Chapitre 22

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Le mercredi, la matinée était libre : aucune obligation, aucun entrainement. Je pensais pouvoir faire la grasse matinée, mais c'était sans compter sur Harvey. A huit heures tapantes, il était penché au-dessus de moi, occupé à me secouer jusqu'à ce que j'accepte d'ouvrir les yeux.

-Tu veux tout comprendre oui ou non ? demanda-t-il.

-Oui, bien sûr, dans cinq minutes, laisse-moi encore cinq minutes, répondis-je, en me tournant sur le coter avant de refermer les yeux.

-Dépêche-toi de te lever et de t'habiller ou je te jette dehors comme ça, menaça-t-il.

-Tu peux pas.

-Ho si je peux, j'avais pas l'intention de te l'apprendre comme ça, mais si tu y tient tant...commença Harvey en essayant de m'attraper.

Alors je me levais, contre mon gré, le poussait en dehors de ma chambre, et m'habillais.

Je le retrouvais, déjà dehors. Il me fit un signe de tête pour me dire de le suivre, et se mit en marche, exactement sur le même chemin que les jours précédents. Cependant au bout d'un dizaine de minutes, il sortit du chemin, et entra dans les bois, hors sentier.

-Regarde où tu mets les pieds, dit-il.

Il m'emmena ainsi jusque dans une petite clairière. Là, il s'arrêta, et commença par me faire un exposé sur les vampires.

-Pour commencer, les vampires sont extrêmement rapides. Tu vois l'arbre là-bas ? demanda-t-il en pointant le fond de la clairière, cent mètres plus loin.

Lorsque je hochais la tête, il me commanda de bien regarder, et soudain, il avait disparu. Et l'instant d'après, en un cout de vent, il était à nouveau devant moi. Je n'avais rien vu, ni au moment où il était parti, ni près de l'arbre qu'il avait pointé, ni sur aucune parcelle de la clairière.

S'il remarqua la surprise sur mon visage, il n'y fit pas attention et continua.

-Nous avons aussi une très grande force.

Il se tourna alors vers un gros rocher quelques pas plus loin, plus haut qu'un humain. Il disparut à nouveau, et réapparu devant la pierre. Il se pencha pour en attraper la base, et le souleva dans les aires sans le moindre effort. D'une main, il le jeta plus loin, et reviens à nouveau.

-Et la troisième chose, c'est que si je te touche, je peux bloquer l'entièreté de tes mouvements. Nous n'avons droit d'utiliser ce pouvoir qu'en cas d'extrême nécessité, et je ne te ferais voir que si tu es d'accord, mais il est important que tu sache que certains vampires ne respectent pas toujours cette règle. Quand tu te bas contre un vampire, il faut surtout ne jamais le laisser te toucher.

Je lui tendis ma main pour qu'il puisse me montrer cet étrange pouvoir, et lorsqu'il posa sa main sur la mienne, je perdis tout contrôle de mes membres. Peu importe combien je m'efforçais de bouger, plus aucune partie de mon corps ne m'obéissait, pas même mes paupières. Alors que mes yeux commençaient à me piquoter, Harvey retira sa main, et le contrôle me revient immédiatement.

-Des questions ? demanda-t-il

-Hmm, si ce n'est pas indiscret, où est ce que tu trouves le...le sang ? J'ai lu le premier jour que vous ne deviez pas en prendre aux humains sans leur accord, et que vous pouviez vous contentez de celui des animaux. Ça veut dire que tu chasses ?

-Très bonne question. Ici, il n'y a pas vraiment d'animaux, mais il y a des réserves dans les cuisines, il nous suffit d'aller en demander et ils nous du sang en poche, qu'on a le droit de garder dans le réfrigérateur du chalet. Le reste de l'année, je chasse au moins une fois par semaine, oui. Les fois où je ne peux pas chasser, pour une raison quelconque, je peux demander du sang a une personne de mon groupe. En général c'est Aésia qui me donne un peu du siens. Autre chose ?

-Non, c'est bon, je crois, répondis-je.

-Ok, je te ramène à Jeremy alors, c'est son tour. Tu veux essayer quelque chose ? ajouta-t-il après quelques secondes d'hésitations.

-ça dépend...est ce que tu pense a me faire monter sur ton dos et à rentrer en courant ?

Un grand sourire s'étendit sur son visage. Il s'accroupit pour me laisser monter, et s'assurait que je me tenais bien, avant de foncer. Le paysage défilait tellement vite que je ne voyais rien. Tout était flou, je pouvais seulement apercevoir le vert des arbres, puis le marron clair des sentiers de sable sous les pieds de mon ami. En quelques secondes seulement nous étions arrivés au chalet.

Je me laissais clisser à terre en riant.

-T'as un nouveau taxi ? plaisanta Jeremy, qui nous attendait sur le pas de la porte.

-Ouais, t'as vu ça ? Il va pouvoir m'emmener en cours a chaque fois que je suis en retard, répondit-je.

-Formule pas ça comme si ça allait être quelque chose de rare. On sait très bien tout les deux que t'es en retard tous les jours, contra Harvey.

Je lui tapais l'épaule et me dirigeais vers Jeremy.

-Bon, tu m'emmène où toi ? demandais-je.

-En fait, nulle part. Les sirènes sont beaucoup moins compliquées que les vampires, tu vas pas avoir besoin de démonstration.

Il me tira jusque dans le salon, et se laissa tomber dans le canapé, avant de tendre sa main dans ma direction. Je lui jetais un regard septique, avant de me concentrer sur sa paume. Je ne l'avais jamais remarqué avant, mais ses mains étaient palmée. Une fine couche de peau reliait ses doigts entre eux.

-ça marche comme des palmes, ça nous permet d'avancer plus vite sous l'eau.

-Okay, et c'est tout ? je veux dire, les sirènes sont basiquement des humains avec une excroissance de peau ?

-Ouais, c'est ça. En fait, il n'y a même pas de preuve que les sirènes viennent vraiment de l'autre Dimension. Contrairement aux sentinelles, on a toujours plus ou moins été là, donc rien ne relate notre création et notre apparition des siècles après la déchirure. Mais rien ne dit non plus qu'on est pas simplement très rapidement apparu par alliance entre humains et surnaturels. Certaines théories disent que les sirènes proviennent d'un croisement entre un humain et un métamorphe avec un animal de prédilection aquatique. Le problème avec cette théorie, c'est que c'est très rare, presque personne ne nait d'un métamorphe spécifiquement aquatique, il en existe pas énormément, et certainement pas assez pour le nombre de sirène existante. Regarde, mes deux parents sont totalement humains.

Le midi, Luis me fit à son tour sa démonstration, en changeant son verre d'eau en libellule. Il m'expliqua qu'avec ces formules, qu'il apprenait depuis ses cinq ans, et qu'il continuait de travailler chaque jour, il pouvait exorciser les humains et surnaturels pris pour cible par un esprit démoniaque. Il pouvait également donner le repos aux fantômes : c'est ce qu'il avait fait avec la femme du parc abandonné.

Aésia fut moins directe, et se contenta de se transformer en chat sous mes yeux durant l'après-midi, au beau milieu de la séance d'étude. 

le voile obscureOù les histoires vivent. Découvrez maintenant