Chapitre 7 - 2 - Investigations

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Il y eut encore des contrôles. La forêt s'épaississait. Avec l'obscurité, les soldats aux barrages se faisaient plus nerveux. Le deuxième véhicule annoncé par Krzysztof les avait rejoints peu après la tombée de la nuit : cinq autres hommes d'escorte, lourdement armés, silencieux et attentifs, dont on devinait à travers les vitres les yeux perçants scrutant la forêt. Les deux 4X4 roulaient désormais l'un derrière l'autre, ne s'arrêtant qu'aux barrages. Krzysztof lui-même semblait tendu. Randall lui lança en forme de boutade :

« Vous avez peur que vos laissez-passer fassent moins illusion à la nuit tombée ? Qu'il y ait une bavure ? »

Le sourire de Krzysztof revenait, mais crispé, contraint.

  « Nous traversons une zone où ont été signalés des groupes de pillards

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« Nous traversons une zone où ont été signalés des groupes de pillards. Les soldats qui gardaient le dernier barrage nous ont prévenus : notre sécurité n'est pas assurée. Même s'ils entendaient des coups de feu, ils n'interviendraient pas : ils ont l'ordre de rester à leur poste.

– Sans compter qu'ils doivent trafiquer avec les pillards...

– C'est probable, en effet.

– Et vos évadés sont vraiment passés là, entre les Shuriken, les soldats russes et les pillards ? »

Krzysztof hochait vigoureusement la tête.

« Ça, au moins, c'est une certitude. Là où je vous emmène, vous pourrez voir vous-même. S'ils ont survécu jusqu'à aujourd'hui, ce qui reste à démontrer, le tout est de savoir où ils sont allés ensuite. Les Russes occupent largement le terrain et ne nous laissent pas beaucoup de marge. Et si on faisait appel à la gendarmerie polonaise pour surveiller les gares et les aéroports, on irait droit à l'incident diplomatique : officiellement, personne n'est censé savoir que cette évasion a eu lieu. Nos fugitifs n'existent pas.

– À leur place, Krzysztof, que feriez-vous ? »

Un silence : le petit homme réfléchissait, le regard songeur.

« D'abord, j'essaierais de me faire oublier. Je me trouverais une cachette sûre, pour quelques semaines. J'attendrais que l'attention diminue, qu'on me croie disparu. Puis je chercherais la gare la plus petite, la plus discrète, où les contrôles seraient les plus faibles. J'emprunterais uniquement les lignes régionales, les trains de banlieue. Et je tâcherais de me rapprocher d'une des frontières les moins bien gardées : vers le sud, du côté de la Tchéquie ou de la Slovaquie.

– Mais voilà, Krzysztof, vous n'êtes pas à leur place. »

Randall souriait. Krzysztof, interloqué, avait de nouveau tourné la tête vers lui et le considérait d'un regard en biais.

« Alors vous, Randall, que feriez-vous ?

– La question n'est pas ce que je ferais... Gardez à l'esprit que ce sont des adolescents. Presque des enfants. Ils n'ont qu'une image très imparfaite du monde qui les entoure. Je ne pense pas qu'ils soient capables d'évaluer l'efficacité des contrôles en fonction des lieux. Pour eux, le monde entier est menaçant et rempli de troupes lancées à leur poursuite. Il leur faudra de toute façon forcer des barrages. Alors, pourquoi choisir un parcours compliqué ? Pourquoi ne pas chercher à fuir aussi vite que possible ? »

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