Chapitre 41 Laura

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Les deux jours suivant sont paradisiaques ! Hadrien est au petit soin et moi je suis ... bon d'accord pas si paradisiaques que ça car je suis de plus en plus malade ! J'ai beau manger comme quatre, j'ai l'impression que tout ce que je mange repart dans l'heure ! Ca commence vraiment à m'inquiéter mais demain j'ai rendez-vous pour ma radio et pour une échographie. Les médecins me retireront peut être mon plâtre et ça, ça a le don de me mettre de très bonne humeur.

Il est dix heures et je suis seule dans le salon, emmitouflée dans un plaid devant une série américaine mêlant conte et réalité, ça me fascine. Hadrien a repris tout doucement le boulot mais se contente de travailler sur des petits tatouages pour éviter d'engourdir son bras.

Sur l'écran de ma télévision, une sorcière tout droit sortie d'un monde parallèle est sur le point de détruire la magie blanche et de s'emparer du poignard de ... quand je sursaute. Il me faut environ une minute pour comprendre qu'on vient de frapper à la porte d'entrée. Je mets le Replay sur pause, me lève et inspecte ma tenue : un pantalon de pyjama en pilou-pilou et un tee-shirt tombant sur mon épaule. Je porte quand même un soutien-gorge car mes seins sont lourds et douloureux mais même à cette heure ci, je suis encore en pyjama car c'est la seule tenue que je supporte.

J'avance vers la porte et inspecte le judas mais la seule chose que je distingue c'est une chemise blanche et une cravate noire, un représentant certainement.

J'ouvre la porte prudemment, en laissant la chaine pour m'apercevoir que mon visiteur n'est autre que le père d'Hadrien.

-Bonjour, il n'est pas là !

-Bonjour Laura. Il est au salon ? Vous pouvez l'appeler pour lui demander de venir s'il vous plaît ? J'aimerai vous parler à tous les deux. Me dit-il avec un air autoritaire, on devine bien qu'il fait rarement face à un refus.

Oh là, ça s'annonce mal ! Hadrien va être fou si je le laisse entrer mais je ne peux pas lui demander d'attendre sur le palier. Il n'a pas été agressif et sa mégère de femme ne l'accompagne pas, c'est un bon point pour lui.

-Ok, entrez.

Je retire la chaîne en refermant la porte puis l'ouvre en grand pour l'inviter à entrer. Ce qu'il fait avec élégance et aisance. C'est dingue comme cet homme peut ressembler physiquement à son fils mais être également si différent.

-Je suis désolée pour ma tenue, je ne m'attendais pas à recevoir qui que ce soit. Je vais appeler Hadrien, asseyez vous si vous voulez. Vous voulez quelque chose à boire ?

-Ne vous en faites pas pour votre tenue, dans votre état je comprends parfaitement. Ma femme n'était à l'aise qu'en jogging à partir de son cinquième mois de grossesse.

Un éclair de mélancolie passe dans son regard, à moins que ce ne soit de la colère.

-Et ne vous en faites pas, c'est l'ancienne maison de ma mère, je sais où se trouve la cuisine. Je vais me servir à boire pendant que vous appelez Hadrien.

-Ok.

Je commence à m'éloigner, quand il m'interpelle de nouveau.

-Laura ...

Je me retourne pour fixer mon regard sur son immense profil.

-Euh ... félicitations pour le bébé, c'est surprenant mais c'est ... une nouvelle qui me ravit pour mon fils.

Waouh, juste waouh. Cet homme qui dégage une telle assurance bafouille devant moi et finit par avouer qu'il est ravi de devenir papi alors que son fils et moi ne sommes même pas mariés. Ca ne risque pas de ternir son image d'homme politique ça ?

-Et bien merci ... je vais ... passer mon coup de fil.

Il acquiesce, se retourne et file vers la cuisine.

J'attrape mon Smartphone sur la table basse et me rend dans la chambre pour appeler. Hadrien décroche à la deuxième sonnerie.

-Ma petite chatte ... qu'est ce qu'il se passe ? Ca va ?

-Oui, oui ne t'en fait pas c'est juste que ... enfin ... il y a ton père dans la cuisine.

-De quoi ? Qu'est ce qu'il fait là et pourquoi il est dans la cuisine ? Tu lui as ouvert ?

-Hadrien ... c'est ton père, il ne va pas m'agresser.

-Après ce que t'a fait ma mère, je ne suis plus sur de rien. T'es où là ?

-Dans la chambre.

-Ne bouges pas, je monte tout de suite et je vais le dégager vite fait de chez moi !

-Il a dit qu'il voulait nous parler et je crois qu'on ...

-Laura ... pff ... j'arrive, ok ?

-Ok.

Il raccroche avant même que j'ai le temps d'ajouter quelque chose. Je jette mon téléphone sur le lit et inspecte mes placards pour trouver quelque chose de plus habillé. J'enfile mon éternel jogging en coton et un débardeur près du corps jusqu'à m'apercevoir qu'il est désormais vraiment trop moulant. Je le retire et passe un tee-shirt plus ample ainsi que la veste en coton assortie au pantalon de jogging, c'est toujours mieux que le pyjama en pilou-pilou.

Quand je rejoins le salon, ignorant les instructions d'Hadrien, son père inspecte les quelques photos accrochées. Il y en a une d'Hadrien et de sa grand-mère lorsqu'il devait avoir à peine 10 ans et aussi une de Clément et d'Hadrien riant franchement sur un ponton face à la mer. Il y en a même une de moi, entre les deux hommes de ma vie. C'était le jour de mes 16 ans quand ils m'ont emmené pour la première fois à Disneyland, une journée mémorable. Je comprends le désarroi de son père quand je m'aperçois qu'il n'y en a aucune de ses parents.

-Ca fait longtemps que vous vous connaissez Hadrien et toi ?

-Oui monsieur.

-Ne m'appelle pas monsieur, tu vas bientôt mettre au monde mon petit fils ou ma petite fille. Appelle-moi simplement Philippe.

-Ok.

-J'ai toujours su que mon fils t'aimait beaucoup mais je pensais que tu étais plutôt comme une petite sœur pour lui. C'est pour cette raison que j'ai été surpris d'apprendre que vous étiez désormais un couple.

-Je comprends, moi aussi je l'ai longtemps considéré comme un grand frère.

Il continue à inspecter les photos tout en sirotant un verre de liquide ambré, du whisky, j'imagine.

-Mais ça ne signifie pas que je n'approuve pas votre couple. Tu es une jeune fille bien éduquée, tu as traversé beaucoup d'épreuves dans ta vie mais je ne doute en aucun cas que tu feras une bonne mère pas comme ... enfin bref. J'espère qu'Hadrien sait la chance qu'il a de vivre avec une fille aussi jolie et douce que toi.

Waouh, il a mis quoi dans son whisky ?

Il est sur le point de continuer sa tirade quand la porte d'entrée s'ouvre avec fracas sur un Hadrien échevelé et noir de colère.

-J'espère seulement que tu n'es pas là pour reprendre là ou s'est arrêtée Béatrice parce que si j'apprends que tu t'es toi aussi permis d'insulter Laura, je te jure que ...

-Hadrien, STOP !

Je l'arrête avant qu'il ne dise des choses inutiles.

-Ton père m'expliquait juste qu'il approuvait notre couple, alors si vous voulez bien vous assoir au salon tous les deux, on va l'avoir cette discussion, d'accord ?

Leurs visages identiques affichent la même expression de surprise et ils acquiescent avant de prendre place dans le canapé, le plus loin l'un de l'autre.


 

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