Je rejoins ma chambre en boitillant. Les larmes coulent librement le long de mes joues, mouillant le téléphone portable que j'ai coincé entre mon épaule et ma joue. Le téléphone de mon frère sonne mais je finis sur répondeur. Le deuxième appel échoue lui aussi. En réalité je n'ai pas vraiment envie de partir et je suis en partie responsable de son manque de confiance. J'aurai dû lui parler alors pourquoi je veux absolument que ce soit lui qui trinque ? Certainement parce que je suis morte de trouille pour l'avenir.
Je rassemble quelques affaires que je jette dans ma petite valise en réfléchissant à l'adresse où me rendre. Je ne sais même pas où habite Dimitri et Clément. Je ferme la valise et la traîne dans le couloir. Je passe devant l'ancienne chambre de mon frère et jette un œil à l'intérieur étant donné que la porte est entrouverte. Et si je me cachais là ? S'il ne sait pas que je suis restée à la maison, il ne pensera pas à chercher dans cette chambre ? Et inutile de déménager toutes mes affaires. Je sortirai de la chambre quand il s'absentera de la maison et j'ai une salle de bain privative. C'est parfait pour que je parvienne à prendre un peu de recul et que je me repose un minimum.
Je passe mon téléphone sur silencieux pour ne pas prendre le risque de révéler ma cachette. J'installe une bonne partie de mes affaires dans les tiroirs de la commode et dans le meuble de salle de bain. Je change les draps car dieu sait qui a dormi dans ce lit pour la dernière fois. Je fais quelques provisions au cas où je serai obligé de rester enfermée plus longtemps que prévu. Je finis par prendre mon PC et le chargeur de mon téléphone et m'enferme dans ma chambre secrète.
Je m'allonge en étoile sur le lit, épuisée et sombre dans le sommeil en moins d'une minute.
Je suis réveillée par un vacarme du diable venant du couloir. Je regarde le réveil posé sur la petite table de nuit, il n'est que trois heures du matin. Je me redresse et me lève en ne manquant pas de remarquer que je me suis endormie tout habillée. Je pose ma joue contre la porte pour tenter de distinguer quelque chose mais à part les bruits de fracas, impossible de savoir ce qu'il se passe.
Il me reste une solution, entrouvrir la porte pour voir d'où viens ce bruit. Je n'ai même pas le temps de prendre une décision, qu'une porte claque suivie de la petite voix de Joyce en mode hystérique.
-Putain mais c'est quoi ce bordel, il est trois heures du mat, bordel !
Je perçois le son lourd de ses pas dans le couloir se dirigeant vers le salon.
-Et merde, il lui arrive quoi à lui ? Laura, viens récupérer ton poivrot ! Laura ? Ils me font chier ces deux là.
Je réponds ou non ? Je décide de me taire, ça ne peut pas être si grave. Je distingue à nouveau ses pas dans le couloir.
-Elle est où elle ? S'il croit que je vais nettoyer son bordel, il peut se tâter !
Elle passe à nouveau devant la porte de ma cachette puis revient en trainant quelque chose derrière elle. Je pense qu'elle doit essayer de le mettre au lit et je suppose qu'il doit être ivre. Je perçois un gros craquement dans ma chambre, merde mon lit. Un grognement limite animal suit. Elle ne va quand même pas le déshabiller, si ? Sans réfléchir une seconde de plus, j'ouvre en grand ma porte et fonce dans ma chambre.
-Tu fais quoi là ?
-Ah, te voilà ? J'essaie de mettre ce déchet au lit. Il a vomi dans le salon et cassé la moitié de la vaisselle de la cuisine, je te laisse le plaisir de nettoyer, ok ? Allez viens m'aider à lui retirer son jeans.
-Tu rêves si tu crois que je vais te laisser le déshabiller !
-Ok et bien débrouille-toi alors, je vais tenter d'aller me rendormir. Et puis, tu étais où ? Je t'ai appelée plusieurs fois.
-Je viens de rentrer et de toute façon ça ne te regarde pas.
-Ok la tigresse, à plus.
Elle sort si vite que j'ai à peine le temps de réaliser et je me retrouve seule pour lui retirer ses vêtements.
