Trois ans plus tard...
Le métro crisse dans un souffle métallique quand les portes s'ouvrent et je me faufile à l'intérieur sans lever les yeux.
Le métro est bondé comme toujours à cette heure-ci. Il est huit heures du matin et tout le monde est debout à cran, les épaules rigides et es yeux rivés sur leurs téléphones.
Je suis debout une main accrochée à la barre au-dessus de ma tête l'autre serrant mon sac contre moi.
Le wagon tangue et les lumières fluorescentes clignotent .
L'air est chargé de cette odeur mélancolique de métro .
Sueur, déodorant bon marché et quelque chose d'indéfinissable qui ressemble à de la lassitude.
Une routine que je connais par cœur maintenant.
New York ne surprend plus.
Elle avale tout.
Les gens, les bruits et les débuts de journée.
Je m'assois près de la vitre et mon reflet se superpose à la ville qui défile.
Je ferme les yeux une seconde et le mouvement, le bruit, cette sensation d'être à la fois seule et entourée.
Mon cerveau en profite pour dériver et pour aller fouiller dans des recoins que je préférerais laisser fermés.
Trois ans.
C'est étrange comme trois ans peuvent paraître à la fois immenses et ridiculement courts.
Quand je suis arrivée à New York je ne connaissais rien de cette ville.
Je me souviens encore de ma première semaine ici.
Du bruit, de la foule et de cette impression permanente d'étouffer .
J'avais l'impression que les immeubles étaient trop hauts, que les rues étaient trop pleines et que tout le monde marchait trop vite mais maintenant je fais partie du décor.
Je prends le métro chaque jour.
Je connais les raccourcis, les cafés qui servent un expression potable, les rues à éviter quand les touristes envahissent Manhattan.
New York a fini par m'adopter.
Le wagon ralentit brusquement et je relève les yeux vers mon reflet dans la vitre.
Je ne ressemble plus à la fille qui est montée dans un avion avec une valise trop lourde et le cœur en morceaux.
Je porte un long manteau noir cintré qui tombe jusqu'à mes genoux et des bottes en cuir impeccables.
Mes cheveux sont attachés en un chignon bas dont quelques mèches se sont échappées pendant le trajet.
Je suis fatiguée comme tout le monde à huit heures du matin.
Quand je suis arrivée ici les choses n'ont pas été simples pour moi.
J'ai quitté une immense maison pour un appartement qui pouvait tenir dans l'ancien dressing de ma mère.
J'ai troqué ma voiture contre le métro.
Les dîners contre les supermarchés ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Et j'appris à compter, à budgétiser et même à travailler jusqu'à l'épuisement quand il le fallait.
Mais je me suis adaptée, je l'ai toujours fait et puis j'aime les belles choses.
Ce n'est pas parce que ma vie a changé que mes goûts ont changé avec elle.
J'ai travaillé assez dur pour me payer mes propres luxes.
Mes propres sacs.
Mes propres chaussures.
Mes propres dîners.
Chaque chose que je possède aujourd'hui je l'ai gagnée à la sueur de mon front.
Cette pensée me fait toujours sourire.
Le wagon continue sa route sous les rues de Manhattan, je connais cette ville comme si elle avait toujours été la mienne.
Et pourtant... il y a des jours où Crimson Bay revient me chercher.
Les gens et la ville ne me manquent pas mais les souvenirs...
Les souvenirs eux mes hantent .
Je repense aux mots de Stasia et G hier soir car oui je parle encore à mes meilleures amies même si la vie vie a cette mauvaise habitude de nous éloigner même lorsque nous faisons tout pour rester proches.
VOUS LISEZ
THE ANTAGONISTIC BITCH
RomansaJewel Mcmillan est riche, belle et c'est la fille la plus populaire de la Parckson Universty. Rien ni personne ne lui résiste jusqu'au jour où son petit ami Trenton, tombe amoureux d'une nouvelle : Millicent Shepard, une boursière sans histoire. Bl...
