-Dit. Lançais-je a Luis au beau milieu de notre petit déjeuné le jour suivant.
-Hmm ? répondit-il.
-C'est quoi exactement un cours d'épée ? demandais-je.
-Ho, tu l'as aujourd'hui. Humm, comment expliquer ça ? Commença-t-il d'une voix timide. C'est le cours le plus important, mais en fait on dit « cours d'épée » pour généraliser, en vrai c'est plus varier que ça. Tu as dû remarquer sur ton emploi du temps que t'as deux jours du sport que tu as choisi, deux jours de « cours d'épée », un jour de muscu et deux jours de repos.
-Oui, confirmais-je.
-Voilà, c'est comme ça pour tout le monde. En fait en « cours d'épée » tu vas apprendre le maniement des armes. Epée évidement, mais aussi arc, jeter de couteaux, de hache, et quelques fois aussi combat direct à la dague, en situation réelle on peut pas toujours avoir d'épée, c'est pas vraiment discret, donc il nous arrive d'avoir besoin d'armes plus petite. Lycia s'est battu avec un couteau à beurre une fois.
-Avec un couteau a beurre ?!
-Ouais, répondit-il en riant.
-Bonjour tout le monde ! cria la maitresse d'arme.
Je m'attendais à voir quelqu'un de plus ou moins semblable au coach Rize : plutôt imposant, avec une très forte présence, qui avait une tête à se battre régulièrement. Mais la femme qui apparut était bien différente de cela. Elle était plutôt petite, avec de longs cheveux blonds, et un tout petit visage aux traits fins. Cependant, il suffisait de l'observer davantage pour deviner qu'elle était loin d'être aussi fragile qu'elle en avait l'air. Ses yeux brillaient de combativité, ses pieds étaient parfaitement encrés dans le sol, comme si elle s'attendait à ce que quelque tente de la plaquer au sol à chacun de ses pas. Une longue cicatrice courrait le long de son bras gauche, et ses doigts étaient ceux de quelqu'un qui maniait les armes. Quelque chose me disait que ce n'était pas le genre de femme à embêter.
Elle fit tomber de son dos un énorme sac et en sortit une dizaine d'épée. La plupart étaient en bois, mais d'autres, rangées dans de grands fourreaux, semblaient vraies.
La jeune femme commença par faire trois groupes de deux avec certains de ses anciens élèves, et donna à quatre d'entre eux les véritables épées, et celles en bois aux deux derniers. Puis elle se tourna vers moi et les trois autres.
-Bien, je suppose que vous n'avez jamais tenu d'épée, mais je crois savoir que certains d'entre vous sont sentinelles, et ont donc des prédispositions.
Elle nous tendit chacun une épée de bois et nous demanda de nous « mettre en position ». Incertaine de cela voulait dire, je pivotais simplement mon pied gauche, avançais le droit, plaçais mes deux mains sur la garde, et levais maladroitement l'épée devant moi.
La maitresse d'arme vient observer nos positions une par une, et nous eûmes tous droit à un commentaire. Elle n'hésitait pas à dire ce qui n'allais pas, mais relevais aussi quelques points positifs.
Quand ce fut mon tour, elle commença par m'observer sous toutes les coutures. Puis elle exerça une pression contre mes épaules, et finalement recula de quelques pas pour m'observer à nouveau.
-Bien, je vois que le rapport d'Annie est exact. Tu n'as aucune idée de comment tenir une arme, et je ne parierais certainement pas sur toi si tu devais te retrouver dans un combat armé. Il va falloir commencer aux bases, et ça va être long. Très long. Mais au moins, tes appuis sont parfaits, et ta poigne est ferme, il ne serait pas facile de te désarmer sans avoir quelques connaissances sur le sujet.
Après ce commentaire, elle se repositionna face à nous quatre, et elle prit une épée de bois à son tour. Elle nous dit de bien regarder ses gestes, et elle se positionna de façon optimale. Je réajustais mes jambes, décalais légèrement mon coude droit vers l'extérieur, et baissais mon épée d'une vingtaine de centimètres. Elle vint nous observer à nouveau, et se contenta de réajuster mon poignet avant de hocher la tête.
Elle était en train de nous montrer les gestes les plus simples et les plus utile -en clair, les basiques-, lorsque l'une des filles qui s'entrainait a coter émis un petit cri.
