3. Erza

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-Je crois qu'elle est morte ...! ricana une petite voix enfantine.
J'essaye tant bien que mal d'ouvrir les yeux malgré les rayons du soleil qui m'aveuglent.
- Ah nan... c'est bon papa!
Le poids d'un petit garçon de 10 ans m'écrase le bassin.
- Aller lève toi! Lève toi Zaza!
Je me redresse doucement, ma vue se clarifie et je vois de grands yeux verts me fixer avec curiosité. Il souffle un gros coup pour lever sa mèche blonde qui lui tombe sur le visage.
- Et bah dis donc, on dirait que t'es shouté.
Je referme les yeux, place mes mains sur mon visage et retombe en arrière sur mon lit en rigolant.
Je ne sais même pas quelle heure il est. Mon réveil est toujours présent sur ma table de nuit mais depuis maintenant un mois il n'est que décoration.

Je pense à resombrer dans le monde des rêves mais j'entends alors un cri aigu et la voix m'ai quelque peu familière :
- Erza Lia Marie Katarem!!!
Je saute de mon lit et ouvre la fenêtre pour voir que le vélo de ma meilleure amie est dans l'allée. Un souffle d'air frais entre dans la pièce et la lumière devient encore plus aveuglante.
Je tend l'oreille et l'entend accepter un café à mon père ce qui me laisse le temps de sauter dans un jean et un petit T-shirt.
J'attache mes long cheveux bruns en une haute queue de cheval et évite le maquillage. J'attrape ma veste en jean et noue mes converses. Je prend mon sac de cours près de la porte, m'arrête et jette un dernier coup d'oeil à ma chambre.

Le dérangement est flagrant. Le grand lit défait et à moitié recouvert de cahier et de boules de papier chiffonés, des verres en carton de café traîne par terre et sur ma table de nuit. La grande bibliothèque qui longe un de mes murs et, il me semble, la seule chose un peu près droite comparé à mon bureau que je n'oserai même pas décrire.
Je dévale les escaliers en courant et manque de rater une marche avant de m'écrouler aux pieds de Blue.
- Erza t'abuse on va encore être en retard!
Je me met debout et la regarde avec un supplication. Elle me fixe toujours avec ses magnifiques yeux en amande. Ses cheveux blonds et bouclés qui tombent sur ses épaules entre en contraste avec ses sourcils un peu plus foncé et ses yeux bleu océan. Son nom vient de cette couleur je suppose. Non, j'en suis même sûr.

Blue est la fille la plus sûr d'elle que je connaisse, comparé à moi elle ne néglige jamais son apparence et elle laisse beaucoup de garçon derrière elle. Pour tout vous dire, nous n'avons rien en commun si ce n'est notre passion pour les sciences et les félicitations du conseil de classe.
Et pourtant voilà 11 ans qu'elle est mon unique amie. Quand elle fait du shopping elle est entouré des pleins de filles coquettes mais à l'intérieur je sais qu'elle n'a rien de superficielle. Elle fait toujours du foot avec moi mais personne ne le sait car personne ne s'intéresse à ce qui peut la passionner vraiment. Au fond nous sommes pareilles toutes les deux. Je sais que personne ne compte vraiment à ses yeux que sa famille et moi. Elle me le répète toujours quand elle craque et s'effondre dans mes bras. Ce masque qu'elle porte constamment la journée ne me dupe jamais et elle peut être vraiment elle-même quand elle est en ma compagnie. Bien sûr tout ce que je viens de citer marche dans les deux sens car pour moi aussi, même si je suis sans cesse sérieuse et timide à l'école, elle est la seule à savoir comment je fonctionne lorsque je profite de nos soirées pyjama.

Elle me tend une tartine et attrape les clés dans l'entrée. Je ne me souviens même pas du jour ou elle a arrêter de frapper avant d'entrer et de s'inviter sans prévenir. À force, mon père à fini par la voir comme une seconde fille et Teddy comme une seconde grand sœur. Un jour où elle s'était faite arrêter pour conduite en cas d'ivresse c'est ma mère qui est aller la chercher au poste et lui avait la morale.

Nous enfourchons nos vélos et nous rendons au lycée. Il n'est qu'à 15 minutes de chez moi. Nous accrochons les bicyclettes près des autres et nous dirigeons vers nos casiers en bavardant.

ImpactOù les histoires vivent. Découvrez maintenant