De toutes les réactions possibles et inimaginables, je crois que je n'aurais pas dû rire. J'aurais dû... j'en sais rien, en prendre un pour taper sur les autres, les enfermer dans ma cave et faire brûler la maison... Je détestais qu'on me dise ce que je devais faire ou non. J'avais décidé de tuer cette gosse et je le ferai, qu'ils le veuillent ou non.
- Très bien, et comment comptes-tu faire pour m'en empêcher ? M'enfermer quelque part ?
- Bien sûr que non, sourit-il.
Les autres, par contre, ne souriaient pas du tout. Castiel ne me connaissait pas bien, mais eux si, et ils se doutaient du ton qu'allait prendre la conversation.
- J'espère bien pouvoir te convaincre de renoncer à cette folie... mais si jamais tu t'obstines, je serais peut-être obligé d'utiliser la force.
Je vis du coin de l'œil Jacob secouer la tête, amusé.
- La force ?
Je souris et m'approchai de lui.
- Crois-tu vraiment que deux petites semaines d'entraînement t'auront assez forgées pour te dresser contre l'un d'entre nous ?
- Je...
- Tu ne pourrais même pas battre une fillette de douze ans.
Il me lança un regard blessé.
- Ils ne te l'ont peut-être pas encore appris, mais l'arrogance et la confiance en soi sont les pires choses qu'un tueur peut avoir. Si tu es sûr de toi, tu mourras. La peur de la mort et de l'échec, c'est ça qui nous donne l'adrénaline nécessaire pour pouvoir gagner.
- Vous avez peur de la mort ? répéta-t-il. Ça me semble un peu tirer par les cheveux, vous travaillez pour elle.
- Non, c'est une autre chose qu'il faut que tu retiennes.
Nous n'étions plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.
- Nous sommes la mort. Nous avons le pouvoir de décider si quelqu'un vivra ou mourra. Chaque être humain a ce pouvoir là, mais ils n'ont pas la force ni le courage de s'en saisir. Nous avons une vie d'entraînement derrière nous. Nos parents nous ont mis une arme dans la main dès qu'on a su tenir debout. Alors ne crois pas pouvoir m'empêcher de faire quoi que ce soit.
Je le contournai et me dirigeai vers la cuisine. Je n'avais pas manger depuis notre départ d'Allemagne. Mais à peine l'avais-je dépassé que Castiel me retint fermement par le poignet. Ma réaction ne se fit pas attendre. Je tendis son bras, me rapprochai de lui pour l'attraper par la nuque et le fit tomber à genoux devant moi d'un revers de pied. Mon corps réagissait toujours au quart de tour, dans ces moments-là... Mon poing se serra et s'approcha dangereusement de son visage. Mais heureusement pour son joli petit minois, ma main s'arrêta à dix centimètres de lui. Comme tous les tueurs débutants - enfin, ceux qui n'étaient pas élevés à faire ça - il était trop téméraire. Et chez nous, c'est par la force que se règle ce genre de chose. Mais j'étais bien incapable de lui faire quoi que ce soit... Mon poing se baissa lentement, et je crois qu'il sourit, mais cela aurait tout aussi bien pu être une grimace. J'espère pour lui qu'il a grimacé. Rao se leva alors et m'emmena dans la cuisine en me prenant par le bras. Une fois que nous fûmes isolés, il posa fermement ses mains sur mes épaules et me regarda droit dans les yeux. Il espère quand même pas qu'il suffise qu'il fasse ça pour que mon envie de le tuer s'envole ?!
- Irina, tu dois te calmer, d'accord ? Ces derniers temps t'es beaucoup trop sur les nerfs.
- Sur les nerfs ?! Kato est venu jusqu'en Angleterre pour menacer mes amis, il a touché à Castiel, il a fait tuer Liam et vous, vous avez entraîné...
Je me stoppai et respirai profondément pour essayer de me calmer.
- C'était son choix...
- Et vous l'avez accepté ! C'était la seule lumière dans mon existence et vous avez éteint sa flamme !
- Tu étais partie, et...
- Partie ou non le simple fait de savoir qu'il vivait et que toute son... toute son innocence et sa pureté étaient intactes me suffisaient amplement ! Maintenant il est en train de devenir aussi sombre que nous ! C'était quoi votre intérêt là-dedans, hein ?! hurlai-je en lui frappant le torse.
Il retint mes poignets.
- On espérait qu'il puisse t'empêcher de faire une connerie.
Je le dévisageai, outrée. Alors, tout cela, pour une seule raison ?!
