Chapitre 41

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Finalement, cette première journée a la lenteur remarquable daigna se terminer. Le ciel, dégagé toute la journée, commençait à se couvrir de nuages blancs grisâtres. Je marchais seule le long du petit trottoir. J'avais partagé le début du chemin avec de nombreux autres élèves, qui s'étaient désormais dispersés dans la ville. Alice et Léo étaient rentrer en bus. Une simple journée au lycée m'avait fatiguée davantage qu'une journée au camp. Mentalement du moins, car mon corps entier transpirait l'envie d'aller me défouler. Nous avions passé l'après-midi à rencontrer certains de nos professeurs pour avoir un aperçu de ce à quoi ressemblerait l'année.

Sans réellement y penser, j'arrivais devant chez moi, et rentrait. Je me ressaisissais avant de pénétrer dans la cuisine où je savais que ma mère et mon beau père m'attendrait.

-Neiyla ! s'écria Maman comme si j'étais partie depuis des mois sans prévenir et qu'elle me retrouvait enfin.

Elle avait été inquiète de me laisser partir en colonie de vacances, mais elle montrait plus d'enthousiasme pour mon retour du lycée que pour mon retour de vacances. Je ne comprendrais jamais comment fonctionnait le cerveau de cette femme.

-Coucou Maman, saluais-je. Léon.

-Comment ça s'est passer cette rentrée ? commença-t-elle à l'instant où j'acceptais le muffin qu'elle me proposais.

-Bien, je suppose. C'était aussi nul que le collège, en plus grand.

-Tu es avec Léo et Alice ?

-Juste avec Alice, Léo est dans une autre classe, mais on se verra à toutes les récrés, et toutes nos pauses midi tombent en même temps.

-Bon, c'est déjà ça.

-Tu as rencontrer tes professeurs ? interrogea mon beau père a son tour.

-Pas tous, mais certains oui. Le prof principal est prof d'histoire. On a aussi vu la prof de français, la prof de science, et le prof de sport. Il a évalué nos niveaux aujourd'hui, et il a déjà commencer a essayer de me recruter dans le groupe de l'AS du lycée.

-AS ? c'est quoi déjà ? Il y avait ça aussi au collège je crois, non ?

-Ouais, c'est l'association sportive.

-C'est génial ma belle, je suis sûre que tu vas beaucoup t'amuser dans ce groupe. On leur doit de l'argent pour ton inscription je suppose ?

-Tu leur doit rien du tout, j'ai refusé.

-Comment ça tu as refusé ? Neiyla tu adore le sport, et on sait toutes les deux que tes cours de boxe ne te suffisent pas. Une activité supplémentaire te permettrait peut-être de passer un peu moins de temps sur tes jeux vidéo.

Comment étais-je supposée expliquer à ma mère que je serais maintenant beaucoup plus occupée, grâce aux monstres de la ville que j'allais passer mon année à chasser ? Le lycée, les cours de boxes, les rendez vous de la semaine avec Alice et Léo, les rendez vous mensuels avec mon nouveau groupe, plus les après-midis à la bibliothèque qu'Alice ne manquerait pas d'exiger ; tout cela m'occuperait déjà bien assez, je n'avais pas besoin d'une activité supplémentaire.

-J'ai juste pas envie d'entrer dans un nouveau groupe au niveau barbant, qui va me bouffer mon temps et ton argent. T'en fais pas pour moi, les cours de boxes me suffiront largement cette année.

-Tu dis ça maintenant, mais je suis certaine que tu vas passer tes weekends à t'ennuyer et à jouer à tes jeux violents et inutiles !

-Bien sûr que non, le weekend je vois Alice et Léo, je vais avoir encore plus de devoirs qu'au collège, je devrais probablement aller a la bibliothèque régulièrement, et tu sais depuis cet été je m'entends extrêmement bien avec tous les amis d'Harvey, je suis sûre que j'aurais pleins d'occasions de sortir avec eux.

-Génial, ma fille a prévu de sortir avec ses nouveaux amis pour la plupart majeur, je suis ravie !

Elle commençait à s'énerver sérieusement, et je détestais ça. Elle finissait toujours par se mettre en colère pour des choses futiles qui ne manquaient jamais de m'énerver a mon tour. J'aurais bien aimé ne pas avoir à me disputer avec ma mère après mon premier jour épuisant au lycée.

