Chapitre 40

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Pour la première fois depuis très longtemps, je ne fus pas en retard. Plus que cela, j'étais en avance. Tremblante, fébrile, mieux habillée que tout le reste de l'année, j'attendais devant les hautes grilles vertes du lycée. Alice et Léo était arriver quelques minutes auparavant, mais nous nous savions tous trois trop angoissés pour avoir la moindre conversation. Nous fixions les grillages, l'estomac vrillé de la peur par anticipation.

Ce n'était qu'une simple rentrée, pourtant l'angoisse troublait ma vue, réduisant mon champ de vision a un simple tunnel. Mon estomac n'aurait pas agi différemment si j'avais été sur un grand huit, et peu importe combien j'essayais de rester calme, mes mains tremblaient avec violence. Ma gorge était serrée en un nœud solide. Je n'avais qu'une envie, c'était faire demi-tour, rentrer chez moi, et ne plus jamais en sortir.

Mais bientôt, quelqu'un vient ouvrir le portail, et une foule d'adolescents à la fois stresser et excitée se pressa à l'intérieur de la petite coure qui devançait le bâtiment scolaire. Sur la droite, de grands panneaux avaient été placés. Je m'en approchais et me faufilais tant bien que mal entre les corps agglutinés les uns aux autres.

Les panneaux comportaient d'interminables listes de noms, organisés par ordre alphabétique. Je ressortis de la foule, et m'efforçais de trouver où étaient les noms en N. Après ce qui me parut être une éternité, je trouvais ce que je cherchais, et m'approchais à nouveau. Mes yeux défilèrent sur les noms, qui m'étaient pour la plupart étranger, jusqu'à trouver le miens. Juste en face, de l'autre coter de la feuille, je trouvais deux nombres : 2 et 4. J'étais en seconde quatre.

Je m'éloignais à nouveau, et trouvais mes amis, qui avaient déjà reculer pour m'attendre.

-Quelle classe ? Interrogea Alice.

-Seconde quatre, répondis-je.

-Moi aussi ! Mon dieu merci ! s'extasia mon amie.

-Et toi Léo ? demandais-je.

-Seconde sept, dit-il avec une moue a la fois déçue et angoissée.

-Ho...

Léo serait donc seul.

-D'accord, et bah on se retrouvera ici à toutes les récrées alors, et on mangera tous ensemble tous les midis, promis-je.

Léo hocha la tête, reconnaissant de savoir qu'il ne serait pas complètement seul.

Tous les trois, nous partîmes chercher les panneaux suivants, à l'intérieur, qui indiquait dans quelle classe nous devions nous rendre en fonction de la seconde dans laquelle nous étions. Nous eûmes de la chance que les répartitions ne montrent pas la moindre logique, car nos deux classes étaient finalement l'une à coter de l'autre, et nous pûmes attendre ensemble que les professeurs arrivent.

J'entendais vaguement que mes deux amis discutaient, maintenant que le gros de l'angoisse commençait à retomber, mais mon esprit était encore trop occupé. Je balayais l'assemblée d'élève des yeux, encore et encore, inlassablement. Je mis un bon moment à réaliser ce que je faisais réellement : je vérifiais que personne n'avait de comportement anormal. Mon premier jour de lycée, a peine une semaine après être rentrée du camp, et voila que je cherchais déjà les monstres. Enfin, ce serait probablement un réflexe utile.

Enfin, un professeur arriva, et nous fit entrer dans la salle de classe. Après de théâtraux adieux à Léo, Alice et moi suivirent, et pénétrèrent dans la pièce illuminée de lumière artificielles clignotantes et aux promesses d'interminables ennuies.

-Enfin libre ! J'ai cru que ça finirait jamais ! m'exclamais-je.

Nous avions passé toute la matinée enfermer avec notre professeur principal, qui avait passé tout ce temps a déblatérer d'une voix monotone tout le règlement intérieur du lycée, tout ce qu'il n'accepterait pas dans sa classe, la lecture de nos emplois du temps, puis la présentation de la matière qu'il enseignait et les différents chapitres que nous verrions au fil de l'année. Ça avait été la matinée la plus longue de toute mon existence.

Alice acquiesça, et pressa encore le pas. Désormais libres, nous nous dirigions avec enthousiasme vers la cafétéria. Après une attente interminable pour récupérer nos plateaux et nos plats, nous pénétrâmes dans la salle bondée d'élèves surexcités. La plupart des tables étaient déjà pleines. Tout au fond, Léo s'était levé et nous faisait de grands signes. Nous le rejoignîmes, laborieusement. Il avait réussi à garder une table de quatre entière. Je posais mon plateau sur la table collante et me laissait tomber sur une chaise. Les assiettes qui nous avaient été servies étaient très peu appétissantes, mais je mourrais de faim, alors que je n'hésitais pas très longtemps avant de commencer à manger.

