour la seconde fois. Comme le mois précédent, la forêt était trop calme. Beaucoup trop calme pour que ce fut normal. Aucun oiseau, pas le moindre frémissement dans les hautes herbes, pas un insecte au sol.

Nous entrions dans les bois avec prudence. Nous ne nous attendions pas à croiser quoi que ce soit dès le début de l'épreuve ; il avait fallu longtemps la première fois, et cacher des monstres juste à l'orée des arbres ne semblait pas tout à fait judicieux. Cependant, a peine quelques minutes plus tard, je réalisais que quelque chose n'allait pas. Il me fallut un certain temps pour déterminer quoi, puis je compris : je me sentais menacée. Terriblement menacée, comme si un grand danger allait me tomber dessus d'un instant à l'autre.

-Vous sentez ça ? demandais-je à voix basse, me recroquevillant sur moi-même comme si me rétrécir allait diminuer mon exposition au danger.

-ça quoi ? interrogea Jeremy.

-Non, on ne sent rien, poursuivit Harvey. Tu pressens quelque chose ?

-Ils ne sont pas loin je crois, répondis-je encore plus bas que précédemment.

L'impression s'amplifiait d'instant en instant. Désormais, c'était comme si des milliers de points rouges étaient rivés sur moi, trop nombreux pour que je puisse en deviner la véritable provenance.

Immédiatement, nous ralentîmes le pas, nous faisant aussi léger que possible. Nous avancions dans le plus grand des silences, veillant à ne pas marcher sur la moindre brindille. Toutes nos attentions étaient poussées au maximum, guettant le moindre petit son, le moindre mouvement, le moindre indice d'une présence quelconque. Dans un instinct qui tirais presque du réflexe, ma tête se tourna d'elle-même vivement sur la gauche, juste à temps pour apercevoir que quelque chose était passé dans les fourrer deux mètres plus loin. Je me stoppais net, alertant mes amis.

-Qu'est-ce que tu as vu ? demanda Harvey, dans mon dos.

Je ne le voyais pas, mes yeux semblaient incapables de se détacher des buissons. Mon regard restait river à l'endroit exact où je l'avais vu disparaitre, essayant presque de voir à travers tout en sachant que je n'y arriverais pas.

-Un animal je crois. Très grand. Rapide.

-Loup garou ?

-Je crois.

Le même instinct me frappa une seconde fois. Un instant avant que ça n'arrive, je savais exactement où la bête allait surgir. Cette fois, ce fut quelques pas devant nous, toujours sur la gauche, mais beaucoup plus près du sentier que nous suivions. Et cette fois, Harvey le vis également. Se courbant comme un animal qui s'apprêtais à bondir, il nous fit signe de ne pas bouger, et se dirigea avec un silence impressionnant vers la source du mouvement. Lentement, très lentement, il s'éloigna, se rapprocha du bord du sentier, près à attaquer. La pression du pressentiment m'écrasait les tympans. Quelque chose allait bondir d'une seconde a l'autre, c'était inévitable. Soudain, il fut juste devant les fourrés, et je réalisais, une seconde trop tard, que le danger immédiat n'était pas là, mais dans l'arbre juste à coter, dont les branches passaient maintenant pile au-dessus de la tête de mon ami. Je n'eus pas le temps d'émettre le moindre son d'avertissement que la chose lui tomba dessus. Forme humaine, suffisamment lourd et puissant pour renverser Harvey, trop rapide pour que je puisse en suivre tous les mouvements. Indéniablement un vampire.

D'abord sans réfléchir, je tentais de me précipiter vers Harvey pour l'aider à se dégager. Je savais que je ne pourrais jamais battre un vampire à main nue, mais si Harvey arrivait à se dépêtrer et à retrouver sa liberté de mouvement, il pourrait, lui, en venir à bout. Cependant je n'eus pas la chance de pouvoir approcher suffisamment. Le loup garou que j'avais aperçu plus tôt avait profiter de la distraction pour sortir de sa cachette. Il me barrait à présent le chemin. Il paraissait plus imposant que la dernière, et seule fois, où j'avais vu un loup garou de mes yeux. Il faut dire que Lycia n'était guère plus grande que moi, cela avait peut-être un impact sur la taille du loup. Je reculais de quelques pas lorsque la bête se mis à me grogner dessus. En retournant au centre du groupe, je remarquais que deux de mes amis était tourner dans l'autre sens, armes à la main, en positions de défense. Un seul coup d'œil me suffit : un deuxième loup garou se trouvait de l'autre coter. Un seul m'avait déjà paru une tâche ardue, mais deux semblait une épreuve insurmontable.

le voile obscureOù les histoires vivent. Découvrez maintenant