Scène 50 : La désilusion au menu

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~Elsa~

Pour me changer les idées, je rejoignais ma mère pour déjeuner et pour discuter de tout et de rien. Enfin, j'avais bien une idée derrière la tête mais j'attendais de voir la réaction de ma maman pour prendre une décision.

- Coucou maman, je suis heureuse de te voir.

- Et moi que tu mets appelé. Quelque chose te tracasse ma chérie ? Demanda ma mère d'emblée sur la terrasse. Tu as l'air pensive quelque chose ne va pas ? M'interrogea t-elle en connaissant très bien sa fille adorée.

- Rien de spécial, je voulais juste te voir et te parler de...

Ma mère patienta sagement pour que je puisse sortir les choses que je n'arrivais pas à prononcer.

- En fait, tout se passe à merveille avec Travis. Mentis-je effrontément.

- Tu vas faire croire à ta vieille mère qu'il n'y a rien du tout. Surtout quand je vois ce visage aussi malheureux que la pierre.

- Déjà tu n'es pas vieille ma ptite maman. En plus, je ne suis pas malheureuse. J'ai tout pour être heureuse : une famille, des amis qui m'aiment, un bon job, une vie confortable et un petit ami.

- Et le véritable amour dans tout ça ma chère enfant où l'as-tu casé ? Parce que je n'ai pas l'impression que ce soit le cas avec Travis.

- La vérité c'est que je ne ressens rien pour lui c'est le néant total et irrémédiable. Maman, je ne suis pas amoureuse de Travis. Il faut que je rompt avec lui car j'en suis malheureuse à en crever. Je crois que l'amour n'est pas fait pour moi.

- Je ne serais pas aussi catégorique que toi sur ce sujet. Dit ma mère en me soutenant du regard.

Je baissais les yeux dans une mine déconfite.

- Il n'y a que nous ici, tu peux te confier à moi ma chérie. Tu sais que je suis là pour t'écouter et te donner des conseils en cas de besoin. C'est fait pour ça les parents. Non ?

- Oui maman, je te remercie de ton soutient mais je ne sais même pas part où commencer. J'ai peur maman de ce dont je vais te révéler.

J'hésitais sur l'instant mais ma mère me donna assez confiance pour me rassurer.

- Je t'écoute Elsa, je ne te jugerais pas et n'en parlerait jamais à personne. Me serra t-elle les mains dans les siennes.

- Voilà cela fait presque six mois que je connais cette personne. Mais je ne sais pas si je suis prête à passer à l'étape suivante avec.

- C'est quelqu'un de gentille cette personne dont tu tiens temps à nous cacher ?

- Oui c'est une personne drôle, charmante, attentionnée mais je ne suis pas certaine de pouvoir faire partie de son univers.

- Est-ce qu'elle t'aime au moins ? Me demanda t-elle.

J'eus un moment de doute mais je cru comprendre que ma mère savait de qui il s'agissait.

- Tu sais ma p'tite chérie les mères voient et savent beaucoup de choses que les pères ignorent.

- Tu veux dire que tu sais de qui je parle ?

- Ça paraît évident et j'adore cette fille. Tu sais pourquoi ?

- Non pas vraiment maman. Dis-je presque honteuse.

- Tout simplement parce qu'elle te rend épanouie. Je ne t'ai jamais vu aussi rayonnante qu'à ses cotés. D'ailleurs, tu as à chaque fois cette petite étincelle quand tu parles d'elle.

J'en rougissais devant ma mère gêné de ce qu'elle avait pu constater depuis ces derniers mois.

- Tu ne dois pas te sentir embarrassé parce que tu aimes quelqu'un.

- Oui mais maman ce n'est pas un garçon. Ce n'est pas normal d'aimer une fille quand on l'est soi-même.

