Chapitre 2

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Point de vue Irina Honenhart.

Je fais une grossière erreur. Je sais bien que je ne devrais pas m'attacher à Castiel, ni à Liam, ni à aucun d'entre eux. Premièrement ça les met en danger, et deuxièmement ça me rend moins vigilante. Je n'aurai même pas du les laisser venir me voir le matin, ni leur permettre de me poser des questions sur moi. J'ai toujours eu une règle simple : ne s'attacher à personne. Pourtant, peu à peu, je m'attache vraiment à eux. Liam est quelqu'un de tellement calme et rassurant... il m'apaise, tout simplement. Quand à Castiel, c'était vraiment une erreur de le laisser s'attacher à moi... Je sais très bien que je lui plais, et je le laisse espérer pour rien... Ce n'est pas qu'il ne me plaise pas, bien au contraire ! C'est juste qu'on ne pourra jamais rien construire tous les deux. Je ne peux rien construire avec personne. Mais il me rappelle tellement Kate... Les mêmes expressions, les mêmes attitudes, le même caractère, le même sourire. C'est un garçon impulsif et rebelle, comme l'était Kate. J'ai l'impression d'être moins seule, moins isolée quand je suis avec lui. Je sais très bien qu'en m'invitant à cette soirée, il espère se rapprocher encore un peu plus de moi... Mais après tout, pourquoi pas ? J'ai assez souffert, j'aimerai avoir un peu de répit... Depuis deux ans, je change continuellement de ville, voire même de pays. Je change continuellement de lycée, et je ne m'attache à personne. Mais eux, je commence vraiment à les apprécier, j'ai même laissé Khai et Ella m'approcher... Castiel à même faillit me faire sourire deux ou trois fois... Mes sœurs n'aimeraient pas ce que je suis devenue... elles aimaient mon caractère enjoué et insouciant. Mais avec ce que je fais, je ne peux plus me le permettre. Surtout depuis que je suis seule. A la fin de la journée, à 18 heures, la sonnerie nous annonça la délivrance. Je me levai et suivit Castiel dans la cours. Depuis que je lui avais demandé de m'accompagner chez moi, Castiel n'arrêtait pas de me jeter des regards en coin pour me jauger. Dès le début, j'avais vu que je l'intéressais. Comme beaucoup d'autres garçons, mais ce que je voyais dans son regard était différent. Je sentais qu'il ne s'intéressait pas qu'à mon physique, et c'est sûrement ça qui m'avait poussé à me rapprocher un peu de lui. Nous quittâmes Liam et je menais Castiel dans la rue ou j'habitais. Je jetai des regards autour de moi assez fréquemment, par pur réflexe.

- Ne t'inquiètes pas, me dit Castiel. Il n'y a aucune fille dans les parages qui te sauteras dessus parce que tu es en compagnie du plus bel homme de la ville.

Mes lèvres tressaillirent. Il avait ce genre d'humour que j'adore.

- Attend, c'est un sourire que je viens de voir sur ton visage ? s'exclama-t-il.

- Rêve pas.

Ce qui est bien aussi, c'est qu'on peut se chamailler sans qu'aucun de nous ne se vexe. On ne se connaissait que depuis trois mois, mais j'avais l'impression de le connaître depuis bien plus longtemps. On se comprend en un seul regard, on a le même genre d'humour, on aime à peu près les mêmes choses... j'ai l'impression de me retrouver face à moi-même mais en version masculin. C'est très déstabilisant pour moi, parce que les seules personnes avec qui j'ai jamais été proche, c'est mes sœurs... On arriva devant chez moi après environ cinq minutes. Quand il entrera chez moi, il sera vraiment et définitivement en danger... A condition qu'on me surveille, bien entendu. Mais comme ça fait deux ans qu'on essaye de me tuer, il y a de forte chances que je sois surveillée...

- Tu peux m'attendre ici, si tu veux.

- Et puis quoi encore ? J'veux voir dans quoi tu vis.

Tu as pris ta décision Castiel... J'espère que tu n'en paieras pas le prix... J'ouvris la porte de la maison et nous entrâmes tous deux chez moi. Il observa mon salon pendant que je me dirigeai vers ma chambre pour me changer. Alors... Une robe bustier noire devrait faire l'affaire. Avec... oui, une veste en jean rouge destroy, et des Dr. Martens. Chic et rock. De toute façon, je n'ai rien à craindre, Castiel ne laissera aucun mec m'approcher d'un peu trop près. J'ouvris un tiroir et pris un Colt M1911. J'hésitai cependant quelques instants avant de le mettre dans une poche spéciale à l'intérieur de ma veste. Je n'en aurai sûrement pas besoin, mais on est jamais trop prudent. J'enlevai mon collier pour ne pas risquer de le perdre et après avoir vérifié mon maquillage et arrangé un peu mes cheveux, je sortis de la chambre. Castiel regardait une photo de moi et mes sœurs. Enfin, il regardait une des nombreuses photos de moi et mes sœurs... C'est le seul souvenir que j'ai d'elles, après tout. Il se retourna vers moi avec l'apparente intention de me demander quelque chose, mais quand il me vit ses yeux s'écarquillèrent et aucun son ne sortit de sa bouche ouverte.

- Bordel... T'es...

- Gaspille pas ta salive, les compliments ne me font pas beaucoup d'effet en général.

J'attrapai un sac, mis mes clés à l'intérieur et entrepris de chercher mon briquet, mais Castiel attrapa mon poignet et me retourna face à lui. Un frisson glacé parcourut mon corps. J'avais oublié la sensation que procurait un contact. Il ancra ses yeux gris dans les miens, et j'eus l'impression que du métal en fusion bouillonnait dans mes veines. Ses yeux étaient implacables. Un regard que même moi je n'arriverai pas à combattre.

- T'es magnifique...

Et pour la première moi de ma vie, je baissai les yeux.

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