Chapitre 44

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Retourner réviser à la médiathèque me rappela les après-midis au camp, dans la bibliothèque aux interminables étagères. Me revinrent chaque ouvrage que j'avais ouvert et étudier. Je revis chacun des textes, repassais dans ma mémoire tout ce que j'avais appris dans les moindres détails.

-Neiyla, t'es avec nous ou pas ? Interrogea Alice me sortant de mes souvenirs. Tu es sur la même double page depuis une heure et t'a pas noté un seul mot.

Difficile de me concentrer sur la Grèce antique quand mon cerveau était accaparé de leçons à propos de comment sont juger les êtres surnaturels.

-T'as l'air vachement crevée ces derniers temps, t'es sûre que ça va ? Demanda Téo.

-Oui ça va, je dors juste pas assez.

Explication pas tout à fait fausse, mais loin d'être complète. Je doutais que mes meilleurs amis auraient apprécier apprendre que je passais autant de mon temps libre que je pouvais décemment utiliser sans alerter mes parents à sillonner « ma partie » de la ville, a la recherche de monstres semant le chaos a l'insu des humains.

A la place, je me contentais de me lever, prétextant que mon manuel ne me suffisait pas pour ce devoir, et fis mine de partir à la recherche d'ouvrages portant sur l'architecture des villes gréco-romaines.

J'explorais les rayons avec une lenteur délibérée, laissant mes doigts glisser sur les ouvrages.

Pour faire bonne mesure, je fini par héler une bibliothécaire pour lui faire part de ma recherche.

-Je vais regarder ce qu'on a, mais je ne peux rien te garantir. Normalement on a plusieurs manuels et documentaires sur le sujet, mais nos livres n'arrêtent pas de disparaitre. De ceux qui n'ont pas été emprunter s'entend. Un jour ils sont là et le lendemain ils ne le sont plus. C'est certainement un voleur, mais les caméras ne montrent rien. C'est comme s'ils se volatilisaient.

Des objets envolés ? Pas la moindre trace du méfait ? Etais-ce là l'œuvre d'un gobelin ? Ils avaient plutôt tendance à mettre la pagaille et à laisser de nombreuses traces de leur passage, bien que rarement de celles que l'on peut voir par les caméras. Le bazar manquait, mais les gobelins étaient tout de même connus pour le vol.

-Tiens, tu as de la chance, il nous en reste un, dit la bibliothécaire en me tendant un petit documentaire. Ça te suffira ?

-Oui, merci, c'est parfait, répondis-je d'une voix distraite.

Je ne pourrais pas appeler mes amis sans attirer l'attention d'Alice et de Téo, et nous ne pourrions pas agir avec tous les témoins présents dans la bibliothèque.

Je m'installais à nouveau à ma table, face à mes amis qui ne semblèrent pas remarquer a quel point j'étais distraite, et ouvris mon nouvel outil de travail. Je me concentrais tant bien que mal sur ce sujet qui m'ennuyais terriblement, espérant que cela ferait passer le temps plus vite.

La bibliothèque fermait à dix-neuf heures. Alice ne partirait probablement pas avant dix-huit heures, et Téo suivrait. J'attendrais alors quelques heures que mes amis partent, puis j'appellerais des renforts. Le temps d'établir un plan, la bibliothèque fermerait ses portes, et nous pourrions agir à notre guise. Il me faudrait également penser à une excuse pour ma mère, sans quoi elle me reprocherait d'être rentrée trop tard.

Après ce qui me parut être une éternité, et trois pages de rédaction dont j'étais plutôt fière, Alice referma son manuel et s'étira dans un grand bâillement.

-C'est bon pour moi, dit-elle. Je vais rentrer. Vous en êtes où ?

-Je n'ai pas encore fini mais ça suffira pour aujourd'hui, annonça Téo en rangeant ses affaires à son tour.

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