- Je sais que votre père vous a éduqué dans ses valeurs. Or tu connais ton oncle Chad l'un de mes cousins qui est avec un homme. Ton père ne comprenait pas trop pourquoi un homme pouvait en aimer un autre. Mais avec le temps, il s'est fait accueillir à bras ouvert par toute la famille et ton père a accepté comme tout le monde.

Quelques secondes de réflexions me traversèrent l'esprit. Pendant que ma mère me posait une question à laquelle je réfléchissais encore.

- Es-tu amoureuse d'elle ?

- Je n'en sais strictement rien. Lui énonçais-je sans détour. Il y a ce je ne sais quoi qui se passe entre nous. Est-ce vraiment de l'amour ? Je ne sais même pas ce que s'est d'être amoureuse. Je me rends compte que je ne l'ai jamais été. Comment pourrais-je savoir si c'est bien cela avec elle ?

- Pose toi les bonnes questions plutôt. Si tu ne l'as voit pas sens-tu un vide en toi ? As-tu du mal à te défaire d'elle ?

- De toute manière, elle m'évite, ne veut plus me parler et je ne sais pas pourquoi. Enfin je me doute bien que c'est parce que je sors avec Travis. Et puis c'est fichu d'avance, cette relation ne mènera nulle part parce que je l'ai vu avec une autre femme.

- Tu es sur d'avoir bien vu ?

- Bien sur que oui, elle se laissait enlacer par une femme plus âgé et elle ne l'a pas repoussé. Elles ne se sont peut être pas embrassées mais c'était peut être pour ne pas être photographié.

- Alors tu ne dois pas la laisser t'échapper plus longtemps sans lui dire ce que tu ressens. Il n'y a pas pire que des regrets ma chérie. Me prit-elle le menton du bout des doigts.

- Tu sais maman, je ne veux pas la faire souffrir avant que je sois certaine de mes sentiments envers elle. Et puis, si c'était elle qui me faisait souffrir. Je ne sais pas si je m'en remettrais.

- Dit lui tout ce que tu viens de me dire et bat toi pour l'être aimé. Ton père l'a fait pour moi, il s'est battu pour que je redevienne moi même. Il a veillé sur vous en mon absence. Dit elle mélancolique sur cette mauvaise période de sa vie.

Je me rapprochais de ma mère pour pouvoir lui prendre les mains.

- Je te pardonne maman. Dis-je droit dans les yeux. Jessie a entièrement raison ça fait du bien de pardonner. Je suis désolé d'avoir mis autant de temps mais c'était encore trop difficile avant. Aujourd'hui, je me dis que je suis une imbécile pour ne pas l'avoir fait avant.

- Non ma petite chérie, tu n'es pas une imbécile c'est moi qui l'était à l'époque. Si tu savais à quel point je m'en voudrais toute ma vie que tu n'es pas fait carrière dans la danse. Baissa t-elle la tête de honte.

- Maman arrêté de t'en vouloir. Ce n'était pas ma destinée d'être danseuse étoile. Je suis ravi du métier que j'exerce et après tout c'était mon autre passion. J'espère juste trouver la personne qui me fera danser toute la vie. Dis-je songeuse.

- Et si tu l'avais trouvé ma fille. Que ferais-tu ?

- Penses-tu que ce soit le cas maman ?

- À toi de le découvrir Elsa, tu es une jeune femme pleine de ressource. Tu trouveras bien un moyen d'obtenir ce que tu désires. C'est ce que j'admire chez toi, tu es tellement déterminée que personne ne peut t'empêcher de réussir ton objectif.

- Je ne savais pas que tu m'admirais ma petite maman.

- Je vous admire tous ton frère, ta sœur et toi. Chacun d'entre vous avez réussis à trouver votre voie sans que nous devions intervenir votre père et moi. Vous êtes notre fierté et notre grande réussite dans la vie. Même si certaine chose déplaise à votre cher papa.

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Copyright 2015-2016 par Eryn Tholiem. Tous droits réservés

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