- J'en reviens pas... Vous vous êtes servis de lui pour m'empêcher d'approcher Hayley ?
- Non, on l'a aidé à devenir ce qu'il voulait être en espérant que cela pourrait t'empêcher de tuer Hayley.
- Vous n'êtes que des...
Je ne trouvai même pas de mot assez injurieux pour les qualifier.
- Irina, Castiel t'aime. Il t'aime assez pour vouloir faire ça. Pourquoi est-ce que tu ne te laisserais pas aller, pour une fois ? Ça ne te menace pas de mort de lui ouvrir ton cœur. Kate pensait que chaque personne avait une âme-sœur, une seule. Et je crois que toi tu l'as trouvé... Tes sœurs n'ont pas vécu assez longtemps pour vivre le grand amour, pour trouver quelqu'un qui serait prêt à tout, à absolument tout pour elles... Ne te prive pas de ça alors que tu as la chance de pouvoir le vivre...
Depuis quand Rao était-il aussi sentimental ? Et puis... Ça n'avait aucun sens. L'amour - si l'on admet que c'était de l'amour - ne pourrait pas changer ma vie à ce point. Cela ne pouvait pas me rendre si heureuse qu'il le faisait croire. L'amour n'avait pas un tel pouvoir. Ce n'était qu'un leurre qui vous détournait de ce qui était essentiel. L'amour est souffrance, et je souffre bien assez comme ça. Je me dégageai de l'étreinte de Rao et pointai un doigt sur lui.
- S'il lui arrive quoi que ce soit, aucun abri, aucune armure, aucune muraille ne pourra vous protéger de moi.
Sans lui laisser le temps de répondre ou même d'intégrer ce que je venais de dire, je quittai la pièce, traversai le salon sans un regard pour Castiel, Matt ou Jacob et allai m'enfermer dans ma chambre. Maintenant que Castiel avait commencé son entraînement et qu'ils avaient tué son meilleur ami, il avait déjà un pied dans notre monde. C'était soit je l'aidai à y entrer définitivement et l'entraînai, soit je le laissai se débrouiller et le laissai de ce fait mourir. Dès que Kato saurait qu'il est l'un des nôtres, il le prendrait pour cible. Et il n'aurait aucun mal à l'avoir, aussi mauvais et peu subtil soit-il... Et je ne pouvais décemment pas laisser mourir Castiel. Mais d'un autre côté je ne pouvais pas l'entraîner, je ne supporterai pas de l'aider à devenir comme nous... Avant que je n'ai pu continuer le fil de mes pensées, quelqu'un entra dans ma chambre. Quand je me retournai, je me retrouvai bien sûr face à Castiel. Ne pouvait-il pas me laisser en paix quelques minutes que je puisse mettre de l'ordre dans mes idées ?!
- Je crois qu'il vaut mieux que je sois... commençai-je.
A ma très grande surprise, il me plaqua violemment à l'armoire, sur ma gauche. J'en fus tellement étonnée que je ne réagis même pas. Il emprisonna mon visage entre ses mains et m'embrassa fougueusement. Euh, attendez deux minutes... Il se passe quoi, là ?! Je comprends plus rien. Je fronçai les sourcils en poussant un gémissement de contestation, ce qui le fit se séparer de mes lèvres.
- Si tu imagines que...
- Pour une fois dans ta vie, ferme-là.
J'écarquillai les yeux, ce qui eut l'air de l'amuser. Sans plus de cérémonie, il m'embrassa de nouveau et passa ses mains sur mes fesses pour me soulever de terre avant de se diriger vers mon lit pour m'y allonger. Je ne le repoussai pas parce que je n'en avais pas envie. Je crois qu'il avait compris que mon point fort était la force et la puissance, et que le seul moyen de m'atteindre derrière ma carapace était d'utiliser ce même point fort contre moi. J'aimais la puissance, et je ne m'ouvrais que face à ceux qui en faisaient également preuve. Et je dois bien avouer que là, je ne pouvais pas résister...
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Non, pas de nouveau chapitre en avance, mais y'a eu un GROS bug, et ce chapitre se retrouvait totalement indépendant du reste de la fiction, donc je le reposte ici rien de plus. Mais à demain ;)
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Jeux du sort : play with life
Любовные романыQuand Irina arrive dans la vie de Castiel, elle embarque tout sur son passage: ses certitudes, ses convictions, ses idéaux... Cette fille froide et mystérieuse va ébranler ce qu'il était et le changera à jamais. Mais ils se lieront néanmoins très vi...
