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Bonne lecture !
Natalhea
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La tête appuyée contre le mur de pierres nues, Drago hésite entre rêve et néant, entre le sommeil et une forme nébuleuse d'éveil, entre l'Enfer et le Rien. Il préfère le Rien. Il aimerait se laisser glisser le long de cette pente obscure qu'il discerne, quelque part au-delà de son champ de perception : un chaos sans lumière et sans nom, qui se contenterait de l'aspirer, de le digérer et de le faire disparaître, dans un univers où rien de tout ceci n'aurait existé. Il n'y aurait plus de souffrance, plus de vie, plus de mort, il ne serait plus Drago Malefoy. Mais l'épingle douloureuse de la réalité vient sans cesse se replanter dans son esprit pour le tirer des limbes. Elle ne veut pas qu'il soit en paix. Elle l'attire vers la conscience, et soudain, il ouvre les yeux.
Les premiers instants, Drago ne reconnaît pas où il est. Ses paupières ont du mal à se soulever, et un bourdonnement sourd emplit ses oreilles comme si le sang exerçait soudain trop de pression contre son crâne. Par réflexe, Drago passe la main droite sur son visage, et un éclair de douleur brute le transperce de part en part.
Sa main. Elle est brisée. Drago n'ose pas regarder, et même s'il le voulait, il ne verrait rien. Ce sont des hématomes qui maintiennent ses yeux plissés en deux fentes serrées, et c'est à peine s'il distingue la cage dans laquelle on l'a jeté la veille au soir.
Azkaban. Il est à Azkaban. Où est Lucius... ?
Avec précaution, Drago se redresse et scrute l'obscurité. Il fait sombre dans la cellule, même de jour. Comment sait-il qu'il fait jour... ?
Il y a des fenêtres dans le couloir qui fait face à la geôle. Pour les avoir entraperçues en passant, Drago sait qu'elles donnent sur une cour intérieure, sorte de puits de lumière à ciel ouvert, protégé par une verrière. C'est sans doute le seul moyen que les architectes de la prison ont trouvé pour faire pénétrer un peu de visibilité, sans pour autant creuser d'ouvertures sur l'extérieur...
Quoi qu'il en soit, les rayons qui parviennent jusqu'à la cellule ont l'éclat glacé de l'hiver.
Drago regarde autour de lui. Il aperçoit son père toujours étendu sur sa couchette, de l'autre côté de la pièce, face contre le mur. Drago l'appelle :
– Père ! dit-il, mais sa voix se brise d'avoir trop crié.
Renonçant à ouvrir les yeux, Drago teste un par un tous les muscles de son corps. Difficile de trouver un endroit qui ne le fasse pas souffrir. Sa mâchoire lui envoie des élancements sourds, comme pour l'avertir qu'un nouveau choc lui serait fatal. Sa respiration douloureuse lui apprend qu'il a sans doute au moins une côte cassée. Vraisemblablement du côté droit, s'il en croit le coup de poignard qui le taillade chaque fois qu'il inspire.
A côté de cela, les bleus laissés par le jet d'eau ne lui font presque plus rien.
Drago teste ses bras, ses jambes. Des courbatures lui déchirent les muscles, mais rien qui ne soit irréparable. Pour sa main en revanche...
Eh puis, bien sûr, il y a le reste. Le sang qui a séché entre ses cuisses. La brûlure de honte et de haine qui le consume si fort qu'il voudrait défoncer son autre poing contre le mur. Brusquement, tout explose dans l'esprit de Drago : les souvenirs de la nuit dernière éclatent comme s'il revivait la scène une seconde fois, à l'instant même, dans sa chair : la souffrance, les hurlements, l'impuissance, et la certitude que quelque chose s'est brisé tout au fond de lui, une chose enfouie et minuscule qui faisait de lui ce qu'il était vraiment...
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Sunlight
FanfictionA la fin de la guerre, Drago Malefoy est condamné à l'emprisonnement. Dix ans plus tard, Harry Potter l'attend à la sortie d'Azkaban. (Attention, scènes violentes et slash multiples.)
