Chapitre 13

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Point de vue Irina Honenhart.

Je rentrai chez moi et descendis les escaliers qui menaient à ma cave. Non mais pour qui il se prend, ce gamin ?! Il ne connaît rien à la vie, lui il a tout l'argent qu'il veut, une belle vie calme et tranquille sans personne qui cherche à vous tuer, il a tout ! Et il se permet de... Ah ! Il m'énerve ! J'ouvris la porte d'un coup de pied et Rao se tourna vers moi, un sourcil arqué.

- Je t'avais dis que c'était pas une bonne idée.

Je serrai la mâchoire pour retenir une réplique cinglante et me dirigeai vers une grande armoire fermée par trois cadenas. J'en sortis quatre longs couteaux et j'en jetai deux à Rao qui les rattrapa avec adresse.

- Tu déconnes ? Tu sais très bien que je suis mauvais avec des armes blanches dans les mains, et de toute façon t'es imbattable !

Je ne lui répondis pas et il comprit qu'il n'avait pas d'avis à donner. Prenant les couteaux à l'envers je plaquais les lames contre mes avants-bras, et Rao engagea le combat. J'avais vraiment besoin de me défouler, et un combat à arme blanche défoule vraiment, croyez-moi. Ça peut peut-être paraître un peu... moyenâgeux ou étrange sachant tout ce qui existait comme arme aujourd'hui, mais on est entraînés à manier tous les types d'armes. Bon, je vous l'accorde, on ne se bat pas tous les jours avec des couteaux, on préfère largement les armes à feu, mais bon ça défoule et ça développe aussi les réflexes. Mes coups de lame étaient plus violents que d'habitude, sûrement parce que j'étais furieuse. Rao reculait de plus en plus, essayant surtout de parer mes coups. Quand je pensai à la façon dont laquelle Castiel m'avait jeté le sac à la figure, je poussai un cri de rage et abattit un de mes couteaux de toutes mes forces. J'entaillai de ce fait l'épaule de Rao, qui lâcha ses armes sous le choc.

- Excuse-moi...

- Oh, ça sera pas la première cicatrice que tu me fais...

Je rangeai nos lames et refermai l'armoire. Rao ne perdait pas énormément de sang et ça n'avait pas l'air de lui faire extrêmement mal. En même temps, il a connu bien pire. Je me dirigeai vers une commode basse en bois noire et en sortis de quoi le soigner : compresse, bandage, désinfectant...

- Qu'est-ce qu'il s'est passé avec ce mec ? me demanda-t-il alors que je désinfectai la plaie.

- C'est compliqué...

- C'est toujours compliqué.

- C'est juste que... Castiel me parle et se comporte avec moi comme il le ferait avec n'importe quelle autre fille...

- Sauf que tu n'es pas n'importe quelle fille.

Ouais, enfin ça Castiel ne le sait pas... J'y suis peut-être aller un peu fort, après réflexion... Mais merde, il l'a bien cherché. Je finis de nettoyer sa blessure puis je mis un bandage.

- Je ne t'ai jamais vu t'attacher à aucun mec... Il doit vraiment en valoir la peine.

- C'est juste que... Il est comme moi, et il me rappelle beaucoup Kate... Je l'aime bien, murmurai-je.

- Et ça le met en danger.

Il a raison. Maintenant, Kato peut décider de le tuer à n'importe quel moment. Enfin, décider de le faire tuer, il ne le fera jamais lui-même.

- Tu sais, il ne sera pas plus en danger si tu lui disais qui tu es.

- Quoi ?! T'es malade ! Je peux pas ! Lui dire ça serait le faire rentrer dans notre monde.

- Il l'est déjà ! s'exclama-t-il. Sauf qu'il ne le sait pas.

Non. Déjà que de m'être attachée à lui était une grosse erreur, jamais je ne lui dirais. Le plus simple, c'est de couper les ponts avec lui... Mais en serai-je capable ? Mais qu'est-ce que je raconte, moi ? Bien sur que j'en serai capable. Rao et moi remontâmes et nous nous installâmes dans la cuisine, autour de la table.

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