~Jessie~
Le temps s'était rafraichi vers deux heures du matin. Elsa frissonnait de tous ses membres en patientant sur le côté. Je réalisais son refroidissement et me débarrassa de ma veste pour la mettre sur ses épaules grelottantes.
- Merci, j'ai oublié ma veste chez Jo' quand je t'ai poursuivi en taxi. Dit-elle en croisant mes prunelles noisette.
- Tu me poursuis en taxi à présent. M'étonnais-je faussement.
Pendant deux secondes de plus que prévu, nous nous regardions dans les yeux éclairés par la lune. J'abandonnais la partie qui était perdue d'avance tandis qu'Elsa me prit délicatement la joue.
- Je t'en prie ne fait pas ça ! Reculais-je sa main.
- Pourquoi m'empêches tu de toucher ainsi ? Me demanda t-elle intrigué.
- Parce qu'il n'y a qu'une personne qui a eu le droit de le faire. D'ailleurs, elle n'est plus là pour s'occuper de moi.
- Qui est-ce ? La brune d'une quarantaine dont tu ne m'as toujours pas encore parler ?
Je la regardais offusqué qu'elle puisse penser à cette femme.
- Non c'est de ma mère que je te parle. Dis-je sur un ton glacial.
- Je suis confuse, je ne pensais pas que tu parlais d'elle. Pencha t-elle la tête vers moi qui m'était renfermé.
- Comment puis-je me faire pardonner ?
- Laisse, tu ne peux pas comprendre. Lui tournais-je le dos.
- Je ne sais plus quoi faire avec toi ? Tu es si secrète que je ne sais plus où donner de la tête. Toi non plus tu ne me facilites pas la tâche. En parlant de secret, tu ne m'as toujours pas dit où tu comptais partir.
Elsa franchissait la zone que je m'étais interdite de parler. Malheureusement, je n'avais guère le choix que de lui dire où je comptais me rendre pendant un an.
- Je m'en vais dans un mois pour la ville la plus romantique. Elsa me regarda perplexe. Je vais rejoindre la ville de mes rêves où la haute couture est reine.
- Oh tu t'en vas pour Paris...c'est génial. Réprima t-elle une larme. Quand as-tu décider de passer le cap ?
- Quand tu as décidé de passer à autre chose mais ne t'inquiète pas je ne t'en veux pas.
Ma phrase avait du transpercé le coeur de l'agent. Le manque de communication s'était avéré entre nous. Toutes deux dissimulions nos réelles sentiments car nous avions peur de l'inconnu. Les yeux d'Elsa s'excusèrent une nouvelle fois pour m'avoir causer tant de chagrin à propos de Travis.
- Bon je te reconduis tu es frigorifiée, tes genoux claquent tous seuls. Dis-je pour la tenir à distance de mes émotions.
Fatiguée et refroidit par cette journée éreintante, nous partions sur la route jusqu'à Brooklyn. Arrivée devant la maison de l'agent, elle me remit le casque que je lui avais prêté.
- Je ne veux pas que tu partes là bas. M'avoua t-elle dans un souffle.
- C'est trop tard, j'ai signé un contrat pour un an. Et puis, c'est mon rêve Elsa, j'ai toujours su que j'irais un jour vivre là bas.
- A t'entendre, on dirait que tu y resteras définitivement.
- Ce n'est pas ça Elsa, j'ai attendu de vivre cette expérience depuis des années. A chaque fois, j'avais une bonne excuse pour ne pas m'y rendre. Et là, j'ai enfin pris mon courage à deux mains pour foncer et y aller. De toute façon, pourquoi veux-tu m'empêcher de partir. Dis-moi une seule chose qui me retienne ici ?
- Ta famille, tes amis et peut être... moi.
- Justement Elsa, si je pars c'est en partie à cause de toi.
Encore un coup dans le plexus, j'avais les mots pour blesser mon amie même si dans un certain sens elle savait que c'était la vérité.
- Alors nous sommes dans une impasse, nos chemins ne se croiseront probablement plus à l'avenir. Dit elle le visage dure aux yeux humides. Alors Adieu. Et elle partit à sa maison.
Je ne voulais pas faillir devant elle. Alors, je retenais mes larmes pour pouvoir pleurer plus tard. Serrant fort le casque, je ne pouvais pas en rester là avec nos adieux. Je savais que je l'avais blessé comme à mon habitude pour paraître distante avec mon cœur. Dans un moment de doute, je pris une décision qui pourrait me changer la vie pendant un court instant. Elsa était devant sa porte à chercher ses clés de maison. D'un pas décidé, je grimpais en quelques foulés les marches et alla la rejoindre devant elle.
- Elsa...
L'agent releva les yeux et fut surprise quand je l'attrapais d'une main par la taille et de l'autre je lui frôlais la pommette de mon pouce en la contemplant avidement. Que se passerait-il si à son tour elle me repoussait ? À ça, je me disais qu'il valait mieux tenter que de perdre espoir. C'est ce que je fis en lui remettant un baiser qui en disait plus sur mes sentiments que de simple mot à son encontre. L'embrassant tendrement en la serrant fort dans mes bras, je lui offris le baiser le plus passionné que je n'ai jamais donné. L'agent était prête à me freiner en m'agrippant les mains mais son corps ne répondait plus. Ma langue passant à travers la dernière barrière qui nous empêchait de sentir ce soulagement d'appartenir à l'autre. Désorientée, Elsa se laissa emporter par cette ardeur qui lui était donné. Alors, j'en profitais pour lui caresser la naissance de sa chute de rein. J'avais envie d'agripper le plus jolie petit fessier que je n'avais jamais eu l'audace de convoiter. Mais tout en retenue, je lui effleurais cette partie que j'adorais admirer dans des robes que j'avais créé. Un gémissement s'échappait de ses lèvres si délicieusement goûteuse. Je décrochais ma bouche de la sienne et les yeux éberlués d'Elsa me donnèrent le sourire. Je la libérais de mon emprise tandis que l'agent essaya de me retenir à tout prix.
- Et si je te disais que je ne voulais pas que tu t'éloignes de moi. Dit Elsa en m'agrippant dans ses bras.
- Tu sais que ce n'est pas possible. Posais-je mon front contre le sien.
- Je t'en prie reste. Supplia t-elle sur le bord de mes lèvres.
- Tu verras, tu m'oublieras vite auprès de quelqu'un. Me résignais-je en m'éloignant.
Nous nous regardions une dernière fois et Elsa prononça son dernier mot.
- Je ne crois pas que je t'oublierais.
Un long moment gênant s'installa entre nous avant que je ne décide d'en finir pour m'en aller.
- De toute manière, nous nous reverrons au mariage. Dis-je en me dirigeant vers ma moto.
Installé dessus je finis par lui dire :
- Bonne nuit Elsa, moi non plus je ne t'oublierais jamais.
En partant dans la pénombre de la nuit new yorkaise, je souriais de nouveau à la vie même si ce n'était qu'un baisé volé. Pour ce qui est des adieux, je lui avais dit ce soir pour ne pas devoir le refaire le jour même lors de mon départ. J'avais une sainte horreur des adieux. Peut être était-ce parce que je n'avais pas pu le faire un jour dans ma vie ?
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Copyright 2015-2016 par Eryn Tholiem. Tous droits réservés
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Une autre saison
RomanceUne femme pressée, un café, une bousculade, deux vies à jamais bouleversées. Une histoire somme toute banale à croire au début. À vous de juger ce qu'il en est et laissez-vous emporter par le tourbillon de la vie d'Elsa et de Jessie. Un amour imposs...
