Chapitre 22

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Point de vue Irina Honenhart.

Nous avions atterri en Allemagne il y a quelques heures et après avoir passé la nuit dans un hôtel et nous être séparés une autre journée pour brouiller les éventuelles pistes, nous venions d'arriver chez Peter. Revenir dans mon pays natal me rendait en même temps joyeux et extrêmement triste. Quand Kate et Tanya avaient été assassinées, ma mère m'avait emmené dans une petite ville belge juste à la frontière française. Nous avions des connaissances là-bas. Et quand ma mère et ceux qui nous avaient accueillit avaient été tués, j'avais été en France, brièvement en Suisse et en Italie avant d'aller en Angleterre. Rien n'était comparable à l'Allemagne pour moi. C'était là ou j'avais grandit, là ou j'avais vécu. Même si je dois bien avouer que l'Angleterre m'avait beaucoup plu aussi. Pas à cause du paysage, de la langue ou du climat. Je dois bien avouer que si j'avais aimé l'Angleterre, c'était grâce à ceux que j'avais rencontré. Liam, Khai, Ella, Castiel... Ah, Castiel... C'était lui, la principale raison. Je l'aime bien. Enfin, je l'aimais bien. Je n'allais jamais le revoir, en tout cas je l'espérais pour lui. J'aurai voulu rester avec lui, mais quelqu'un comme moi ne pouvait pas rester. Il méritait bien mieux. Mais je n'avais pu me résoudre à partir sans rien lui laisser. Me séparer du bracelet de ma sœur m'avait fait terriblement mal, mais il en valait bien la peine... Elles l'auraient adoré, si elles avaient encore été de ce monde. Alors que je posai ma valise sur le sol de la chambre de Peter, je secouai la tête pour me sortir Castiel de la tête. Il fallait que je l'oublie, du moins que j'essaye. Et penser que lui allait certainement m'oublier d'ici quelques mois... cela me brisait. Mais il méritait une vie normale. Il méritait une femme et des enfants, même s'il ne s'en rendait pas encore compte. Et ça, je ne pourrais jamais le lui donner.

- Ça va Irina ? me demanda Jacob en arrivant.

- Ouais, ouais.

- On va chercher à manger, tu veux quoi ?

- Peu importe, je mangerai ce qu'il y a.

Jacob s'approcha de moi avec un regard compatissant. Je déteste ce genre de regard, ça me rappelle que je suis faible.

- Ne t'inquiètes pas pour lui, il est en sécurité.

- Je ne...

- S'il-te-plaît, Nina...

- Ne m'appelle pas comme ça, soufflai-je en souriant.

Ma famille et nos amis proches m'appelaient Nina quand j'étais enfant. J'avais en quelque sorte grandit avec Jacob autant qu'avec Rao, et tous deux m'avaient souvent appelé comme ça.

- Tu restes ma Nina, même si t'es devenu un monstre de pierre...

- Allez, bouge, va nous chercher à manger.

Il sortit de la pièce avec un grand sourire. Une fois qu'ils furent revenus et une fois que nos estomacs furent remplis, nous passâmes aux choses sérieuses.

- Alors, dit Riley, on commence par quoi ?

- Déjà, est-ce que tu te rappelles du visage de celui qui a tué ta famille ?

- Je ne pourrais jamais l'oublier. Je le reconnaîtrais à la minute ou je le verrai. Mais ce n'est pas une priorité.

Ils se regardèrent, étonnés.

- Ah oui ?

- Kato ne craquera pas avant qu'on s'en soit prit à ce qui compte pour lui. Vous avez trouver quoi sur sa mère ?

- Pour l'instant, seulement l'endroit ou elle a logé en dernier. Kato doit souvent la faire bouger. D'après son ancien propriétaire, elle est presque alitée.

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