Chapitre 17

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Quelques heures plus tard, alors que je préparais ma valise pour retourner avec Tim, Riley, Caleb et Jacob en Allemagne, là ou habitait Hayley, Matt vint me trouver.

- Irina, il s'est réveillé.

Je le suivi, et trouvai en effet Castiel assis sur le canapé, un pack de glace contre la tempe. Je congédiai les autres d'un mouvement de tête et allai m'asseoir à côté de lui. Il ne se tourna pas vers moi. Il devait me détester de tout son être à présent... et c'était ce qu'il fallait. Il devait me détester et oublier mon existence.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-il enfin, toujours sans me regarder.

- Tu te rappelles de quoi ?

Il soupira et secoua la tête.

- Ils sont arrivés, ensuite la moitié s'est rangé avec toi et ils sont partis. Ils sont vraiment partis comme ça ? Sans se battre ?

- Ils étaient en nombre inférieur, ça aurait été du suicide.

- Ce que vous faites, c'est...

Il posa le pack de glace sur la table basse devant lui et se tourna vers moi. Un bleu commençait à se former sur sa tempe. Ses yeux ne reflétaient aucune haine, simplement de l'incompréhension.

- Pourquoi vous faites ça ?

- On n'a pas le choix.

- Déconnes pas ! C'est pas comme si on vous avait forcé à tuer des gens !

Je soupirai pour cacher mon agacement. Personne ne comprenait jamais.

- On a pas choisi d'être des tueurs, Castiel. Aucun de nous ne l'a choisi. On a été élevé pour être des tueurs. Nos parents ne nous ont pas laissé le choix, ils nous ont jeté dans l’arène et c'est tout.

- Pourquoi est-ce que vous n'arrêtez pas, dans ce cas ?

- Une fois que tu es face aux lions, soit tu te bats, soit tu te fais bouffer. On ne sort pas de ce monde quand on y entre.

- Tu nous a mis en danger dès que tu es arrivée, n'est-ce pas ?

- Non... Je vous ai mis en danger parce que je me suis trop rapproché de vous et que je suis restée trop longtemps.

Il me dévisageait, comme s'il essayait de lire quelque chose sur mon visage impassible.

- Tu n'as pas l'air rongée par les remords... 

Je retins de peu un sourire en coin. J'étais sûre qu'il allait dire ça.

- Je m'en veux. Mais je ne vais pas m'excuser d'être ce que je suis.

Il détourna les yeux.

- Rao et Matt vont rester avec toi pendant quelques jours pour s'assurer qu'ils ne viendront pas te chercher, dis-je en me levant. Ensuite tu n'entendras plus parler de nous.

Je tournai les talons et m'éloignai.

- Attends !

Quand je me tournai vers lui, il s'était levé et rapproché de moi.

- Tu pars ?

Je hochai la tête.

- Tu ne peux pas partir... murmura-t-il.

Ce fut à mon tour de le dévisager. Serait-il en train de me demander de rester après ce qu'il s'est passé ? Il se mordit les lèvres.

- Pourquoi est-ce que tu t'en vas ?

- Pourquoi ? Il n'y a qu'à regarder ta tempe, Castiel. Ils s'en prendront à vous.

- Je... je ne veux pas que tu partes.

- Tu aurais pu mourir à cause de moi ! Pourquoi voudrais-tu que je reste ?

- Je sais, je sais, mais...

Il s'approcha de moi et me prit les mains malgré mes protestations.

- Même si ce que tu fais ça me... ça me glace littéralement d'horreur, quand je te regarde ce n'est pas une tueuse à gage que je vois. Je ne peux pas te laisser partir.

- Je ne te demandais pas ta permission.

- Je suis prêt à accepter tout ça. Ce que tu es. Je l'accepterai si de ton côté tu acceptes de me laisser passer ta carapace.

Je fermai les yeux pour essayer de reprendre mes esprits, en vain. Je n'arrivai plus à réfléchir. Il savait. Il savait tout, et malgré ça... il m'acceptait. Il ne me demandait même pas de changer, d'arrêter. Juste de lâcher prise.

- Castiel, même si... même si j'en avais envie, cela ne ferait que me rendre plus faible, en plus de te mettre définitivement en danger.

- Et qui te dis que ça ne te rendrait pas plus forte ? souffla-t-il.

Je rouvris lentement les yeux, et ce fut ma première erreur. Il s'approcha encore de moi, subtilement, et se pencha imperceptiblement, guettant ma réaction. Je ne bougeai pas, et ce fut ma deuxième erreur. Il se pencha d'avantage et ses lèvres effleurèrent les miennes. La réaction de mon corps fut si violente à l'intérieur de moi que je cru un instant que mes jambes n'allaient pas tenir. Mon estomac se retourna sur lui-même, ma gorge se serra fortement. Il lâcha mes mains et encadra mon visage des siennes alors que ses lèvres sur les miennes se faisaient plus présentes. J'étais comme tétanisée. Amusant, n'est-ce pas ? Je peux tuer plus froidement qu'aucun autre, je peux me battre et m'élever contre un groupe d'hommes armés, mais il suffisait qu'un garçon m'embrasse pour que je perde tous mes moyens... Je me laissai transporter quelques secondes de plus par cette sensation exquise avant de me dégager. Mon cerveau avait finalement décidé de faire son grand retour.

- Non... Je suis désolée, Castiel. Je dois partir.

Je quittai la pièce avant qu'il n'ait pu répondre. Arrivée dans ma chambre, je me laissai tombé sur mon lit en soufflant. Je n'avais pas vraiment envie de partir, tous comptes faits. Mais je n'avais pas le choix...

Jeux du sort : play with lifeDes histoires addictives. Découvrez maintenant