Égo & Co 2

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Point de vue de Madou
••

Je rentre chez moi avec le cœur serré, le moral à zéro. Après avoir refermer la porte derrière moi je trouve ma mère dans la cour de la maison assise à terre sur une natte entrain de faire son habituel tane thiep.

— Salam anlaykum, je la salue tout simplement.

— Wa-anlaykum salam, elle me répond avec son sourire habituel.

Voyant mon air éreinté, elle fronce les sourcils et me demande :

— Ça ne va pas ?

Je ne réponds pas. À la place je m'en vais la rejoindre sur la nappe, me couche et pose ma tête sur ses jambes.

— Tu vas bien ? T'es malade ? s'interroge t'elle en se débarrassant aussitôt du calebasse pour poser ses mains sur ma tête et voir ma température.

Je secoue la tête négativement.

— Qu'est-ce qui ne va pas ? continue t'elle de s'inquiéter.

— Rien, je vais bien.

Malgré cela, elle continue de m'interroger :

— T'es sûr ? C'est ton bras ? Il te fait mal ?

Amusé par son air paniqué, j'explose de rire.

— Quoi ? fait-elle alors.

— Je vais bien Maman, je n'ai rien.

— Ah je sais pas, danga calme di.

— Je vais bien je t'assure.

— T'as eu des problèmes avec quelqu'un ? elle m'interroge toujours.

— Maman ! je m'exclame en me levant pour lui faire face.

— Quoi ?

— Je vais bien je te dis, tout va bien.

— T'es sûre ?

— Oui maman, tout va bien. J'ai juste passé une salle journée mais dans l'ensemble ça va.

— Aythia kon, elle fini par se calmer.

Je souffle. Jojo arrive à ce moment-là et me salut en me voyant :

— Salut Madou.

— Jojo ça va ?

— Oui très bien et toi ?

— Ça va Alhamdoulillah.

Elle récupère la calebasse puis s'en va. Je me recouche à nouveau et repose ma tête sur les jambes de ma mère.

— Ton bras ça va ? elle me murmure, toujours légèrement inquiète.

— Maman !?

— Désolée désolée. Excuse-moi de m'inquiéter.

Je ris en secouant la tête. Elle continue pendant ce temps à me caresser délicatement la tête, enlevant au passage toute peine et pensée négative. Je ferme les yeux un instant et savoure la chaleur de ses mains, les effluves de son parfum, le calme que me procure notre proximité. Une sensation de quiétude indescriptible me saisie. Pendant que la radio tourne et que les oiseaux chantent, je redeviens un enfant entre les bras de ma mère.

— Sama taw jiou goor ji way, j'entends dire ma mère. Ñieuka jioud ñieuka baax. Boula dara meiti yaw. Taaw yomboul.
( Mon fils aîné. Soit en paix )

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