À coeur ouvert

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Au même moment
Point de vue de Madou
••

Je tape nerveusement du pied le sol. Je suis perplexe. Je regarde Aïssatou et je me dis qu'elle n'a vraiment pas idée de l'enmmerde dans laquelle elle me met. Si jamais mon père venait à la trouver ici,habillée ainsi, je serai mal barré.

— Oh !? Elle a mis du poison dans son jus !? commente la source de mes problèmes en visionnant la série qui passait à la télé.

Elle suit la série et moi c'est elle que je suis. Je la fixe en me demandant comment je vais faire pour me débarrasser d'elle. Je suis vraiment dans de beaux draps.

Devrais-je lui dire de rentrer ? Non, je ne peux pas. Elle est venue de loin juste pour me voir. Mais donc ? Comment faire ? Quelle stratégie dois-je mettre en place ?

— M*rde, il est entrain de le boire ... dit-elle toujours.

Je manque de rire en l'entendant. L'acteur de la série se fait empoissonné mais moi c'est Goudiaby qui m'empoisonne. Cette fille est pire que le poison, pire qu'un pot de colle, pire que mon ombre lui même. Ki comme dakandé rek.

Ma mère choisit ce moment pour repasser dans le salon. Elle me lance un regard lourd de sens et s'en va en faisant :

— Hun Hun, baxna rek.

Son comportement m'angoisse davantage. Elle me stresse en faisant ce genre de chose. D'ailleurs je mène mes ongles à mes lèvres et les ronge, anxieux.

Soudainement, une idée germe de mon esprit. Pourquoi je n'y ai pas pensé plutôt ? J'aurais dû le faire depuis le début. Et justement ce n'est plus le moment de perdre du temps. Je me lève brusquement et récupère lentement mon téléphone sur la table basse. Curieuse de savoir, Aïssatou me demande :

— Tu vas où ?

Je prend mon air le plus impassible et lui répond :

— Je dois sortir.

— A-Ah bon ? fait-elle en se redressant.

— Ouais, je dis simplement.

Elle prend un instant à réfléchir, semblant se poser des questions. Je l'interrompt :

— Je te raccompagne ?

À cela elle me regarde avec surprise et je soutiens son regard sans ne rien laisser paraître, ne voulant pas lui montrer à quel point je suis gêné de devoir faire ça.

— Biensur, dit-elle finalement.

Elle se lève finalement. Je la devances sans dire un mot de plus. En moins de deux on se retrouve devant la porte. Je l'ouvre et étrangement, je tombe sur quelqu'un sur le pas de la porte. Quelle est ma surprise de reconnaître la personne.

— R-Rougui ? je balbutie.

Elle me regarde puis regarde Aïssatou. Cependant son visage ne trahit aucune émotions. À la place elle nous salut simplement, comme si rien de ce qu'elle voyait ne l'atteignait :

— Salut Madou, Aïssatou, comment allez-vous ?

— Salut Rougui ! fait l'autre fille de son côté en venant s'accrocher à mon bras pour une raison que j'ignore.

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