Suite
Point de vue de Rougui
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Je préfère m'enfoncer davantage. Je contourne simplement mon ami et marche comme si je n'avais rien entendu, comme si mon cœur ne battait pas la chamade, comme si je ne ressentais rien ...
— Wa xarma, fo jieum ? fait-il en se dépêchant de me rattraper.
— Tu me fatigues !
On continue de se chamailler. Après plusieurs minutes de marche, on arrive enfin dans la ruelle qui sépare les routes qui mènent à nos maisons respectives.
— Vas-y passe chez moi, je lui propose.
— Je ne peux pas ma belle, je dois faire un truc, me dit-il en enlevant délicatement une mèche de ma perruque de mon visage. Mais je te promets que je viendrai vous voir après, ne t'inquiète pas.
— Ok, mais dépêche-toi. Ma mère n'arrête pas de demander où tu es. J'en n'ai marre de lui dire que je ne suis pas ton baby-sitter et qu'on n'est pas censé être tout le temps ensemble ...
Il se met alors à glousser. Ne comprenant pas la raison, je l'interroge :
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Ton père devrait activer ses radars, parce que si ça continue comme ça, toi et ta mère vous allez venir vivre avec moi, vous m'aimez trop c'est abusé ! dit-il.
Je le regarde, blasée, puis m'éloigne sans le calculer. Il me soûle avec ses bêtises. Il se croit le centre du monde ou quoi ?
— Tu pars comme ça ? me demande-t-il en levant les mains de part et d'autre.
Je me retourne en soufflant :
— Tu veux quoi ?
— Fais-moi la bise avant de partir, non ?
En réponse, je lui lance mon plus beau doigt d'honneur en répliquant :
— Crève avec le diable !
Il rigole tandis que je m'éloigne. Vraiment aucun scrupule, ce gars. Il se dirige vers chez lui et moi vers chez moi. Nous vivons dans le même quartier depuis toujours, avons grandis ensemble et avons toujours été inséparables. Parfois, on se visite même et on passe la journée chez l'autre. Cette habitude nous aide en particulier pour les études. Sans Madou, je n'aurais certainement jamais eu la moyenne en maths. Il est un peu mon prof particulier. Et en plus de cela, nos familles sont très proches. Nos pères sont amis et au vu de tout cela, ils nous arrivent de passer les fêtes musulmanes ensembles, dans une entraide totale.
Une fois chez moi, je passe à la cuisine saluer ma mère. Elle me demande encore une fois des nouvelles de Madou qu'elle n'a pas vu depuis seulement une semaine et je lui réponds qu'il arrive. Je gagne ensuite le salon. Un lieu où les murs sont décorés de photos de mon père en tenue de service, d'autres de ma mère, de mon petit frère, de moi ou encore de ma grande sœur. Sur la table, un pot de fleurs en plastique posé et tout autour, quatres fauteuils ainsi qu'un canapé bien soigné dispatchés dans la pièce. Au-dessus de ma tête, une télévision écran plat accrochée en hauteur au mur. Je constate d'ailleurs que quelqu'un est entrain de le regarder.
C'est avec une grande surprise que je reconnais Abiba, une bonne amie à moi, allongée tranquillement sur le canapé de tout son long. Surprise mais enchantée par sa visite, je m'approche doucement d'elle puis m'assois sur son ventre pour la taquiner. Instinctivement, elle écarquille les yeux et s'écrie :
— Lève-toi ! Lève-toi sale folle ! Tu veux me tuer ou quoi ?!
— Non ! je réponds d'un ton enjoué. Tu m'as trop manqué.
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Indestinés
RomanceL'amour est beau ...Oui, l'amour est beau, jusqu'au moment où il commence à devenir une épreuve. Aimer ne rime pas forcément avec la facilité. Aimer amène le plus souvent à faire des sacrifices, à accepter de souffrir ou encore, à optemperé face au...
