-Bon sang, ce que c'était barbant ! S'époumonna Alice.
-Tu utilise le mot « barbant » toi maintenant ? s'étonna Téo.
Après une journée interminable, nous sortions tout juste de notre dernier cours, un cours de maths sans queue ni tête. Téo nous avait rejoint quelques instants plus tôt sur le chemin vers le portail du lycée, et Alice n'avait cesser de se plaindre depuis.
J'hésitais entre trainer des pieds au ralentis pour rentrer le plus tard possible et gagner ne serait-ce que quelques minutes avant de me voir enfermer chez moi jusqu'au lendemain, ou me dépêcher pour éviter tout reproche possible. J'étais privée de sortie, mais ma punition en restait là. Ainsi je ne pouvais pas voir mes nouveaux amis, mais je pouvais toujours trouver d'autres façon de passer du temps avec eux. Après une intense réflexion, j'avais admis que rien ne m'empêchait d'appeler qui que ce soit, et qu'il serait facile d'effectuer quelques parties d'un jeu vidéo quelconque avec Jeremy. Celui-ci avait été très enthousiaste en acceptant ma proposition.
Devant le lycée, j'eu la surprise de trouver Lycia. Je ne l'avais pas croisée autour de l'établissement depuis un moment. Elle n'avait pas l'air au meilleur de sa forme : appuyée contre un mur comme si elle ne pouvait pas tenir debout d'elle-même, elle avait la tête basse et les yeux fermés, soulignés de cernes violettes.
-Tout va bien ? questionnais-je.
-Ho salut Neiyla. Ouais ça va, juste une mauvaise migraine, et des profs gueulards qui aident pas du tout.
-Je te proposerais bien de te raccompagner mais si je rentre pas assez vite ma mère risque de me séquestrer à vie.
-T'en fais pas, ris-elle. Tes parents te laisseront sortir pour Halloween tu crois ?
-J'espère. Je ne pense pas que la punition soit valable le soir d'Halloween, ma mère sait que c'est mon jour préféré, et en plus ce sera les vacances, mais on sait jamais. Je me débrouillerais pour venir dans tous les cas, mais ne vous étonnez pas si je suis en retard.
Nous ne discutions pas plus longtemps, et je me dépêchais de rentrer. Plus je me montrerais irréprochable plus j'aurais de chance de pouvoir jouer ce soir.
Lorsque j'arrivais chez moi, ma mère me demanda comme tous les soirs précédents ce que j'allais faire de ma soirée. J'avais espéré y échapper ce soir-là.
-J'ai fini mes devoirs de la semaine hier et j'ai fais ce midi ceux qu'on nous a donner aujourd'hui, donc je pensais jouer un peu aux jeux vidéo. J'ai trouvé un ami qui veut bien jouer avec moi tout a l'heure.
-Neiyla chérie, je t'ai privée de sortie pour que tu puisses te concentrer sur le lycée d'accord ? dit-elle. On ne va pas ajouter de distraction supplémentaire.
-Mais j'ai fini mes devoirs, insistais-je.
-Je ne veux pas le savoir. Tu as forcément des choses à réviser. Pas de jeux-vidéos. Ce sont des jeux stupides et violents qui te distraient et dérange ton sommeil autant, si ce n'est plus, qu'Harvey et ses amis. D'ailleurs descend mo ton ordinateur, que je sois sûre que tu ne me désobéis pas.
-Mais maman... ! protestais-je.
-Ne fais pas de caprice s'il te plait. Descends-moi ton ordinateur et va faire quelque chose d'utile, comme réviser tes cours.
-Victoria mon amour, tu ne crois pas que tu exagère ? intervint mon beau-père. Neiyla a été irréprochable ces dernières semaines. Et elle travaille depuis huit heures ce matin, il est déjà dix-sept heures passées et elle vient tout juste de rentrer. Tu devrais la laisser s'amuser un peu, elle révisera plus tard. Elle t'a dit qu'elle a fait tous ses devoirs de la semaine, et...
-Ne prend pas son parti s'il te plait, le coupa ma mère. Neiyla fait ce que je te dis je te pris.
-Tu exagères, contra Léon. J'ai rarement vu une adolescente qui accepte et respecte aussi facilement une punition. Elle a passé sa journée au lycée, elle peut bien respirer une petite heure, non ?
-J'exagère ?! Comment peux-tu dire une chose pareille ?
Le ton commençait à monter, la situation n'allait pas tarder à dégénérer.
-Ne vous disputez pas, dis-je. Je vais descendre mon ordi, je n'aurais cas jouer ce weekend.
-Garde ton ordi ma grande, ta mère n'a pas le droit de te l'interdire, répondit Léon.
-Pardon ?! Mais qu'est ce qui te prend Léon, je suis sa mère, et elle va m'obéir !
Ne voulant pas en entendre plus, je sortis de la pièce et montais les escaliers. Une fois dans ma chambre je déposais mon ordinateur dans le couloir, avant de fermer ma porte. D'ici encore, je les entendais se disputer, à propos du juste ou de l'injuste, de qui était mon parent et de qui ne l'étais pas.
J'avais très peu de souvenir de mon véritable père, décédé quand j'avais cinq ans, mais parfois, il me manquait. Je n'avais de lui qu'une impression extrêmement positive. Rien ne venait entacher le vague souvenir que j'avais de lui. Je ne me souvenais que de joie, de la joie qui débordait de partout. Aucune dispute ne venait jamais rien entacher. Léon était un très bon beau-père, je n'avais rien à lui reprocher. Il me traitait comme sa propre fille, et je le considérait presque comme mon père, mais lui se disputait régulièrement avec ma mère. Pas quotidiennement, mais ce n'était pas chose rare non plus.
Je pris des écouteurs dans mon sac, puis les enfonçaient dans mes oreilles avant de monter le son jusqu'à ne plus entendre la rumeur sourde des voix au rez-de-chaussée. J'envoyais un message à Jeremy pour le prévenir que je ne pourrais pas jouer ce soir, et pris sur mon bureau un livre du lycée dont je procrastinais la lecture depuis un peu trop longtemps.
Je m'étalais sur mon lit et ouvris le petit ouvrage. Que je reposais tout aussi vite. Les mots dansaient sous mes yeux. Je n'arrivais pas à rester concentrée plus de quelques pauvres secondes, et les phrases longues de cinq lignes chacune n'avaient aucun sens.
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le voile obscure
ParanormalNeiyla est une jeune adolescente, tout juste sortie du collège, dont la vie va basculer du jour au lendemain, et ce, a cause d'un simple voyage avec des amis. Elle va devoir apprendre a se battre pour défendre les humains, inconscients du danger qu...