Hadrien est affalé sur le lit mais ses jambes pendent encore dans le vide. Son visage est pâle et tuméfié. Qu'est ce qu'il a bien pu faire ? Je défais rapidement le bouton de son jeans puis descends la braguette pour me retrouver la main posée sur une belle érection. Allez, on respire Laura. Je retire ma main puis commence à tirer le bas de son pantalon pour le faire glisser le long de ses jambes mais c'est sans compter le fait que tout son poids repose sur ses fesses et m'empêche de lui retirer son pantalon. Bon, il faut que je trouve une autre solution.
Je tire son pantalon sous ses fesses sans le soulever et parviens à le descendre jusqu'à ses cuisses. Il ne me reste plus qu'à le tirer mais c'est à ce moment là qu'il se tourne et s'installe sur son flanc, le pantalon a moitié retiré. Ca mériterait une photo, tiens !
Il porte un caleçon moulant rouge qui descend bas au niveau de ses fesses. Mes hormones de femme enceinte bouillonnent alors que je suis face à mon homme complétement ivre mort. Il faut vraiment être dingue pour être excitée par un tel cadavre et pourtant. Je fais le tour du lit et finis par parvenir à lui retirer entièrement son jeans. Je décide de ne pas m'embêter avec son tee-shirt jusqu'à ce que je remarque qu'il est couvert de vomi. Un haut le cœur me saisit violemment mais se bloque dans ma gorge. Réalisant que je n'arriverai jamais à lui retirer seule et qu'il est hors de question que je retourne chercher Joyce, je fonce vers la salle de bain. Je me passe de l'eau sur le visage pour calmer mon écœurement puis attrape une paire de ciseaux et un gant que j'humidifie avec de l'eau chaude.
Quand j'entre à nouveau dans la chambre, il est allongé sur le dos, les jambes et les bras écartés avec son énorme tâche de vomi sur le devant. Je découpe les pans de son tee-shirt puis me presse de le jeter dans la poubelle. Le voilà devant moi, complètement à ma merci et tout juste vêtu de son caleçon rouge. Et merde ! Je n'ai qu'une envie : le dévorer de baiser et prendre son érection dans ma bouche. Heureusement qu'il pue le vomi à des kilomètres, au moins une chose qui réussit à tuer mes pulsions sexuelles hormonales.
J'attrape le gant qui est désormais froid et commence à le passer sur son ventre et ses abdos. Il frissonne et marmonne quelque chose que je ne saisis pas.
Je ferme les yeux un instant pour chasser mon envie de me blottir contre lui. Il faut absolument que je prenne du recul et je ne peux pas voler à son secours, chaque fois qu'il se passe quelque chose. Mais je ne pouvais pas non plus le laisser comme ça. Il a toujours été là pour moi, avant et après l'accident et même s'il a été odieux tout à l'heure, j'aime tellement cet homme, que je souffre de le voir lui-même souffrir.
C'est vrai qu'il n'est pas responsable du comportement de sa mère mais il aurait dû avoir confiance en moi. Même si je n'avais pas imaginé être mère aussi jeune, jamais, j'ai bien dit jamais, je ne mettrai fin à ma grossesse. Je ne vois pas pour quelle raison je le ferai. J'ai confiance en lui, moi.
Je me penche sur le lit et m'approche de son visage égratigné pour lui déposer un baiser sur la tempe. Il sursaute à mon contact mais ses yeux restent clos.
-Je t'aime ... Lui dis-je en chuchotant, ... mais j'ai besoin de me retrouver un peu seule.
Je sors de la chambre après l'avoir recouvert du drap puis retourne dans l'ancienne chambre de mon frère. Je peine à trouver le sommeil et c'est après avoir avalé une plaquette entière de chocolat au lait et aux noisettes que mes yeux finissent par se fermer. A cette vitesse, je vais vraiment finir obèse !
Vivement que je retire mon plâtre et que je me remette à marcher un peu. Oui, marcher et non pas courir parce que je suis loin d'être sportive.
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PLUS FORT QUE MOI
RomantikLaura est une jeune fille timide qui utilise l'agressivité comme mécanisme de défense au quotidien. Secrètement attirée par un mec de son lycée mais sans aucune expérience, elle cherche a tester son potentiel drague pour pouvoir enfin l'aborder. Had...
