Chapitre 35 Laura

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Quand je me réveille le lendemain matin, je suis seule dans le lit mais un petit papier est posé sur l'oreiller d'Hadrien.

« Ma petite chatte. Je suis au salon, j'essaie de rééduquer mon bras et d'avancer sur les projets de tatouages. Je serai rentré à midi. Repose-toi et appelle-moi si besoin. Had »

Je m'étire lourdement et me rallonge pour réfléchir. Il faut absolument que je reprenne mes recherches de travail avant qu'il ne rentre. J'enfile un shorty et un débardeur, prends un petit déjeuner rapide et retourne à mon bureau pour continuer mes recherches d'emploi. Ma boite mail clignote, m'avertissant de la réception d'une dizaine de mail. Je fais l'inventaire : deux publicités, un mail de Rémi avec une blague grossière, cinq mails de refus de candidature pour absence de poste disponible, un mail : « disponibilités pour entretien d'embauche » et un dernier que je prends d'abord pour une publicité pour un centre de soin.

Je classe soigneusement les refus, supprime les deux premières publicités et me concentre sur la réponse d'une petite boite de production de scénarios publicitaires pour la télévision et la radio. Ils me proposent un entretien en webcam ainsi qu'un essai de scénario pour promouvoir un salon d'esthétique spécialisé dans l'épilation définitive. Cette publicité devrait passer à la radio et elle doit être sur un ton humoristique. J'ai deux jours pour la rédiger et leurs présenter lors de l'entretien. Il faut donc que je les recontacte dès que j'aurai mon sketch et si je ne leur donne pas de nouvelle avant les deux jours, ils classeront ma candidature sans suite. Waouh, j'ai la pression.

Je décide d'y réfléchir toute la journée et de griffonner mes idées sur un calepin. Je pense qu'il faudrait que je leurs présente quelque chose d'ici demain matin. J'ouvre la dernière publicité et un frisson de terreur me traverse le corps. C'est une présentation détaillée d'un centre de soin post avortement situé en Allemagne. Le mot qui accompagne m'est directement adressé : « Chère Mademoiselle MENARD, pour faire suite à votre demande, veuillez trouver ci-joint tous les éléments concernant notre centre de soin ... »

Je clique sur le lien et une page internet s'ouvre pour me présenter tous les avantages de recourir à l'avortement et l'ensemble des soins proposés par le centre. J'ai tout à coup la nausée.

Je ferme les yeux pour tenter de recentrer mes idées. Je pense que ce doit être un coup de sa mère pour me rappeler que j'ai toujours cette option, sauf que ma décision est prise. S'il le faut, je travaillerai tout le long de ma grossesse mais il est hors de question que je me fasse avorter ni que je prenne son argent. Mon frère et moi allons rembourser ce que l'on doit et ça prendra le temps qu'il faudra mais je ne veux plus jamais avoir à faire à cette mégère.

Je ferme l'ordinateur d'un mouvement brusque en entendant le bruit de la porte d'entrée. Avec tout ça, je n'ai même pas pris le temps de cuisiner, quelle gourde !

-Ah, t'es là ma déesse. Ca te dit qu'on aille manger un fast-food et qu'on enchaîne avec un cinéma ?

Oh le paradis. Mon estomac crie déjà famine.

-Oh ouais ! Tu m'aides à m'habiller ?

-Je suis doué pour te déshabiller ma petite chatte, pas pour t'habiller mais je vais faire un effort. Me dit-il en m'embrassant dans le cou. Allez viens !

Il passe son bras sous mes aisselles pour remplacer mes béquilles et m'accompagne à la salle de bain. Il me fait passer un bas de jogging en coton, un tee-shirt moulant et un gros sweat.

-J'ai une de ces allures comme ça !

-Peut-être mais tu t'en contenteras parce qu'aujourd'hui, il ne fait vraiment pas chaud.

Il m'enfile délicatement des chaussettes et ce simple contact réveille tous mes sens.

-Et puis, l'important c'est que je puisse facilement glisser ma main sous tes vêtements pendant la séance de cinéma, non ? M'interroge t-il avec un sourire espiègle. Je te trouve très sexy avec mon sweat, moi !

PLUS FORT QUE MOIOù les histoires vivent. Découvrez maintenant