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Point de vue de Mamadou
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De retour chez moi, je trouve la maison comme je l'ai laissée. C'est un vacarme pas possible qui m'accueille : mes parents se déchirent. Sans m'en mêler, je pars me terrer dans ma chambre. Cependant, ce n'est pas pour autant que je trouve la paix. J'entends la voix de ma mère troubler le calme de la maison :
— Mais bien sûr, vas-y ! Vaaaas-y ! DÉMAL NGA SÉTI SA THI*GA BOBOU. DE TOUTE FAÇON CI JIOXÉ SA BOPOU NGA DEUK. AMOO BÉNE JIOM, AMOO BÉNE MOTIVATION. MAK BU TOLNÉ YAW NGA TOP CI GANAW AB XALÉ BU JIGEEN COMME DOF ?! LO LIGEEY JIOXKOKO, YA ÑIAK FAYDA, YA ÑIAK JIOM !
Je prends ma couette et me couvre la tête. Ce n'est pas pour autant que je n'entends pas la voix de mon père relever :
— FATIMATA, MANE NGAY WAX NI DAMA ÑIAK DIOM ? DAMAY SA MOROM ? ( Fatimata, c'est moi que tu traites de sans vergogne ? Je suis ton égal ? )
— ... Moh, damala moy ?! Fii dangafé guiss kénéne ? Hanaa muryi sax nioola guena am jiom yaw ? HÉ DAMANI YAW LAAY WAXAL BA CIA DIGU YAXBA ! TÉ SAX YAW MOROM DAGNKAY NAT TÉ YAW MATOKO ! ( ... Moh, t'ai-je ménagé ? Tu vois ici quelqu'un d'autre ? Hanaa, même les murs ont plus de vergogne que toi ? Hé, j'ai dit que je m'adresse à toi jusqu'aux os ! Et puis toi là, un égal se mesure et toi, tu ne le vaux absolument pas ! )
— FATIMATA DUL ! MANE SA KILIFALA, DOUMA SA MOROM ! Boo beuguer koo kékanetok dangakoy uti YANGIMAY DÉG ?! ( Fatimata, merde ! Moi, je suis ton Kilifa (mari, dirigeant), je ne suis pas ton égal ! Si tu veux quelqu'un avec qui te chamailler, va le chercher, tu m'entends ? )
— Kilifa ? Houspille MANI DIMBALIMA, BOKO MATONE MA WAXKO ! ( Kilifa ? J'ai dit fous-moi la paix, si tu le valais, je l'aurais dit ! )
— Mane ngay waxal ? Yaw danga dof wla ? ( C'est à moi que tu parles ? T'es folle ou quoi ? )
— HÉ ? DJEYLANI YANGI MAY DÉGUE ? MANÉ YAW DOO TOUSS ! DOO DARA ! SAY DOOM SAX YILIFOLÉNE ASSOUMAK MANE KON MAYMA SAMA JIAM ! DOO SAALA-YAYE-NDER ! ( Hé ? Djeylani, tu m'entends ? J'ai dit toi, t'es rien ! Tu n'es rien ! Même tes enfants, tu ne les diriges pas, alors je ne parle même pas de moi ! Fous-moi la paix ! Tu n'es rien du tout ! )
La porte de ma chambre s'ouvre. Je dégage la couverture pour voir. C'est l'un de mes petits frères, le plus grand, Aziz, 7 ans. Il s'arrête devant le pas de la porte et on se regarde. J'imagine son état rien qu'en me plongeant dans le blanc de ses yeux. Il est triste, et je le comprends.
— Viens, lui dis-je.
Je lui fais de la place sur le lit et il vient s'allonger à côté de moi. Après tout, on n'a vraiment rien à se dire. On sait déjà ce qu'il en est. Cette famille tombe en ruine.
Mon frère est de dos à moi, je le couvre. En posant une main sur son épaule, je découvre qu'il tremble. J'aurais pu penser que c'était à cause de la fraîcheur, mais en l'entendant renifler, je suis persuadé qu'il pleure. Pu****. Je me suis levé et je l'ai retourné. Il a mis ses mains aussitôt sur son visage pour cacher ses larmes. Je me suis mis à le secouer :
— Hé ! Loy dioy ? (Hé ! Pourquoi tu pleures ?)
Il pleure en silence. Mon cœur se fend davantage. Je lui dis :
— Aziz, ressaisis-toi. Tu es un homme, ok ? Goor du jioy, yangi may dég ? (Un homme ne pleure pas, tu m'entends ?)
Il hoche la tête et je le serre contre moi. J'essaie de le réconforter en lui donnant de petites tapes sur le dos.
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Indestinés
RomanceL'amour est beau ...Oui, l'amour est beau, jusqu'au moment où il commence à devenir une épreuve. Aimer ne rime pas forcément avec la facilité. Aimer amène le plus souvent à faire des sacrifices, à accepter de souffrir ou encore, à optemperé face au...
