Drama 2

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Suite
Point de vue de Rougui
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   Après avoir tenté de consoler ma sœur comme je le pouvais, je quitte la chambre de Ramatoulaye, le cœur lourd. En descendant les escaliers, l'odeur familière de savon et de marché me parvient, signe que ma mère vient de rentrer. Elle est devant la porte, tenant un grand seau de courses dans une main et ajustant son foulard de l'autre. Ses traits trahissent la fatigue accumulée d'une longue matinée.

— Rougui, tu es rentrée de tes cours, remarque-t-elle en me voyant, son ton adouci par un semblant de soulagement.

— Oui, dis-je avec un petit sourire, tentant de masquer mon trouble. Je peux t'aider ?

Elle me tend le seau avec un soupir de fatigue, ses épaules s'affaissant légèrement.

— Merci, fait-elle en relâchant le poids entre mes mains.

Alors qu'elle se penche pour retirer ses chaussures, son regard est attiré par les valises, bien en évidence dans le salon. Elle se fige instantanément, ses sourcils se fronçant dans une expression mêlée d'agacement et d'inquiétude.

— C'est à qui ces valises ? demande-t-elle, son ton oscillant entre surprise et irritation.

Je réponds, mon visage trahissant ma propre lassitude :

— Ramatoulaye...

Elle tourne brusquement la tête vers moi, ses yeux s'agrandissant d'incrédulité.

— Encore ? s'exclame-t-elle, presque étouffée par sa colère retenue.

— Encore, confirmé-je, ma voix à peine audible.

Elle pousse un long soupir, posant ses mains sur ses hanches comme pour se donner une contenance.

— Elle est où ? demande-t-elle, sa voix plus basse, mais toujours teintée d'exaspération.

— Dans sa chambre, dis-je simplement, incapable d'ajouter quoi que ce soit.

Sans un mot de plus, elle se dirige vers les escaliers. Ses pas résonnent dans le silence de la maison, chaque mouvement lourd de résignation.

— Qu'est-ce que ça doit être cette fois-ci encore ? râle-t-elle, à moitié pour elle-même, à moitié pour moi, ses paroles marquées d'une amertume évidente.

Elle grimpe quelques marches, puis s'arrête soudainement. Se retournant à mi-chemin, elle me pointe du doigt comme si une pensée l'avait soudain traversée.

— Tu peux faire la cuisine ? demande-t-elle, son ton brusque mais sans méchanceté.

— Oui, bien sûr. C'est quoi ?

— Cieebu Jën bu xonku, répond-elle, en rajustant son foulard avant de reprendre sa montée.

— D'accord, acquiescé-je.

Elle reprend son chemin, ses épaules légèrement voûtées sous le poids de l'agacement et de l'inquiétude. Je la regarde disparaître à l'étage, son impatience presque palpable.

Une fois seule, je reste un instant immobile, fixant les valises dans l'entrée. Une boule se forme dans mon estomac. Tout cela me pèse, mais je n'ai ni le temps ni l'énergie de m'y attarder. Je secoue la tête, chasse mes pensées et me dirige vers la cuisine.

Je pose le seau sur le sol, m'assois sur un banc et commence à déballer les courses. Les poissons, encore frais, dégagent une odeur forte, mêlée à celle des légumes.

Je commence à laver les légumes, mes mains trempant dans l'eau froide. Le bruit de l'eau qui coule masque le silence pesant de la maison, mais rien ne couvre l'écho de l'énième soupir de ma mère, ni l'image de son air fatigué. Je me demande combien de fois encore cette scène se répétera, combien de fois Ramatoulaye reviendra avec ses valises, et combien de fois nous pourrons encore supporter ce cycle.

IndestinésDes histoires addictives. Découvrez maintenant