-Des carafes en plastiques sérieux ? s'indigna Alice.

-Bah, ça sera moins grave si on s'en prend une sur la tête, ria Léo.

Soudainement également assoiffée, je me proposais pour aller remplir cette carafe si problématique. Je me levais en empoignant le récipient, et reculait ma chaise, un peu trop vite, qui alla buter sur quelqu'un. Je me tournais, et me retrouvais à mon grand désarroi devant quelqu'un de grand. De très, très grand. Un terminal à voir son visage, qui avait tout de celui d'un adulte. Ce type-là devait avoir redoubler quelques fois tellement il n'avait pas l'air à sa place ici. Il me toisait méchamment.

-Désoler, m'excusais-je.

-Désoler ? Tu peux l'être désoler, il t'a pris quoi là ? répondit-il sur un ton presque agressif.

-Excuse-moi, je ne t'avais pas vu.

-Tu m'avais pas vu ? rit-il. Elle est bonne celle-là ! Tu m'avais pas vu !

-Non, bafouillais-je. Je n'ai pas fait attention, je ne t'ai pas vu.

Lui approchais encore, toujours plus menaçant. Désormais, il n'avait plus l'air de rire du tout. Mon premier jour au lycée, et je m'attirais déjà des problèmes avec un Terminal deux fois plus imposant que moi. Ce ne serait peut-être pas une bonne idée de commencer à boxer au beau milieu de la cafétéria dès mon premier jour.

-Hey, Tyler ! dit quelqu'un derrière moi.

Lycia apparue à coter de moi, et glissa un bras sur mes épaules. Je cru voir d'autres personnes derrière, mais ne me tournais pas pour vérifier. Le géant avait reculé d'un tout petit pas.

-Tu t'attaque aux secondes maintenant ? Je sais que t'es complexer, mais là tu tombe bien bas mon vieux.

Ce fut son tour a lui de bafouiller. Avait-il peur de Lycia ? Elle pouvait certes être impressionnante, avec son septum et la cicatrice sur sa lèvre que je ne remarquais que maintenant, mais pour quelqu'un comme moi, ou pour un enfant, pas pour quelqu'un comme ce Tyler. Savait-il quelque chose ? J'en doutait. Peut-être lui avait-il chercher des problèmes une année précédente sans penser qu'elle n'hésiterait pas à répondre. Je n'aimerais pas avoir à me battre avec Lycia.

-Je suis sûre que tu as mieux à faire ailleurs Tyler, n'est-ce pas ?

Le bonhomme parut soudain très soucieux de s'éloigner, et partit sans demander son reste. Lycia me pris la carafe des mains, et s'éloigna vers la petite fontaine à eau que j'avais aperçue en entrant. Je la suivis, bien que ça n'est peut-être pas été la peine.

-Merci Lycia, je ne sais pas trop ce que j'aurais fait si tu ne m'avais pas aidé.

-Tu rigole ? Moi je vais te dire ce que tu aurais fait, répondit-elle en me regardant droit dans les yeux tout en remplissant le bro. Tu te serais battue comme tu le fais si bien. Tu l'aurais envoyé au tapis, et il aurait été peu probable qui que ce soit rapporte quoi que ce soit. Au pire ça aurait pu atteindre la CPE, mais c'est lui qui aurait pris. Il cherche tout le temps des noises à tout le monde, donc tout le monde sait que si quelqu'un s'en prend à Tyler, c'est forcément de la défense.

Elle éteignit l'eau, et me tendit la carafe pleine.

-Mais il t'embêtera plus maintenant, t'en fait pas. Ça va ta rentrée sinon ?

-Tu parle, j'ai jamais rien vécu d'aussi chiant.

Nous rîmes encore quelques instants, puis je retournais à ma table où Alice et Léo m'attendaient avec de grands yeux ronds.

-C'était qui cette meuf trop badasse au juste ?

-Lycia, elle fait partie du groupe d'Harvey, répondis-je.

-Quelqu'un peut m'expliquer pourquoi tout ce groupe a autant de charisme ? C'est quoi leur secret au juste ?

Je souriais intérieurement. Je doutais sérieusement qu'Alice soit ravie d'apprendre quel était leur secret. 

le voile obscureDes histoires addictives. Découvrez maintenant