~Jessie~
La musique passait à la suivante et les quatre amis s'amusèrent comme des fous sur un autre tube à la mode. Tandis que sur les sièges aux boutons jaune soleil, Rick et moi parlions tranquillement en sirotant nos verres.
- Au fait bravo Jessie, mes conseils en auto défense ont portés leurs fruits.
- Tape là ! Levais-je la main qu'il réceptionna dans un claquement sonore.
- Tu supportes la pression ? Demanda t-il en m'observant d'un œil protecteur.
Il sentait bien que j'étais tourmenté par quelque chose ou par quelqu'un.
- J'aurais bien besoin d'un verre mais je m'y refuse. De toute manière, je n'ai plus vraiment goût à rien en ce moment. Je n'ai qu'une envie...m'installer dans mon lit bien douillet. Bâillais-je.
- Mmm... je vois, tu ne dors pas bien en ce moment ? Tu fais toujours les mêmes cauchemars?
- Comment l'as-tu deviné ? Enfin oui toujours ! J'ai même le sentiment que ça empire. Tout se bouscule dans ma tête, j'ai peur de m'endormir parfois et de retourner dans l'horreur.
- C'est d'être ici qui te rend insomniaque ?
- On peut dire que ça rajoute à mon angoisse d'être de retour dans les Hamptons.
- Tu as appelé Judith pour en discuter ?
- Non ! Mais je n'ai pas envie de retourner dans mes travers.
- Je suppose que tu vas te débrouiller toute seule ?
- Paul et toi seriez les premiers à être au courant si je flanche.
**
Fin de soirée, nous retournions ensemble dans la belle villa des Hamptons. Chacun regagna sa chambre en se souhaitant bonne nuit. Tandis que mon amie m'attendait en haut pour surement me remercier du séjour.
- Bonne nuit Elsa, à demain. Lui remis-je une accolade amicale.
Elle m'accrochait au cou sans que je puisse me défaire de son étreinte.
- Je ne sais pas comment te remercier pour tout ce que tu fais.
- Elsa tu m'étouffes voyons. Veux-tu bien me relâcher ?
Je pensais que je ne tiendrais pas jusque là si je continuais à être aussi proche d'Elsa. Son parfum, sa tenue, cette vision de son corps dénudé ne m'aidaient pas à être objective. Son besoin de me coller autant, aller me causer de gros ennuis. Si nous restions un quart de seconde en plus, je n'étais pas sûr de me raisonner pour éviter de la plaquer contre le mur pour l'embrasser à pleine bouche.
- Désolé, je ne m'étais pas rendu compte que je te serrais si fort. Me libéra t-elle. Tu es si géniale d'avoir organisé tout ça pour moi : le weekend, la robe et de m'avoir défendue devant cet horrible type.
- Ne crois pas que c'est rien que pour toi ce week-end. Il me semble que les autres apprécient cette petite escapade autant que toi. Et puis pour ce gars, je ne pouvais pas le laisser ennuyer ma meilleure amie. L'évitais-je toujours du regard.
- Merci encore pour ce que tu as fait. Je voulais te dire aussi que tu ne devais pas faire semblant avec moi. J'ai découvert ton petit secret.
Sur le moment, je restais pétrifié sur place en ayant peur de ce qu'elle savait sur moi. Comment pouvait-elle savoir ce que je ressentais envers elle ? Pourtant j'avais tout fait pour la repousser. Je l'ignorais sans cesse, lui retirer tout envie de me prendre dans ses bras même si cela ne fonctionnait pas, j'essayais aussi d'être encore plus froide qu'avec les autres mais rien n'y faisait. Nous étions comme deux aimants que tout opposés mais qui se rapprochaient continuellement.
- Je sais que cette maison est à toi. Me lança t-elle soudainement.
Ouf ! J'ai eu chaud mais comment savait-elle que cette villa appartenait à ma famille ?
- J'ai découvert une photo de toi étant enfant dans le tiroir de ta chambre. Je l'ai remise à sa place en pensant que cette maison devait appartenir à tes parents.
- Qui te dit que c'était moi sur cette photo ?
- Avec ses yeux noisette et ce jolie sourire de petite fille ça ne pouvait être que toi.
Merde c'est vrai, j'avais oublié ces photos dans la commode de ma chambre.
- Tu as raison c'est bien moi mais je préfère que tu gardes le secret pour les autres.
- En quoi ça t'ennuie qu'ils le sachent ?
Ça y est ! Elle recommence à fouiner.
- Parce que ça m'ennuie qu'ils soient au courant.
- Je ne saisie pas tes réticences à leur dire. Il n'y a rien qui peut déranger dans le faite que tu aies une famille fortunée.
Moi ça me dérange et je n'aime pas la tournure que ça prend.
- Je n'ai pas à me justifier devant qui que ce soit sur cette maison. C'est personnelle ! Je ne veux pas qu'ils soient au courant c'est tout. M'emportais-je sur la défensive. Bon je vais me coucher, nous avons une autre journée qui nous attend demain. Encore bonne nuit. Dis-je en refermant la porte au nez de mon amie agent.
J'avais encore coupé court mais c'était nécessaire. Quelle fouineuse cette agent littéraire. Je fis les cent pas dans ma chambre avant de me décider à me coucher. Cette maison de campagne avait des souvenirs enfuient de mon passé. Cela faisait des années que je n'étais pas retournée au grand dam de mon père. Qui lui y venait régulièrement pour se ressourcer. Elle ne pouvait pas savoir l'effort considérable que je faisais d'être dans cette villa. D'ailleurs mon cher père n'en revenait pas que je vienne avec des amis. Pourtant ce n'était pas l'envie qui me manquait de ne pas me pointer ici. Si je l'ai fait c'était pour qu'Elsa puisse profiter de la piscine, de la plage et surtout de la bibliothèque de la propriétaire. Enfin, j'aspirais grandement que ce long week-end se termine pour ne plus avoir à faire face à tous ses mauvais souvenirs. Il était temps que je m'endorme sur ces bons sentiments qui ont eu plus d'effet positifs que négatifs. Au moins, j'ai su redonner le sourire à mon Elsa malgré ma froideur légendaire.
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Copyright 2015-2016 par Eryn Tholiem. Tous droits réservés
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Une autre saison
RomanceUne femme pressée, un café, une bousculade, deux vies à jamais bouleversées. Une histoire somme toute banale à croire au début. À vous de juger ce qu'il en est et laissez-vous emporter par le tourbillon de la vie d'Elsa et de Jessie. Un amour imposs...