C'était l'une des combattantes que la maitresse d'arme avait placer avec une autre fille, l'air légèrement plus âgée. Elle se battaient tranquillement (si on pouvait appeler un combat d'épée « tranquille ») depuis le début du cours, et personne n'y avait fait attention, mais depuis quelques minutes, le bruit de leurs épées s'étaient fait de plus en plus virulent. Désormais, elles semblaient déchainer. Elles ne semblaient même plus s'entrainer. Non. Elles se battaient.
Celle qui avait crié avait une entaille à l'épaule, et un petit filet de sang coulais le long de son bras. Mais elle n'avait pas cessé de parer les violents coups de son adversaire, et se mouvais comme si ce n'était rien qu'une égratignure.
La maitresse d'arme se précipita vers le binôme, et commença par se placer sur le coter, les bras lever en croix, en leur criant de s'arrêter. Voyant que cela ne suffisait pas, elle fit demi-tour et attrapa une espèce de planche en bois recouverte de mousse, qu'elle vient placer entre les deux combattantes, de manière à ce qu'elles ne puissent plus s'atteindre.
-Mais qu'est-ce qui vous prend bon sang ?! demanda la jeune femme. Je pensais que cette année de séparation aurait suffi à vous calmer, mais je vois que ce n'est qu'encore pire que les années précédentes.
-Cette pétasse m'a provoquée, elle a tenté un coup interdit ! dit l'une.
-Tu parle, c'était une feinte parfaitement banale, je n'ai pas approché ton visage ! répondit l'autre.
-Ho non, c'est vrai, tu n'as pas essayé de me crever les yeux, juste de me trancher la jugulaire ! ajouta la première avec ironie.
-STOP ! Ça suffit, interrompit la maitresse d'arme.
Elle tourna la tête vers nous et dit :
-Le cours est terminé pour aujourd'hui, retournez à vos chalets. Vous deux, posez vos épées et suivez-moi, la directrice va entendre parler de votre comportement. Personne n'a rien dit jusque-là, mais maintenant c'en ai trop !
Assise sur le canapé, dans le salon, je zappais les chaines sur la télé, sans même y faire vraiment attention. Je crois que j'avais sous-estimé ma compréhension et mon acceptation de ces histoires de surnaturel. Les filles du cours d'épée s'étaient battues plus rudement que je ne le pensais possibles. Elles étaient extrêmement rapides, et les coups avaient eu l'air vraiment violents. Pourtant, elles n'avaient pas réellement usé du moindre pouvoir surnaturel. Je n'avais encore rien vu, et j'étais pourtant déjà surprise. Est-ce que je pouvais être simplement rester dans le déni et avoir pris ma compréhension pour acquise ?
Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit, et Lycia entra. Son débardeur lui collait à la peau, tandis que son visage ruisselait de sueur.
-J'ai entendu dire que deux des filles de ton cours se sont battues ? demanda-t-elle.
-Ouais, c'était plutôt impressionnant, répondit-je vaguement, la tête toujours occupée par mes questions.
Lycia alla dans sa chambre. En en ressortant quelques minutes plus tard, elle s'arrêta juste devant la porte de la salle de bain et dit :
-Qu'est ce qui te tracasse ?
Est-ce que mon inquiétude était si évidente que ça ?
-Rien de très important, je crois que j'ai juste un peu surestimé la tranquillité avec laquelle j'ai pris l'existence des surnaturels.
-Tu ne crois pas que tu sois sentinelle ? demanda-t-elle.
-Non, c'est pas ça, j'ai douter un moment, mais je crois que Harvey et Annie ont raison. C'est juste d'avoir vu ces deux filles se battre tout a l'heure. Je réalise que je ne sais rien, et je crois que ça me fait peur.
-Hoooo, fit-elle. Je comprends. Est-ce que tu veux que je voie avec les autres pour qu'on te montre tout un par un ? Ça pourrait t'aider de voir en te sachant en sécurité ?
-Vous pourriez faire ça ?
-Bien sûr ! affirma-t-elle.
-Merci Lycia.
-C'est normal. J'en parlerais à Harvey ce soir.
VOUS LISEZ
le voile obscure
ParanormalNaiya est une jeune adolescente, tout juste sortie du collège, dont la vie va basculer du jour au lendemain, et ce, a cause d'un simple voyage avec des amis. Elle va devoir apprendre a se battre pour défendre les humains, inconscients du danger qui...
