Chapitre 11

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Point de vue Irina Honenhart.

Nous étions assis autour d'une petite table dans l'arrière boutique et cela faisait environ dix minutes que Louis essayait de me convaincre d'être son modèle.

- Tu n'auras rien à faire à part ne pas bouger ! Tu as un corps vraiment magnifique et ça fait quelques semaines déjà que je n'ai plus de modèle. C'est très embêtant de coudre sur les mannequins en plastiques tu sais. S'il-te-plaît...

- Je ne sais pas...

- Écoute, dit-il en écrivant quelque chose sur un morceau de papier. Je te donne mon numéro et quand tu auras réfléchis, appelles-moi.

- Ok...

Il est gentil, et c'est très flatteur, mais quand même... Je pris le papier et le mis dans la poche de mon jogging. La conversation dévia ensuite rapidement sur les cours et sur l'aversion commune de Liam, Rosalya et Ella pour notre prof de français. C'est vrai qu'elle est assez spéciale, mais moi elle ne m'a jamais rien dit. Bon, ok, elle nous blinde de devoirs tout le temps, elle nous engueule à peu près sept fois par cours alors qu'on ne fait strictement rien (dans tous les sens du terme) et surtout elle nous colle pour n'importe quoi... Elle avait collé Ella parce qu'elle avait mal répondu à une question. Bien entendu, Ella n'y était pas allé. Enfin bon, des problèmes de lycéens. Ça me fait vraiment bizarre de les entendre parler de ça et se révolter pour si peu alors que moi je viens de tuer deux hommes qui menaçaient Castiel et que je serai sûrement obligée de tuer ceux qui ont ordre de les suivre eux aussi... Mais bon, ça me change les idées. Environ vingt minutes après, alors que je parlais avec Ella de Zack, un élève de notre classe et aussi pire ennemi de Castiel, le téléphone de Liam qui était posé sur la table se mit à vibrer.

- Allô ? Oh, c'est toi ! Qu'est-ce que... Quoi ?! Je... Mon dieu !

Nous le regardions tous, inquiets.

- J'arrive tout de suite.

Il raccrocha et se leva.

- C'était Castiel, son appartement a été saccagé. J'y vais.

- Je viens avec toi, dis-je en me levant.

- Attend ! me dit Louis.

Il disparut quelques secondes puis revint, un sac à la main. Il me le tendit et en jetant un coup d’œil à l'intérieur, je reconnus la robe.

- Louis, non ! Je...

- Je te l'offre, elle te va trop bien. Allez-y !

Après un dernier regard vers lui, je sortis du magasin avec Liam. Nous courrions presque pour arriver le plus vite possible chez Castiel. Sur le chemin, ma colère s'intensifiait de plus en plus et je me maudissais intérieurement de les mettre autant en danger. Ça ne me ressemble vraiment pas de... d'aller dans un magasin avec des amis du lycée, de demander à un ami de ma raccompagner chez moi, d'aller chez lui... Non, décidément, je n'étais plus comme je devais l'être, ma mère aurait désapprouvé mon comportement. Nous devions être seuls. C'était la vie. Certains étaient destinés à être connus ou à avoir beaucoup d'amis... nous, nous étions destinés à rester dans l'ombre, et à être seuls. Quand j'étais plus jeune, je ne comprenais pas pourquoi je devais absolument ne pas me faire d'amis et rester solitaire. Je me rappelai les mots de ma mère :

"Comment peux-tu te sentir seule ? Tu as ta propre compagnie, non ? Si tu n'es plus satisfaite de ta propre compagnie, alors tu seras vraiment seule."

Aujourd'hui bien sûr, je savais pourquoi il était nécessaire que je sois seule. Mais j'avais aussi compris que ma mère avait tort. Nous n'avions pas notre propre compagnie, et elle le savait. L'intégrité, l'étincelle de bonté en nous, voilà ce qui nous fait être nous-mêmes. Si cela s'éteint, on est perdu, définitivement seul, et notre unique compagnie c'est l'obscur. Or, je n'ai ni intégrité, ni étincelle de bonté... Mais c'est la vie qu'on m'a imposé et il n'est plus possible de revenir en arrière maintenant. Quand nous arrivâmes chez Castiel, la scène que nous vîmes était presque apocalyptique. La porte pendait sur ses gonds et l'intérieur était dévasté. Des morceaux de meubles jonchaient le sol, les fenêtre étaient brisées, les rideaux arrachés... Castiel était au milieu du salon, le regard fixé sur le sol. Liam s'approcha prudemment de lui. Quant à moi, c'était autre chose que la santé mentale de Castiel qui m'intéressait. Ce qui m'intéressait, c'était cette inscription à l'encre rouge sur le mur... Une inscription que je connaissais bien. Une inscription que j'avais déjà vu dans de nombreuses situations identiques... Cette inscription qui faisait resurgir en moi ce sanglant et horrible refrain que chacun de nous dans notre "communauté" connaissait.

"Comme un homme..."

Je sentis mon corps trembler mais j'étais comme spectatrice de ce qui se passait. Je frappais le mur de toutes mes forces et fermais les yeux pour essayer d'effacer cette image de ma mémoire. Mes oreilles bourdonnaient, j'étais comme déconnectée de la réalité. Ils allaient me le payer, une bonne fois pour toute. Depuis deux ans je repousse ce moment pour me préparer, pour que tout soit parfait. Mais le moment est venu. C'est l'heure de la vengeance. C'est l'heure de leur rappeler qui je suis. Je sentis deux bras m'entourer et un souffle chaud effleurer ma nuque. Mais je ne captais rien, je ne savais pas qui c'était, je m'en fichais. J'étais ailleurs... cette inscription était la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase et qui avait fait éclater tout ce que je retenais depuis deux ans. Il faut qu'ils payent. Il le faut... Ce furent les sirènes de police qui me ramenèrent brutalement à la réalité. Je me dégageai rapidement de l'étreinte des deux bras et me retournai pour me retrouver face à Castiel. Il y avait sur son visage un air de douleur.

- T'as appelé les flics ?!

- Bien sur que oui, cingla-t-il. Au cas ou ça t'aurais échappé, mon appartement est en ruine.

Il a pas tort. Mais je ne peux pas rester. Je suis recherché par les polices internationales, je ne sais pas s'ils connaissent mon visage mais je ne peux pas prendre ce risque. En plus de tous les soupçons qui pèsent sur ma famille depuis des années, je suis sûre qu'ils m'ont mis les meurtres de mes sœurs et ma mère sur le dos... J'entendis deux portières de voitures s'ouvrir puis se refermer... Ils étaient là. Si je sortais par devant, ils me verraient. Il ne me reste qu'une seule solution, sortir par le jardin. Je devrais être capable de retrouver mon chemin. Sans même un regard pour Castiel ou Liam, je me dirigeai vers l'arrière de la maison, ouvris la fenêtre et sautai. 

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Bonjour! Désolée, ce chapitre est un peu court. Je vous écrit ce petit message juste pour vous dire que je pars lundi en vacances, pour 10 jours. Donc je ne sais pas si je pourrais accéder à internet pour publier le prochain chapitre samedi prochain. Encore désolée, et j'espère que ce chapitre vous aura plu!

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