CHAPITRE . 25 : ELLE .

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Les bougies scintillent autour de la table comme pour m'éclairer tout ce que je ne veux pas voir.
Et moi j'étais là les ongles plantés dans la chair de ma cuisse sous la nappe à tenter de me retenir de tout envoyer valser.

À ma gauche le parents de Trenton évoquait un futur voyage d'affaires à Singapour.
À ma droite, la femme brune et élancée qui s'avère être Margaret St Pierre la mère de Barth vantait l'essor de la filiale parisienne comme on parle d'un enfant surdoué mais personne ne parlait vraiment.
Ils récitaient leurs bulletins de réussite et échangeaient des trophées verbaux.

J'étais assise en face de Millicent et Trenton .
Tandis que mon père se tenait au centre Bennett à sa droite et ma mère à sa gauche .
À l'autre bout de la table il y'avait Le père de Stasia, sa mère Margaret puis Barth .
Puis de l'autre côté les parents de Trenton et Stasia.

Cole se tenait à ma droite il était silencieux et avait un petit pli entre les sourcils mais il tentait de jouer le jeu.

Mon père discute encore avec Bennett au bout de la table.
Ils parlent d'accords bancaires, de chiffres et des millions comme si rien d'autre n'existait.

Et puis y'a Trenton.
Assis droit comme un premier de la classe, sa main sur la cuisse de Millicent.
Il la regarde comme... il me regardait.
Comme dans mes foutus souvenirs.
Il boit dans son verre elle se penche lui murmure un truc à l'oreille et j'ai envie de lui lancer mon couteau à la gorge.

Sous ses airs de boucles d'or cette pétasse avait de l'audace .

Les parents de Stasia discutait avec la mère de Barth et ma mère s'esclaffait trop fort.
Elle parlait à Stasia de robes et de je-ne-sais-quoi et ma meilleure amie lui répondait avec son sourire mi-exaspéré mi-hypnotisé par le vin.

Elle me jette un coup d'œil complice du genre tiens bon bichette et je réponds d'un haussement de sourcil tout aussi silencieux .
Je suis à deux doigts d'exploser.

— Jewel chérie, tu n'as presque pas touché à ton assiette, s'enquiert ma mère la voix trop mielleuse .

Elle était pompette.

Je relève la tête lentement.

— C'est juste que j'ai du mal à avaler tout ce qui se passe ce soir. Je chuchote pour quelle seule m'entende mais les autres près de moi ont entendus aussi .

Un silence s'ensuit, léger mais bien là.
Cole baisse brièvement les yeux.
Trenton évite les miens et Millicent fronce les sourcils mais garde sa pose de petite-amie parfaite.
Et moi je prend une nouvelle gorgée .
L'amertume du vin me griffe la gorge.
J'en ai besoin pour survivre à tout ça.

Le serveur passe entre les chaises, ressert du vin et soulève des plats argentés comme s'il servait un roi. Ça me donne la nausée et j'essaie de ne pas fixer la main de Trenton sur Millicent.

Il n'y a que Barth qui a l'air heureux.
Il découpe sa dinde avec nonchalance et me lance des regards de braise en biais auquel je réponds avec un sourire crispé.

Ils sont tous là assis autour de cette table en bois d'ébène, lustrée comme un cercueil alors que je  souris.
Je joue parfaitement la comédie mais à l'intérieur de moi c'est l'apocalypse.
Les parents ne se doutent pas que les jeunes autour de cette table sont à deux doigts de se sauter à la gorge.

Je suis tellement perdue dans mes pensées que je n'entends que trop tard le tintement d'une cuillère contre un verre .

Mon père se lève en maître des lieux et s'éclaircit la gorge.

— Je tiens tout d'abord à vous remercier d'avoir répondu présent ce soir... commence-t-il d'une voix posée et diplomatique . Ce dîner est pour moi bien plus qu'un simple repas c'est une occasion précieuse de rassembler nos familles, de célébrer les liens qui nous unissent et de regarder ensemble vers l'avenir.

THE ANTAGONISTIC BITCHDes histoires addictives. Découvrez maintenant