Chapitre 11 - 3 - Dans la toile

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L'idée, c'est Ric qui l'a eue.

Il préparait alors notre évasion. Depuis des mois, il inspectait chaque recoin de la mémoire de chaque ordinateur du réseau, la moindre ligne de code de chacun des logiciels – et tout particulièrement les logiciels qui commandaient les caméras de surveillance, ceux dont dépendait l'ouverture des portes, et plus globalement toute l'informatique des systèmes de sécurité.

 Depuis des mois, il inspectait chaque   recoin de la mémoire de chaque ordinateur du réseau, la moindre ligne de   code de chacun des logiciels – et tout particulièrement les logiciels   qui commandaient les caméras de surveillance, ceux dont dép...

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Il voulait aussi une arme, au cas où. Ric avait ses accès aux ateliers des « technos ». Il savait qu'il trouverait là des merveilles. Un des élèves y avait consigné sur un tableau noir une solution très personnelle aux problèmes de la théorie M, la théorie des supercordes en chantier depuis un siècle. Ric avait arrêté son choix sur le plus simple, le plus transportable : un cube d'énergie. Les « technos » travaillaient à un système basé sur l'énergie du vide. Au niveau cosmologique, l'énergie du vide est directement observable à travers l'accélération de l'expansion de l'univers, avec une valeur moyenne très faible, de 10 puissance -13 joules par cm³. En appliquant les principes de la physique quantique pour calculer cette même énergie, on arrive théoriquement à une valeur très forte, de 10 puissance 107 joules par cm³. Une différence apparemment catastrophique entre les observations et les calculs théoriques, s'expliquant sur le plan pratique par le fait que cette énergie fait fluctuer la géométrie de l'espace-temps de manière très localisée dans l'espace (sur des distances très inférieures à la taille d'un proton) et dans le temps. Les « technos » du groupe d'ingénierie militaire avaient trouvé le moyen de « condenser » ces fluctuations particulières, dans un objet ultra-dense et piqueté de bulles de vide, stable à température ambiante – un objet bien plus dense que le deutérium à l'état solide. Et pour le rendre manipulable, il avaient dû lui adjoindre un socle d'antigravitation. Le tout dans un cube de quelques centimètres de côté.

Transformer cette manne d'énergie en arme, c'était de l'ordre du bricolage. Il ne manquait que quelques microprocesseurs pour en faire une arme intelligente. Ric, ironiquement, s'est beaucoup inspiré des Shuriken. Et de leur mode de communication : il a bricolé une interface homme-machine amplifiant les ondes cérébrales, en s'appuyant sur les travaux du défunt Institut de Chicago.

Pour lui, notre destination était évidente, dictée par son histoire personnelle : l'Europe occidentale, tout d'abord ; l'Amérique du nord, ensuite.

Mais en bon joueur d'échec, il voulait déjà préparer le coup d'après. S'évader, ce n'était rien encore ; il fallait s'assurer que nous ne serions pas repris. Mieux même : sécuriser notre parcours, aussi loin que possible.

Il fallait un leurre, une couverture. Voire plus : un cheval de Troie.

Ric était fasciné depuis toujours par mon aptitude à communiquer avec les Shuriken. Il m'avait demandé à plusieurs reprises de lui en faire la démonstration, espérant pouvoir tirer un jour profit de ce talent.

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