-C'est pas comme s'ils allaient m'emmener en boite maman ! Et ils sont même pas si vieux que ça je te signal, aucun d'entre eux n'a encore vingt ans, c'est pas comme si je passais mon temps avec des inconnus deux fois plus vieux que moi non plus.

Elle s'accouda sur la table de la cuisine et se frotta les yeux, comme quand elle essayait de se calmer, généralement vainement.

-Neiyla je ne suis pas sûre d'approuver tout ça.

Je la laisser encore penser quelques instants. Ce n'était pas une question qu'elle venait de poser mais une affirmation. Elle n'attendait pas de réponse. Après un moment, elle fini par se redresser. Les mains sur les hanches, le regard entre questionnement et détermination, elle me regardait fixement.

-Je veux que tu t'inscrives à l'AS Neiyla, ça te fera du bien.

-J'ai déjà dit non, et je reviendrais pas dessus. Ça m'intéresse pas et j'ai mieux a faire, ce serait qu'une perte de temps et d'énergie.

Sur ce, je n'attendis pas sa réponse, récupérait mon sac que j'avais poser quelques pas plus loin, et montait à pas lourds jusque dans ma chambre. Là, pour faire bonne mesure, je poussais ma porte suffisamment fort pour que l'on puisse l'entendre d'en bas, sans pour autant la claquer pour ne pas me faire gronder encore plus. J'entendis vaguement que ma mère m'ordonnait de redescendre et qu'elle continuait de s'énerver toute seule, mais je n'y fis pas attention. Qu'elle s'énerve, ça n'était pas mon problème. Je savais en acceptant d'intégrer l'armée de la GSPH que ce genre de chose allaient arriver. Je n'avais désormais ni le temps ni l'énergie de faire plus que ce que je ne faisais avant, et je ne pourrais jamais l'expliquer à mes proches. J'avais été préparer à ça, je savais que ça allait arriver à un moment ou a un autre. J'espérais que ma mère finirait par accepter mon refus et de s'en contenter, car si n'était pas le cas, il faudrait qu'elle dépense de l'argent inutile et que je présente me rendre aux activités de l'AS régulièrement. Je ne m'y rendrais jamais, évidement, mais il faudrait prétendre.

Je la laissais continuer à s'énerver seule. Lors de ce genre de scénario, elle savait que je ne risquais pas de ressortir de ma chambre avant plusieurs heures. J'avais donc du temps devant moi. Je jetais sur mon épaule mon sac de sport, préparer le matin même, et descendis par ma fenêtre sans prendre le temps de prévenir qui que ce soit. Avec un peu de chance, maman ne se rendrait même pas compte que j'étais sortie. Et si la chance n'était pas avec moi, elle saurait où je m'étais réfugier. Un lundi soir, je ne pouvais être nulle part d'autre qu'au gymnase.

J'avais eu beau me plaindre de devoir aller courir à sept heures du matin pendant deux mois, tout compte fait ce n'était pas si mal.

Mon cerveau semblait vouloir déborder. J'étais épuisée mentalement, mon corps ne demandait rien d'autre que de se défouler. J'avais besoin de mouvement. Avant même de m'en rendre compte, je courrais. J'avais toujours eu un bon cardio, mais les courses au camp avaient décidément été très bénéfiques. Lorsque j'arrivais devant le gymnase, je n'étais même pas essoufflée.

La salle de boxe était encore vide : comme souvent, j'étais la première à arriver. J'en profitais pour défouler mes nerfs. Maintenant que mon niveau avait été considérablement augmenter grâce aux robots de combat de la GSPH, je ne doutais pas un instant de l'ennuie auquel j'allais me confronter aux cours de boxes de la ville. Mes mouvements étaient fluides, rapides, implacables, deux fois plus puissants qu'avant. Je me réjouie de voir la différence. Je savais que je m'étais améliorer ces deux derniers mois, mais je n'avais pas eu l'occasion de me confronter à un sac de sac depuis. Je n'avais utilisé que les robots là-bas, et me retrouver a nouveau face à un punching ball fit prendre conscience des progrès manifestes dont j'avais fait preuve.

Serait-ce suffisant si je venais a devoir affronter quelqu'un -ou quelque chose- à main nues ? 

le voile obscureOù les histoires vivent. Découvrez maintenant