Chapitre 31

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Dès que nous fûmes rentrés chez Peter, j'essayai de repérer ceux qui manquaient. Il était hors de question de rentrer à l'hôtel dans l'état ou nous étions. Castiel me suivait, le regard vide, et je ne savais pas trop s'il savait vraiment où il allait et ce qu'il se passait. Je le pris par la main et le conduisit dans une chambre.

- Je reviens dans deux minutes, lui dis-je.

Je refermai la porte derrière moi et retournai dans le salon. Je m'approchai de Rao et il me serra dans ses bras, si fort que je cru un moment qu'il allait me briser les côtes ou m'étouffer.

- A un moment j'ai eu vraiment peur qu'il te sois arrivé quelque chose.

- Ça aurait pu.

Il se sépara et me regarda avec un air interrogateur.

- Castiel a tué un mec qui me menaçait et j'aurais jamais eu le temps de réagir moi-même. J'étais trop obnubilée par son sort que j'en ai oublié le mien. On a des pertes ?

J'avais beau observer tous ceux réunis dans le salon j'étais tellement fatiguée et retournée que j'étais incapable de tous les reconnaître.

- Ethan s'est prit une balle dans la jambe mais il va s'en sortir. Mais Ben et Tim...

Il secoua la tête, peiné. Je posai une main sur son épaule et la pressai doucement.

- Je suis désolée, dis-je d'un ton plus fort pour que tous puissent m'entendre.

Ils se tournèrent vers moi avec étonnement.

- Je n'aurais jamais dû vous embarquer avec moi dans cette histoire.

- C'était notre choix.

Je leur expliquai rapidement la situation et ce qui s'était passé.

- Quel genre de marché ils ont conclus, d'après toi ? me demanda Jacob.

- J'en sais rien. Mais la seule chose que Kahoff a et qui puisse intéresser Kato ce sont ses hommes. Il a un nombre incroyable de gardes du corps aussi bien entraînés que nous. J'imagine qu'il les a promis à Kato en échange de je ne sais quelle récompense... Peut-être un droit de regard sur les affaires des tueurs à gage une fois que je serais éliminée. J'en sais rien.

- Et où est Castiel ?

- Je m'occupe de lui pour le moment. Quoi qu'il en soit, ce soir Kahoff a eut l'audace de nous attaquer, et nous allons lui rendre la pareille. J'irais chez lui demain soir, et vu ce qui s'est passé je ne peux désigner aucun de vous pour m'accompagner, mais j'ai besoin de deux d'entre vous, alors...

Rao et Peter se levèrent et s'approchèrent de moi avant que je n'ai pu finir ma phrase. Je m'en serais doutée.

- Bien... Dans ce cas préparez vous pour demain soir.

Je retournai ensuite dans la chambre ou était Castiel. Il était assis sur le lit, se tenant la tête. Je m'assis doucement à côté de lui.

- Ça va ?

Il hocha la tête, mais je savais très bien comment il allait. J'avais été très mal pendant plusieurs jours après avoir tué mon premier homme, et pourtant j'avais été entraînée à ça pendant des années. Alors lui... Je mis une main sur sa joue et le forçai à me regarder. Il avait les larmes aux yeux.

- Merci, Castiel.

Il secoua la tête et essaya de se dégager mais j'encadrai son visage de mes mains.

- S'il-te-plaît, écoute-moi. Je suis désolée de t'avoir embarqué dans tout ça, je suis désolée d'être entrée dans ta vie et d'avoir tout détruit de la sorte. Mais ce que tu as fais... Tu as une force d'esprit incroyable. Aucun de nous n'aurait pu tirer sur quelqu'un après seulement un mois et demi d'entraînement.

- Sauf toi... murmura-t-il avec un faible sourire.

- Ne crois pas ça. Et arrête de tout ramener à moi Castiel, je ne suis pas une référence.

- Tu es la plus forte, la plus violente et la plus sanguinaire à ce qu'il paraît.

- Et tu crois que ça me plaît ? Je suis comme ça parce que c'est ce qu'on m'a apprit à être, rien de plus. J'ai peut-être l'air d'apprécier ce que je fais, mais ce n'est pas le cas. Je me déteste, Castiel. Nous nous détestons tous. Et je me déteste encore plus maintenant...

Il fronça tristement les sourcils.

- Parfois j'aimerai tout arrêter, j'aimerai lâcher prise. Je l'ai voulu plus que jamais quand je t'ai rencontrer, mais je savais que c'était impossible. Je ne pourrais jamais arrêter Castiel, c'est pour ça que nous deux ce n'est pas possible. On essaye de se convaincre que ça va marcher, mais tu sais bien que non... On ne pourra jamais rien construire ensemble.

- Non, non...

Il se dégagea de mon emprise et m'attira à lui pour m'embrasser. Et il m'embrassa d'une telle façon que j'eus l'impression que mon corps se liquéfiait de l'intérieur. C'était comme si dans son baiser transparaissait toute sa peur de me perdre.

- Je me fiche de construire quoi que ce soit, tout ce que je veux c'est être avec toi. C'est quelque chose de viscéral, je peux pas le changer. Tu es tout ce dont j'ai besoin pour vivre, peu importe si je dois tuer des hommes toute ma vie.

- Castiel...

- Et je sais que tu ne ressens certainement pas la même chose pour moi, continua-t-il en baissant les yeux, mais je ne te laisserai pas partir.

Alors c'était dont ça ? Il voulait absolument que je lui dise ce que je ressentais pour lui ? Je soupirai.

- Tu sais bien que c'est faux. Tu crois que j'aurais accepter tout ça si je ne ressentais rien pour toi ? Quand je t'ai rencontré j'ai... j'ai voulu m'éloigner de toi tout de suite parce que je savais comment ça allait finir. Mais tu me rappelais tout ce que j'ai jamais eu. Tu ressembles beaucoup à Kate et... c'est ce qui m'a poussé à me rapprocher de toi. Je me sens bien avec toi. Tu es drôle, tu n'as pas peur de me vexer, tu ne me prends pas pour une petite fleur en cristal qui risquerait de se briser au moindre souffle de vent... Mais j'étais loin de penser que...

J'essayai de respirer profondément. C'était totalement idiot que j'ai tant de mal à le dire.

- Que j'allais tomber amoureuse de toi.

Ses yeux s'écarquillèrent.

- Que... Quoi ?

- Je t'aime Castiel. Mais ça nous détruira tous les deux...

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