CHAPITRE . 44 : ELLE .

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Je pousse la porte du magasin une main sur mon caddie et l'autre enfoncée dans la poche de mon manteau.
L'air conditionné me fouette le visage mêlé à cette odeur synthétique de sapin artificiel et de cannelle bon marché qui flotte dans tous les centres commerciaux à cette période de l'année.
Les guirlandes clignotent au-dessus de nos têtes en diffusant cette lumière rouge et dorée un peu trop agressive .

Cole est planté devant moi à l'autre bout du rayon les deux mains posées sur son caddie comme un pilote de course prêt à démarrer.
Il me regarde avec ce sourire en coin qui me donne envie de lui balancer quelque chose à la figure ou de l'embrasser je ne sais plus trop.

Les deux peut-être.

— T'es prête à perdre Vipère ? lance-t-il la voix traînante.

Je relève le menton en agrippant la poignée de mon caddie un peu plus fort.

— C'est toi qui vas pleurer dans vingt minutes.

Il ricane en secouant la tête et je sens ce frisson familier monter le long de mon échine.
Ce con sait exactement comment me faire réagir.

Bon pour remettre les choses dans l'ordre : on est là à cause d'un pari débile.
Après le baiser sur le parking où je sentais encore ses lèvres sur les miennes il m'a emmené devant ce centre commercial et m'a regardée avec un air sérieux .

— On va faire un truc .

— Quoi encore ? J'avais levé les yeux au ciel sentant la connerie .

— Trouvons nous le pire cadeau de Noël possible dans ce magasin.

J'ai cligné des yeux pas sûre d'avoir bien entendu.

— Pardon ?

— Tu m'as entendu. On a une heure. Celui qui trouve le cadeau le plus pourri gagne cinquante balles.

— Et le perdant ? Enfin le gagnant ?

Il a haussé les épaules un sourire canaille aux lèvres puis il a ouvert sa portière et est descendu de la voiture en se dirigeant déjà vers le magasin .

Alors me voilà caddie en main prête à traquer le pire cadeau possible pour gagner cinquante dollars et le droit de me moquer de lui.

Je démarre en trombe mon caddie bringuebalant sur le carrelage j'entends son rire derrière alors qu'il bifurque dans un rayon à gauche et moi je fonce vers le rayon décoration parce que si je connais une chose, c'est que les objets inutiles s'y cachent comme des trésors.

Ma première trouvaille est une boule de Noël en forme de raton laveur avec un bonnet rouge.

C'est moche mais pas assez alors je la repose.

La deuxième, un pull avec un renne dont les yeux bougent quand on incline la tête.
C'est drôle mais pas nul.

Je tourne dans un autre rayon celui des gadgets électroménagers et là je tombe sur une machine à faire des bulles de savon en forme de Père Noël.
Elle est rose et elle fait un bruit de grelot quand on l'allume.
Je la prends la soupèse puis  la repose.

Trop kitsch.

— Déjà des trouvailles ? La voix de Cole résonne derrière moi.

Je me retourne.
Il est là appuyé nonchalamment contre son caddie un objet déjà caché sous un torchon.

— Tu triches .je l'accuse.

— Je ne triche pas . J'ai juste un meilleur œil que toi.

Je lève les yeux au ciel et reprends ma route.
Il me suit quelques secondes puis bifurque vers le rayon bricolage et je le perds de vue.

THE ANTAGONISTIC BITCHDes histoires addictives. Découvrez maintenant